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Cold Wave : un monde de glace en photo

        

Pour cet été, la galerie de la Filature nous rafraîchit avec une exposition photographique consacrée aux glaciers alpins et au Grand Nord, qui réunit trois photographes : Aurore Bagarry, Camille Michel et Anna Katharina Scheidegger.

Camille Michel est partie en expédition à Uummannaq au Groenland pour dresser le portrait d\'un pays en pleine transformation © Camille Michel Camille Michel est partie en expédition à Uummannaq au Groenland pour dresser le portrait d'un pays en pleine transformation

Il surgit à l’entrée de la Filature, immense et fragile en même temps : un glacier, qui s’apparente presque à une peinture, mais qui est bien une photographie d’Aurore Bagarry, l’une des trois artistes invitées aux côté d’Anna Katharina Scheidegger et Camille Michel pour cette exposition Cold Wave.

Ces trois artistes, qui ont une forte approche documentaire, témoignent d’un monde de glace qui change à une vitesse folle, menacé de disparition, dans les Alpes ou au Groenland. Avec en filigrane, cette question : quel est l’impact de l’homme sur l’environnement ?

Camille Michel, témoin du choc des cultures au Groenland

Cette question irrigue tout le travail de Camille Michel, jeune photographe de 29 ans, qui a remporté le Prix Filature lors de la dernière biennale de la jeune création contemporaine et qui a réalisé un travail entre 2014 et 2016 au Groenland qui tient presque du reportage avec des légendes très détaillées.

Fascinée par le Grand Nord, elle est partie en expédition, à Uummannaq, une île au Nord Ouest du pays à 590 km du cercle polaire arctique, et a remonté en bateau la côte Ouest. « Mon but était de documenter la vie quotidienne de la population et de dresser un portrait du Groenland, assez loin des clichés des Inuits dans leur igloos. Un pays marqué par le côté traditionnel de la banquise, de la chasse et de la pêche qui perdure, mais aussi par le côté moderne avec une occidentalisation très rapide, et donc un choc des cultures. Il n’y a pas l’eau courante dans toutes les maisons, mais ils ont tous Internet et des smartphones dernier cri », souligne la jeune femme.

Ses clichés révèlent ainsi de forts contrastes, entre la beauté de la calotte glacière qui recouvre 90% du pays, et la réalité d’un monde qui change rapidement avec des décharges à ciel ouvert qui gagnent du terrain.

Aurore Bagarry : un inventaire des glaciers alpins

Les deux autres photographes ont, elles, pris de la hauteur, en allant au sommet des Alpes et de ces glaciers qui reculent. Aurore Bagarry, diplômée de l’Ecole nationale de la photographie d’Arles et des Gobelins à Paris, réalise depuis 2011 un inventaire des glaciers du massif du Mont-Blanc, un peu à la manière des pionniers de la photographie au milieu du XIXe siècle. « J’ai beaucoup regardé les gravures et les photographies de cette époque. Elles m’ont imprégnées, peut-être inconsciemment, car je constate qu’il y a les mêmes cadrages, assez classiques, pas beaucoup de ciel, juste le sommet de la montagne, dans mes photos », relève-t-elle.

Pendant cinq ans, la photographe s’est élancée à l’assaut des Alpes, tout son matériel sur le dos, relevant non seulement un défi physique mais aussi technique : « J’ai travaillé à la chambre, avec un éclairage très doux, j’ai essayé d’avoir tous les détails et de retranscrire la douceur de la montagne. C’était un challenge permanent avec cette roche très noire et cette glace très blanche », poursuit l'artiste qui signe un travail très sensible.

Anna Katherina Scheidegger : l'homme face à la menace

Pour Anna Katherina Scheidegger, photographe suisse, diplômée de l’Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs à Paris et du Fresnoy, l’approche est aussi documentaire mais montre aussi une volonté de comprendre. Le point de départ de chacun de ses travaux ? « Une architecture dans le paysage qui m’intrigue ». En l’occurrence ici, des bâches de protection installées sur les glaciers en Suisse pour les protéger des rayons du soleil.

Elle s’est alors intéressée aux autres solutions imaginées par l’homme pour sauver les glaciers, qu’elles soient scientifiques comme celle d’injecter de l’eau dans la glace en hiver, qu’elles soient irrationnelles comme celle qui fait l’objet de son film de 40 minutes Gefundene Seelen (Des âmes retrouvées).

« Je suis tombée sur un petit village dans la vallée de Fiesch en Suisse qui fait une procession religieuse suivi d’une messe tous les ans, le 31 juillet, pour protéger les glaciers. Il y a 200 ans, les habitants priaient pour que les glaciers reculent, mais ça a trop bien marché. Donc, maintenant, avec l’accord du Vatican, ils inversent cette prière », informe-t-elle.

Au-delà de cette démarche qui pourrait faire sourire, Anna Katherina Scheidegger s’interroge : « Ce qui me fascine dans tout ça, c’est la question philosophique que ça soulève : comment l’être humain réagit face à quelque chose qui pourrait détruire son existence ? » Une interrogation que pourrait partager bien des visiteurs.

Infos pratiques

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    La Filature - Mulhouse 68100 Mulhouse

    Renseignements :

    Horaires :

    Du Mercredi 17 Mai 2017 au Dimanche 2 Juillet 2017

    Tarifs :

    Gratuit

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