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Sorties en Alsace

Contractions

        

Par la Cie On Nous Marche Sur Les Fleurs.

La compagnie On a marché sur les fleurs, installée en Alsace depuis 2015, propose sa première création, "Contractions", qui nous projette dans un monde où l’entreprise s’immisce un peu trop dans la vie de ses salariés. Un spectacle sélectionné pour faire la tournée des Régionales l’an prochain.

© Fanny Derrier

Parce qu’elle a eu envie de revenir en Alsace, sa région d’origine à laquelle « elle est très attachée », Emilie Wiest a créé avec sa comparse de toujours Maud Ivanoff la compagnie On a marché sur les fleurs à Riedisheim en 2015.

Les deux comédiennes avaient déjà une compagnie à Paris mais elle n’était pas à la hauteur de leurs exigences : « On n’avait pas de soutien financier, on était obligé de réaliser en petit ce qu’on voyait en grand dans nos têtes. On a décidé de structurer une nouvelle compagnie en province, de repartir sur une page vierge mais avec tout le métier qu’on a derrière nous. »

De l’humour noir

Soutenue dès le départ par la Salle Europe, l’Espace 110 et l’Espace Grün, la compagnie livre son premier spectacle : Contractions, une pièce de science-fiction de Mike Bartlett très cruelle sur le monde de l’entreprise. « J’ai lu ce texte d’une traite dans une librairie. Dès les deux premières pages, j’étais happée, témoigne Emilie Wiest. Il y a cette écriture ciselée où on ne peut pas enlever un mot, pourtant je suis du genre à trouver les auteurs trop bavards et à couper dans le texte. Il y a cet engrenage qui nous entraîne dans une spirale infernale. Et comme souvent chez les auteurs anglais, c’est bourré d’humour noir, une arme qui désamorce beaucoup de choses et qui permet d’aller très loin avec des sujets graves. »

Un monde du travail angoissant

Dans un futur proche, Emma, soupçonnée d’avoir une relation sentimentale avec un de ses collègues, doit répondre de ses actes devant sa manager, car son contrat stipule qu’il faut en référer à sa hiérarchie.

Incongru au départ, le face à face se fait de plus en plus glaçant pour virer complètement au cauchemar. « Il y a plusieurs thématiques qui nous intéressaient. D’abord, le harcèlement au travail, avec des jeux de pouvoir et de domination, mais on n’est pas manichéen avec la méchante manager et la pauvre salariée : la N+1 est elle aussi soumise à une pression d’une force supérieure. Ensuite, le mélange de la sphère public et privé, une frontière un peu perméable et trop perméable…Aujourd’hui, les recruteurs vont voir les profils Facebook des candidats, Facebook et Apple proposent aux femmes salariées de congeler leurs ovocytes pour faire des enfants plus tard… Qu’est-ce qu’on est prêt à concéder pour le boulot ? Il y a une telle pression qu’on est prêt à sacrifier beaucoup de choses pour le conserver », souligne Emilie Wiest.

La mise en scène, signée Manuel Bertrand, ajoute une dimension supplémentaire : celle de la déshumanisation et de la robotisation, renforcée par un grand travail de vidéo et par une création sonore oppressante « qui rappelle le ventre d’une machine ». Une pièce courte et intense qui fait l’effet « d’une douche froide » pour les comédiennes et sans doute pour les spectateurs.

Elle n’a pas fini de les faire frissonner puisque ce spectacle a été sélectionné pour la saison prochaine des Régionales : « C’est une belle opportunité pour nous et une reconnaissance parce que la programmation y est exigeante. On ne connaît pas l’avenir de ce spectacle, mais cela peut être un accélérateur », se réjouit Emilie Wiest.

Infos pratiques

 Galerie photos

  •  © Fanny Derrier
  •  © ONMSLF

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