Festival Trans(e) 2010
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© Jorg Metzner
© DR
La Filature invite à une nouvelle immersion dans l’expression artistique allemande, française et suisse, avec la troisième édition de son festival Trans(e). Place cette année aux créateurs émergeants et aux formes les plus originales, pour aiguiser la curiosité du public.
Au croisement des Trois Frontières, La Filature se fait lieu de rencontre, depuis trois ans, des créateurs suisses, allemands et français. Un bouillonnement artistique intensifié par une trans(e)versalité des disciplines, une audace formelle, une énergie vivifiante.
«En juxtaposant toutes ces propositions et tous ces artistes, on découvre des identités culturelles mais aussi beaucoup de similitudes entre les trois pays, estime Joël Gunzburger, le directeur de La Filature. C’est surtout la réalité de la langue, donc du rythme, qui apporte une identité : le théâtre allemand est enraciné dans le sol, il a une force quasi bestiale, issue de la rugosité de sa langue. Les Français sont plus cérébraux, et les Suisses se situent entre les deux, puisqu’ils sont confrontés dans leur pays à plusieurs cultures et plusieurs langues. Mais au-delà de ces différences, il y a un rapprochement lié à l’européanité, des similitudes esthétiques surtout.»
La jeune création en lumière
Imaginé par Joël Gunzburger dès son arrivée à la tête de la Scène Nationale, le festival Trans(e) a su rapidement trouver un écho auprès des spectateurs (dont 10% de Suisses et d’Allemands en 2009). «Le public a répondu présent lors de la deuxième édition de Trans(e) : on a éveillé sa curiosité, on peut donc évoluer vers des choses plus pointues cette année», expose le programmateur.
Après avoir accueilli Marthaler, Goebbels ou le Palast Orchester, le festival privilégie donc pour cette nouvelle édition les jeunes créateurs, plutôt que les grands noms. «Pendant un festival, le public est toujours plus audacieux : quel meilleur moment pour mettre en avant les artistes émergents ? Trans(e) se nourrit ainsi de l’énergie de jeunes pousses et de la présence tonifiante d’un public curieux», poursuit Joël Gunzburger.
Neuf rendez-vous, dont quatre créations, sont au programme de cette troisième édition, qui mêle comme à son habitude les disciplines, entrecroisant la danse, le théâtre, la musique, l’opéra, les arts plastiques... et des formes tout à fait insolites, lorsque le théâtre se fait dînatoire ou déambulatoire.
Balade en bus et théâtre gastronomique
«Cette édition pourrait s’inscrire sous le signe du voyage, du mouvement, avec notamment la proposition de Christophe Greilsammer – le meilleur représentant actuel de ce que le Haut-Rhin peut produire sur la scène théâtrale – autour du texte Goya de Rodrigo Garcia, qu’il met en scène dans un bus traversant la ville, en compagnie d’un DJ qui mixe en direct. Avec aussi Microfictions, proposé par Valéry Warnotte et Charlie Windelschmidt sur des textes de Régis Jauffret : un dîner plein de surprises, où le public sera invité à suivre les comédiens dans des lieux insolites de La Filature...», raconte le directeur.
Transport toujours avec Höchste Eisenbahn, spectacle jeune public programmé en partenariat avec le Créa de Kingersheim, où il est question de petit train électrique et de périple vers le bonheur (avec sur le plateau une superbe maquette de chemin de fer).
Un partenariat inédit avec le CRAC d’Altkirch promet une exposition passionnante, qui va se déployer à travers La Filature : Le décor à l’envers s’interroge sur le rapport qu’entretiennent les arts plastiques avec le spectacle.
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