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Plonk & Replonk visitent l'ancien couvent

        

Les Suisses Plonk et Replonk, « déclarés d’inutilité publique depuis 1997 », investissent les Dominicains de Haute-Alsace du 24 juin au 17 septembre. L’occasion de goûter à la folie douce et à l’art du non-sens de ces esprits facétieux.
Par Sandrine Bavard

© Plonk & Replonk

Le soldat inconnu, sa femme et ses cinq enfants qui posent sous l’Arc de Triomphe, c’est eux. Des nudistes en costume traditionnel sur la plage, c’est encore eux. Plonk & Replonk se sont imposés comme l’une des plus belles signatures de l’humour absurde, jusqu’à voir leurs cartes postales vendues dans des nombreuses librairies de France et jusqu’à détourner une centaine de tableaux pour une exposition au Musée d’Orsay.

Trois esprits libres

Une image, un texte, en total décalage : « On nous connaît par les images, mais ce qui est fondamental chez nous, c’est le texte. Jacques et moi, on avait l’ambition d’être écrivain », confie Miguel Morales, l’une des trois têtes pensantes de Plonk et Replonk avec les frères Hubert et Jacques Froidevaux.

Trois esprits libres, respectivement musicien, graphiste et menuisier à la base, qui se sont rencontrés dans les bas-fonds de la Chaux-de-Fonds : « On vient de l’underground, on a mené une jeunesse chaotique, une vie de potache, à faire des jobs alimentaires, à vivre dans des appartements pourrav’ », poursuit Miguel Morales.

Un regard humaniste

Adolescents, ils fantasment déjà sur leur future maison d’édition qui publierait leurs œuvres. Ils la baptisent, déjà, Plonk et Replonk, comme le son du marteau qui enfonce un clou. « On aimait ce côté industriel. On s’imaginait comme une petite entreprise, Rire industriel S.A, et on se présentait comme une manufacture générale de grotesquerie ».

Ils affûtent leur univers « absurde, humaniste et dérisoire » à l’écoute de Pierre Dac et les loufoques Français, se délectent des Monty Python et de l’humour anglais, lisent le théâtre de l’absurde d’un Beckett ou d’un Ionesco, se jettent sur les nouveaux dessins de Glen Baxter et Gary Larson...

Adultes, ils cultivent leur esprit potache, créant des briquets de l’Ordre du Temple Solaire ou inventant une pièce de théâtre en 4 actes pour du papier A4. Jusqu’à ce qu’ils trouvent LA bonne idée : la carte postale ancienne détournée, d’abord choisie parce qu’elle était libre de droit mais qui les séduit aussi pour sa valeur esthétique et sentimentale. « On se rend compte de la qualité extraordinaire de ces photos, une qualité de grains imbattable. Dans ces portraits, ces gens, morts depuis un siècle, sont là : ils vous regardent, ils sont entrain de travailler, de s’amuser, de prendre la pose… C’est super intéressant de se demander ce qu’on va faire avec eux. On essaye de leur rendre justice. On ne veut pas faire quelque chose d’humiliant ou ridicule. »

S’ils veulent avant tout amuser la galerie, ils ne s’interdisent pas aussi de suggérer des choses plus profondes : « Comme tout le monde, on est concernés par l’actualité. Mais on n’est pas des dessinateurs de presse, on préfère attaquer les choses par la bande comme au billard, pour ne pas empêcher une certaine poésie », commente Jacques Froidevaux.

Une carte blanche aux Dominicains

On pourra découvrir leur univers si singulier aux Dominicains qui leur a donné carte blanche pour revisiter le Couvent. Dans le cloître, on retrouvera 13 tirages en très grand format de leurs cartes postales mais on découvrira un tout nouvel aspect de leur travail, sonore cette fois, à travers deux installations.

La première, dans le jardin des simples, met en scène leur emblème : le nain de jardin... bétonné. « Au début, on le voyait comme une photographie fidèle de la Suisse, mais il est en fait le reflet de la condition humaine en général. Ces nains, plus ou moins bétonnés, montrent différents degrés d’étouffement : jusqu’au yeux, ils ne peuvent plus voir ; jusqu’au nez, ils ne peuvent plus respirer ; jusqu’à la bouche, ils ne peuvent plus parler… », commente Miguel Morales.

Nanisme et grandiloquence

Les huit haut-parleurs du jardin diffuseront « L’hymne au nanisme », une bande son loufoque qui surjoue l’accent suisse et le grotesque mais qui contient aussi le germe de la révolte de ce petit peuple qui se sent comme un « paillasson » sur lequel on s’essuie les pieds.

Au contraire, dans le café Séraphin, on aura droit au discours grandiloquent d’Helveticus IV, « roi de Suisse, protecteur des Alpes et grand chevalier de l’Épargne », aux discours aussi pompeux que son titre, qui pourrait être le cousin germain du Président de la Présipauté du Groland. « Ces deux installations se répondent. Il y a ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui sont écrasés par lui », conclut Miguel Morales.

 

Infos pratiques

  • Agrandir la carte
    Les Dominicains de Haute-Alsace - Guebwiller 68500 Guebwiller

    Renseignements :

    Horaires :

    Du Samedi 24 Juin 2017 au Dimanche 17 Septembre 2017, tous les jours (sauf le lundi) de 15h à 19h
    Fermeture exceptionnelle le 25/07

    Tarifs :

    6€ (1€ pour les demandeurs d'emploi, RSA et personnes en situation de handicap)

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