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Mito Loeffler

... digne représentant du jazz manouche

        

Bien plus qu'une musique, le jazz manouche est un état d'esprit. Il exprime un mode de vie : mémoire liée aux voyages, contact étroit avec la nature, envie de préserver son identité, attachement viscéral à la liberté. Nous avions rencontré le guitariste Mito Loeffler, un de ses talentueux représentants, peu avant sa mort.

Mito Loeffler joue un jazz manouche traditionnel © Sandrine Bavard Mito Loeffler joue un jazz manouche traditionnel

Le jazz manouche est une histoire de famille. Et forme même jusqu'à des dynasties entières : Reinhardt, Schmitt, Mehrstein, Rosenberg... La famille Loeffler fait partie de celle-là : il y a Marcel, le célèbre accordéoniste, Yorgui, la nouvelle vague. Puis il y avait Mito Loeffler, guitariste, chez qui la musique s'est transmise de génération en génération, depuis son arrière grand-père jusqu'à ses deux fils. « On a la musique dans le sang. Mon père jouait tous les jours de la guitare et du violon. Il y avait toujours un instrument de musique qui traînait dans la caravane. J'ai commencé à jouer quelques notes vers l'âge de 10 ans, je me suis produit pour la première fois à 14 ans dans un resto à Mulhouse », racontait le guitariste.

A l'adolescence, il écoute, du jazz, du swing américain, de la chanson française. Et comme nul n'est prophète en son pays, pas de Django Reinhardt, celui-là même qui a inventé le jazz manouche : « Dans les années 50 et 60, les anciens écoutaient rarement Django Reinhardt, mon père disait qu'il était trop moderne pour nous. Les anciens, ils faisaient de la musique pour gagner leur pain, c'était de la musique folklorique que les gens aimaient écouter en Alsace : de la valse, du paso doble, du tango, des marches... »

Mito Loeffler s'est ensuite approprié la musique de Django Reinhardt, la jouant partout en Europe, depuis les cafés-concerts parisiens fréquentés par la crème du jazz manouche jusqu'au festival de jazz en France, Allemagne ou Italie. « Django Reinhardt a dit : un jour, mon peuple me reconnaîtra, et nous l'avons reconnu maintenant. Cette musique, on veut la faire partager, la faire connaître dans le monde ». C'est pourquoi, Mito Loeffler voyait d'un bon œil les « gadjé » comme Sanseverino ou Thomas Dutronc qui ont remis cette musique au goût du jour et qui lui ont donné une meilleure visibilité auprès du grand public.

Rester libre

Mais pour les manouches, la musique est indissociable de leur mode de vie. Mito Loeffler a vécu depuis l'âge de 1 an jusqu'a ses 50 ans en caravane à Zillisheim : « Je ne pourrais pas vivre dans une maison. Je ne pourrais pas et je ne voudrais pas. On souhaite rester comme l'on est, on ne veut pas perdre nos traditions. On veut rester libre, faire notre musique, et ne pas oublier d'où l'on vient », nous expliquait-il alors.

Et la manière de jouer s'en ressent forcément : « Un vrai gitan quand il joue, il prend sa guitare et joue ce qu'il a dans son cœur. La musique pour moi est un voyage, j'ai des images qui passent : des montagnes, des ruisseaux, des églises, des villages...Et c'est ça que je mets sur ma guitare ». Pas étonnant d'ailleurs que son dernier album s'intitule Voyages, mêlant standards (Les yeux Noirs, The Sheik of Araby, The Anniversary Song...) et deux compositions (Voyages, Ile Saint-Louis).

Mais celui qui parle encore le mieux de Mito, c'est son manager et guitariste qui l'accompagne sur scène, Alexandre Friederich : « Quand il joue en concert, il transpire, il se donne à fond, il ne triche pas. Ce qui m'étonne chez Mito, c'est le côté modeste du personnage à côté de la complexité de la musique. Si nous, gadjo, on la traduit en note, on s'aperçoit de la difficulté. C'est toute la magie du jazz manouche! ».

Mito Loeffler nous a quitté le 6 novembre 2013.

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