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Don Pasquale : rencontre avec Nicola Glück et Arian Matiakh

Du 13/05/2011 au 15/05/2011

Théâtre Municipal de Colmar | Colmar

12/36/48€

L'opéra studio où évolue de jeunes artistes qui doivent encore se frotter au monde professionnel présente Don Pasquale, l'opéra bouffe de Donizetti. Rencontre avec le Nicola Glück, metteuse en scène et Ariane Matiakh, chef d'orchestre.

Comment s'est passé votre collaboration ?

Ariane Matiakh : Nicola a pris contact avec moi pour discuter du projet. Les metteurs en scène et les chefs d'orchestre font rarement ça, et c'était très intéressant parce qu'elle avait un nouveau concept de Don Pasquale et une idée très précise en tête. Quand j'ai travaillé ma partition, j'avais donc une direction à suivre et j'ai pu me projeter dans ce nouveau personnage. C'est important d'être en osmose sur cette œuvre car il y a tellement d'effets dans la musique et dans la mise en scène.

Quel était ce nouveau concept ?

Nicola Glück : Je ne souhaitais pas inscrire Don Pasquale dans une époque et je voulais donner une version moderne. L'histoire d'un vieux qui prend une jeune fille pour épouse n'est pas très intéressant, c'est tellement commun, encore aujourd'hui. Alors j'ai voulu prendre un autre type d'homme, un homosexuel avec trois amants, un type élégant comme Oscar Wilde ou Karl Lagerfeld. C'est plus libre, plus vivant et plus moderne. En plus, comme nous travaillons avec de jeunes chanteurs, je ne voulais pas que l'un d'eux se déguise en vieux et force sur sa voix : ce ne serait pas très crédible.

Quand on parle de Don Pasquale, on parle de vivacité, de mouvement. Comment l'avez-vous mis en œuvre ?

N.G : Oui, c'est très vivant. Je demande aux chanteurs de faire du vrai théâtre, pas simplement de chanter devant l'orchestre, ils sont donc visibles pendant tout le spectacle. Notre décor tourne, dévoilant des pièces de la maison, avec des portes qui s'ouvrent et se referment, avec un jeu sur la transparence. Ainsi, même quand ils passent derrière une cloison, et que d'autres prennent le devant de la scène, l'histoire continue : on les voit faire des commentaires, des caricatures, montrer leur désaccord...C'est une vraie comédie, avec un comique très visuel, accessible pour tous.

On dit aussi qu'il a une structure musicale complexe...

A.M : C'est un exercice pour tout le monde. L'orchestre a la part belle dans le répertoire comique. Il est considéré comme un personnage à part entière qui vient donner la réplique aux chanteurs. Dans l'orchestration, on trouve beaucoup de jeux, d'accents, de liaisons, qui vont accentuer, voire exagérer un sentiment dramatique. Tout est à la limite de la parodie. Il faut donc être vigilant pour garder le rythme de la comédie.

Ariane, vous dites avoir toujours voulu diriger cet opéra ?

A.M : Oui, Don Pasquale a ma préférence car il mêle l'opéra bouffe avec tous ses effets comiques et le bel canto avec ses grandes envolées lyriques : c'est presque une œuvre inclassable ! C'est un travail très formateur pour les jeunes chanteurs.

Et vous, Nicola, vous travaillez sur une autre œuvre de Donizetti. Il vous plaît décidemment beaucoup...

N.G : J'aime son humeur dans la musique et le bel canto. Je crois qu'il faut une certaine expérience pour cette musique car derrière toute la légèreté de cette œuvre comique, il faut un sacré boulot, travailler chacun des gestes, chacune des positions. Tout est dans le détail et il y en a plein.
A.M : Oui, il faut travailler les détails avec une précision extrême sinon l'effet comique tombe. Et nous, on doit faire rire en musique et en chantant.

Est-ce que travailler avec des jeunes a changé votre approche ?

N.G : C'est vraiment sympa parce qu'ils ont une telle envie et énergie...Mais il faut expliquer plus clairement les choses, et c'est pas facile quand certains ne parlent ni allemand ni français. C'est une vraie tour de Babel.
A.M : C'était drôle de voir leur étonnement quand Nicola leur a présenté son concept car ils étaient tous venus avec leur petite idée du rôle. Mais ils sont ouverts et réceptifs, et ont une grande soif d'apprendre. Il faut leur expliquer davantage, développer notre pensée jusqu'au bout et on est donc amené à se poser plus de questions. C'est très enrichissant.

 

>>>L'oeuvre

Par appât du gain, Don Pasquale épouse une riche veuve. Celle-ci est en réalité aimée de son neveu Ernesto et présentée par le Docteur Malatesta qui va jouer un sacré tour à son ami. Norina n'est pas la fille sage qu'on lui a vantée : elle vient déranger l'ordre établi de la maison, achète des robes et des bijoux hors de prix, rudoie Don Pasquale jusqu'à lui infliger une gifle. Ce dernier est désespéré. Le Docteur Malatesta revient dans la partie pour sauver l'honneur de Don Pasquale et lui apprend que le contrat de mariage était un faux. Don Pasquale s'en retourne avec ses amants.

 

>>> L'opéra studio

L'opéra studio, c'est le chaînon manquant entre des années de formation et le monde du spectacle pour de jeunes artistes, âgés de 22 à 32 ans. Pendant deux ans, 8 chanteurs et deux pianistes chef de chant améliorent leurs connaissances du répertoire, des styles, des techniques et des langues. Ils se confrontent à la réalité du métier, en jouant les seconds rôles dans certaines productions de l'Opéra national du Rhin. Ils ont surtout l'occasion de se faire remarquer en jouant dans des productions dédiées, comme dans ce Don Pasquale.

Renseignements

Théâtre Municipal de Colmar 68000 Colmar Opéra national du Rhin - OnR

Contacts :

03 89 20 29 01

Artistes :

De Gaetano Donizetti, mise en scène Nicola Glück, direction musicale Ariane Matiakh.

Tarifs :

12/36/48€

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