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Trame du silence

Barbara Carnevale et Jean Charasse

© Jean Charasse

Trame du silence : Un duo insolite va investir les murs de la galerie à partir du 21 mai prochain.

Le tandem Barbara Carnevale & Jean Charasse s’est imposé à Françoise Besson comme un juste chemin pour explorer les voies du silence et approfondir la question de la trame. 

Réunir ces deux artistes, c’est créer un maillage sculptural, où volumes et monochromes dialoguent dans une quête sourde du silence. Dans cet ensemble, l’invisible tend à se manifester, et des rencontres se créent de haut en bas, de gauche à droite, à la manière d’un métier à tisser. 
Ce sont ces lignes qui ont fait naître l’image d’une exposition où tout est plan et structure, où vont se confronter sculptures diaphanes, tableaux aux volumes recouverts de tissu tendus, et sensibles dessins.  

Dans une poussée aveugle et organisée, Barbara Carnevale laisse place à l’aléatoire et soumet aux rencontres et aux contraintes (matérielles, industrielles et financières) son désir de traverser le temps. La proposition d’une pièce monumentale et fragile raconte de façon concrète et allégorique les mouvements préalables à sa survenue. 

De son côté, Jean Charasse poursuit dans ses tableaux aux techniques mixtes de bois et tissus ses recherches d’équilibre entre tension et structure, entre formes et couleurs. Toujours, dans cette inlassable quête de dépouillement et d’épure pour ne laisser que les traces, les traces subtiles, les traces d’expérience, et celles du  dépassement.

Enfin, cette rencontre est l’occasion de réunir deux territoires, la région PACA et la région Auvergne Rhône-Alpes, et de créer un lien entre Lyon et Marseille. En effet, en collaboration avec Isabelle et Roland Carta, le duo a carte blanche pour investir l’espace le 33 en parallèle à l’exposition lyonnaise, du 28 avril au 22 juin prochain.

Née en 1984, elle vit et travaille dans la région lyonnaise. 

Barbara Carnevale fabrique des formes et des dispositifs sensibles. Remontant des fils et poursuivant des obsessions intimes, elle aborde volume et mouvement de manière simultanée. La recherche d’une fréquence fondamentale émise par les formes perceptives la questionne. 

Ses recherches mettent en scène, en regard et en mémoire, des projets liant une recherche de formes et son articulation avec le corps acteur et percepteur. Le récit de ce cheminement, la résonance des objets émis et leurs disséminations dans des espaces physiques, cognitifs et psychiques laisse deviner par superposition l’existence et la persistance de contours résiduels, dessinant à leurs tour de nouvelles formes qu’elle saisie dans une sorte d’infini indéfini. 

En quête d’épure et de silence pour parvenir à trouver ce qu’elle ne saurait chercher, elle se débat avec la matière, les mots et sa posture « artistique ». Dans cette entreprise de survie symbolique, elle joue sa vie puisqu’elle mise sur des éléments concrets et leurs résolutions pour créer des équivoques plastiques. 

En déshabillant les formes, elle cherche à saisir et à transcender les attracteurs comme autant de signaux faibles qui nous lient au travers de diverses lectures possibles. L’évasion poétique, la construction d’une méthode et l’achoppement au réel la conduisent à une recherche d’équilibre qui l’intéresse autant dans son développement, les expériences qu’elle suscite et l’aboutissement qu’elle provoque. 

De façon formelle, elle développe un axe de recherche sur la mémoire de l’image, de la perception de l’espace et de l’expérience. Elle s’intéresse aux tentatives plastiques prospectives, liées à la conservation de ce vécu, par la collecte et la restitution des ruines mnésiques. Elle raccroche cela à des questions d’harmonie de formes. 

JEAN CHARASSE

« L’oeuvre de Jean Charasse s’est toujours signalée par un rapport à la structure, même si, dans ses débuts figuratifs, cette structure pouvait être dissimulée, codée, des structures élémentaires de la parenté à l’occidentale. » Alexandre de la Salle - Cagnes sur Mer, août 2011 

Jean Charasse est né à Lapalisse en 1941, ses études le mènent à travailler dans le bâtiment. Aujourd’hui, il vit et travaille dans le Var. 
Autodidacte, il peint dès l’âge de quinze ans et commence à exposer en 1977. 
Il abandonne progressivement la figuration pour se consacrer à la composition de constructions dans lesquelles il fait intervenir toutes sortes de matériaux de récupération, bois, fers rouillés, tissus ; ce sera sa période « Signaux et Balises ». 

À la galerie Alexandre de la Salle à Saint-Paul de Vence, il découvre l’oeuvre d’Aurélie Nemours et fait la connaissance de Carmelo Arden Quin (fondateur en 1946 à Buenos Aires du Mouvement MADI) ; une voie s’impose à son travail, celle de l’Art Construit. 
En 2004, Carmelo Arden Quin l’accepte comme membre de ce Mouvement, il simplifie ses constructions pour des compositions géométriques, en bois, constituées d’éléments parallélépipédiques qui s’emboitent et se superposent. 
Dans ses derniers travaux, il recouvre d’un voile de tissu des éléments géométriques en bois préalablement fixés sur un fond, il interpose sur le tissu des parallélépipèdes en bois, qui permettent de maintenir l’architecture de l’ensemble. Après plusieurs couches de médium, la trame du tissu disparait et la Construction, en fonction de l’éclairage, se révèle dans une entente entre caché et apparent.

Trame du silence :
Renseignements - Horaires - Tarifs

Dates et horaires :

  • Du Samedi 21 Mai 2022 au Samedi 16 Juillet 2022

Tarifs :

Gratuit

Galerie photos :

  •  © Jean Charasse
  •  © Barbara Carnevale

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