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Bernard Mabille : De la Tête aux Pieds - Spécial Présidentielle 2017

        

Bernard Mabille taille des costards aux politiques depuis 40 ans et la présidentielle 2017 sera forcèment du pain bénit pour son nouveau spectacle présenté en Alsace.

Bernard Mabille va tailler des costards à tout le monde ! DR Bernard Mabille va tailler des costards à tout le monde !

Le 13 novembre, vous tweetiez : « Il y a 30 ans, je perdais plus qu’un ami, je perdais mon meilleur ami », en évoquant la mort de Thierry Le Luron, avec qui vous avez appris le métier. Quel souvenir vous en gardez ?

J’ai passé sept années merveilleuses et complètement décalées parce que Thierry était un personnage qui sortait totalement de l’ordinaire, une vraie star. Moi, j’étais rien du tout, un petit pigiste dans un journal, et j’en profitais énormément parce que j’avais l’impression que ça n’allait pas durer, que c’était comme la décadence de Rome. On sortait du théâtre le soir, on allait dîner à la table d’Yves-Saint-Laurent, de Rudolf Noureev, de Jack Nicholson… C’était les années Palace, l’argent coulait à flot, Thierry changeait de voiture tous les 3 jours, pour passer de la Porsche à la Rolls. C’était avant la crise, c’était avant le sida, avant que les amis ne meurent.

Vous avez écrit pour Le Luron la chanson parodique « L’emmerdant, c’est la rose » sous le septennat de Mitterrand. Quelle chanson vous pourriez choisir pour le quinquennat de François Hollande ?

Alors là, vous me prenez au dépourvu. Je ne m’attendais pas du tout à son annonce hier (l’interview a été réalisée le lendemain de la déclaration et du renoncement de François Hollande, NDLR). J’ai passé une partie de l’après-midi hier avec Franz-Olivier Giesbert qui connaît quand même bien la vie politique française, on a échafaudé tous les scénarios sauf celui-là. Je choisirais peut-être « Ca s’en va et ça revient » de Claude François. Imaginons, demain, il remonte dans les sondages, parce que vous savez comment sont les Français, à aimer ceux qui sont partis du pouvoir. Peut-être qu’il va faire des choses extraordinaires dans les six prochains mois, qu’il sera à 25% dans les sondages en mars et qu’il se présentera sans passer par les primaires. Avec Hollande, je m’attends à tout, c’est une bête politique.

Avec le renoncement de Hollande et l’échec de Sarkozy, vous perdez deux bons clients pour votre spectacle ?

Tant pis pour l’humour! Si ça peut faire du bien à la France, tant mieux! Vous savez, derrière chaque humoriste, il y a un citoyen, un père de famille, qui souhaite le meilleur pour la France. Ce ne sont pas les sujets qui manquent… Par exemple, la dernière fois que j’ai pris le TGV, il avait 30 minutes de retard parce qu’il y avait des feuilles sur les rails. Mais, enfin, ce n’est quand même pas le premier mois d’octobre où les feuilles tombent ? Voilà, je fais rire avec tout ce qui va de traviole.

Vous avez longtemps été un auteur dans l’ombre. Qu’est-ce qui vous a décidé de monter sur scène ?

La disparition de Thierry Le Luron a été un moment terrible où tout s’est écroulé. On m’a dit : monte sur scène, tu vas tellement souffrir que ça te fera oublier. Les débuts ont été très durs : ce n’est pas parce qu’on écrit des trucs rigolos pour les autres qu’on est capable de le faire pour soi. Quand j’avais 15 personnes dans la salle, j’étais content, et puis petit à petit, cela a grandi. Mais vous savez, je n’ai jamais reculé devant un défi. Quand on me propose quelque chose, je dire toujours oui : j’ai dit oui à Ruquier, j’ai dit oui à Bouvard…

Pour alimenter vos interventions à la radio ou sur scène, vous devez sans cesse réactualiser vos textes. Quelle est votre routine de travail ?

Je me lève tôt, vers 6 heures. Je lis la presse, j’écoute la radio, je passe d’une station à une autre, pour être le premier au courant. C’est comme une drogue douce. J’adore la politique. Je note sans arrêt, je noircis des feuilles, même en marchant, et je les inclus sur scène. A force, quand vous écrivez depuis longtemps, vous entendez le rire des gens au bout du stylo. C’est comme un boucher : il n’hésite pas à couper une tranche de viande.

En dehors des politiques, quelles sont vos cibles ?

Je parle de la vie de tous les jours. Par exemple, à Paris, la maire Anne Hidalgo a décidé du jour au lendemain d’interdire les voitures d’avant 1996. Je prends l’exemple véridique de ma fille qui a une Clio impeccable de 1995 et qui ne peut plus circuler dans Paris. Alors je dis qu’elle tourne sur le périph depuis 4/5 mois et que je lui apporte des ravitaillements. Ca tient un peu de la B.D, j’aime bien donner des images, des choses très simples.

On vous qualifie parfois de chansonnier, un terme désuet : vous rejetez ou vous revendiquez ?

Bon, je raccroche (rires). Le chansonnier, c’était valable sous la IVe République. Vous savez, à une époque, quand on faisait de l’humour politique, à part Guy Bedos, tout le monde était ringard. Maintenant, tout le monde en fait : Anne Roumanoff, Stéphane Guillon, la bande à Jamel et même Gad Elmaleh qui va animer une émission sur M6 (Un Saturday Night Live à la française, NDLR). On ne les traite pas de chansonnier ! Ce qui me gêne avec ce terme, c’est que le chansonnier est un type qui dit des vers, accompagné par un pianiste et qui chantonne. Ca ne m’a jamais excité ! Si j’en suis là, c’est grâce au professeur Choron, à Harakiri, à Coluche…Pas à Pierre-Jean Vaillard ! Moi, je suis plutôt dans une conversation.

☛ Propos recueillis par Sandrine Bavard.

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