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Apprendre à survivre en pleine nature

      

Les stages de survie ont le vent en poupe. Dans la vallée de Saint-Amarin, l’association Savoir faire plus avec moins vous embarque dans la forêt pour apprendre la « survie douce » ou devenir autonome pour affronter le pire… Par Sandrine Bavard

Apprendre à survivre en pleine nature © Sandrine Bavard Apprendre à survivre en pleine nature

Rendez-vous est donné à Jean-Noël Oger à Storckensohn, un matin un peu frisquet où le thermomètre affiche moins 5 degrés et où la neige a recouvert la forêt. Heureusement, il a une couverture de survie dans le sac pour s’assoir sur un tronc d’arbre sans risquer l’engelure : « Peu de gens veulent faire un stage de survie l’hiver », admet le fondateur de l’association Savoir faire plus avec moins, également secouriste de montagne, qui a lancé cette activité en 2009.

Il s’est formé auprès de François Couplan, spécialiste des plantes sauvages et docteur ès-sciences du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, pionnier de la survie douce en Europe, concept qu’il a ramené des États-Unis dans les années 60 après avoir participé à des grands rassemblements hippie prônant un retour à la nature. Mais ce n’est que depuis les années 2000 qu’on constate une explosion de stages de survie, auxquelles les émissions de télé comme Koh Lanta ou Seul contre la nature ne sont pas étrangères. « Il y a clairement un phénomène de mode mais cela s’ajoute à un déficit flagrant de nature. Si les gens n’avaient pas autant besoin de cette connexion à la nature, ces émissions ne marcheraient pas. Quand les gens rentrent le soir après le boulot, les grandes forêts au Canada les font un peu plus rêver que les séries policières. C’est la possibilité pour quelqu’un, qui ne se donne pas les moyens ou le temps de le faire, de vivre cette expérience par procuration. »

« On n’est pas homo economicus »

Avec Jean-Noël Oger, on peut vivre cette expérience de survie élémentaire à fond, le temps d’un week-end, de trois ou quatre jours. Sans le folklore de la télévision mais avec des pistes de réflexion : « On évacue la notion de nature hostile pour remettre l’homme en lien avec la nature, pour expliquer aux gens que 90% des gens sur cette planète vive de façon anormale. Il y a 1 milliard de personnes qui vivent comme des occidentaux, 6 milliards qui veulent vivre comme nous alors que la planète est au bord de l’implosion. Si on est honnête avec soi-même : est-ce normal d’acheter des fringues pas cher fait par des esclaves à l’autre bout du monde ? Est-ce qu’on peut vraiment être d’accord avec un système d’agriculture intensive qui est en train de tout faire crever ? Il n’y a rien de plus prédateur que l’économie, or on n’est pas homo economicus, on est homos sapiens. ll est temps de redevenir humain à part entière et de s’autoriser à réfléchir », martèle-t-il.

Passée la réflexion, place à l’action. Cela veut dire sortir de sa zone de confort et subvenir à ses besoins vitaux : construire un abri pour la nuit, faire un feu pour se réchauffer, manger et boire, pêcher une truite dans la rivière, cueillir des plantes sauvages et faire avec les ressources de la forêt. « Vous voyez cette branche de sapin ? Elle contient plus de vitamine C qu’un kiwi qu’on a fait venir de Nouvelle-Zélande et qui a fait presque le tour du monde. Il a suffi de se lever, faire trois mètres, couper un rameau et le mettre sur le feu. »

Un autre grand principe de la survie élémentaire est aussi mis en application : la coopération. «Ceux qui vous disent que la vie, c’est la loi de la jungle sont des menteurs. La coopération vient naturellement dans un groupe. Il y a toujours un individu qui saura faire très bien des tapis de mousse, un autre qui sera très doué pour faire des nœuds. Je peux vous garantir que la vraie vie, c’est ça : l’entraide et faire avec ce qu’on trouve dans l’environnement ». Pas étonnant donc que ces stages soient plébiscités par les entreprises qui y envoient leurs salariés. Selon les publics, les stages se font aussi plus ludiques, comme avec du tir aux armes préhistoriques, des dégustations d’insectes, ou des défis cabane...

Anticiper des scénarios catastrophe

Un cran encore au-dessus de la survie élémentaire, l’association a développé depuis un an des stages de préparation à l’autonomie, où l’on anticipe le pire : l’État qui fait banqueroute, une catastrophe naturelle, un accident nucléaire… « La première chose qu’on fait, c’est une photographie du monde dans lequel on vit avec une approche systémique : réchauffement climatique, pollution des sols, phénomènes géopolitiques, bilan économique… Un facteur que l’on retrouve dans tout effondrement de société, c’est le facteur exponentiel et on est en plein dedans. Je dois donc me préparer à des risques majeurs et me demander, comment moi, individu, je peux faire face à mes besoins vitaux et aider les autres. Et ce n’est pas parce qu’on pense que ça n’arrivera jamais que ça n’arrivera pas : le risque zéro n’existe pas, c’est juste qu’on ne sera pas prêt si ça arrive.»

Les participants planchent donc sur différents scénarios de crise à partir de là où ils habitent, travaillent, vont en vacances... « On répond à des phénomènes de courts termes. Par exemple, s’il y a une tempête, je prévois des bâches au cas où la toiture est arrachée, un chauffage au pétrole en cas de coupure de courant... Mais on amène les gens à penser au moyen et long terme avec des systèmes pour produire sa propre nourriture », indique Jean-Noël Oger. Sur son balcon, dans son jardin, on apprend l’élevage de petites bêtes (caille, ver à farine, grillons..), à faire du lambri-compost, de la lacto-fermentation, à stocker des graines à germer, à utiliser les plantes sauvages... « Il y a plein de solutions de transition. Tout ce que vous saurez faire, vous pourrez le refaire n’importe où ! »

Pour le commun des mortels, tous ces scénarios peuvent paraître anxiogènes. Pas pour Jean-Noël Oger qui prédit un retour à une vie simple et sobre, comparable à celle vécue dans les années 1900. « Désolé, Ikea va fermer, lance-t-il provocateur. Ce n’est pas retourner à l’âge des cavernes mais c’est cultiver la terre pour avoir un an de nourriture devant soi comme le faisaient nos grands-parents ou arrière-grands-parents. Dès aujourd’hui, il faut se préparer à la sobriété et à la décroissance ».

Si c'est la cata, on mange quoi ?

L’ortie a plein de vertus médicinales connues depuis l’Antiquité, mais aussi des vertus alimentaires qu’on connaît peut-être moins. « L’ortie, c’est la plante de survie par excellence, car c’est une protéine végétale complète, bourrée de vitamines. On peut vivre des années en mangeant du riz aux orties. J’avais un prof au Musée national d’histoire naturelle qui nous disait : "Mangez des orties tous les jours et vous vivrez centenaires !" »

La spiruline est une algue qui contient une grande quantité de protéines, d’antioxydants, et d’acides gras essentiels. On comprend donc son utilité en cas de diète forcée pour lutter contre les carences alimentaires... Mais oubliez les petits comprimés bien propres qu’on achète à la pharmacie ! En mode survie, et donc système D, il faudra recourir à son urine et à de l’eau où des clous rouillés auront mariné le temps nécessaire... Toujours partant ?

Ah, voilà enfin un truc ni vert ni moche qu’on a enfin envie de se mettre sous la dent : les noix de cajou ! Plus pragmatique, Jean-Noël Oger explique : « Dans le cas d’une évacuation où il faut être nomade, par exemple Fessenheim pète, on met 2 kilos de noix de cajou dans son sac à dos. Avec ça, on peut marcher pendant deux semaines ! » Ça laisse songeur quand on sait que si l’on en mange un paquet depuis son canapé, on a simplement du mal à se lever et à descendre les poubelles...

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