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Argasol : des savons bio fabriqués en Alsace

Gilles Formet, l’un des deux savonniers, à la découpe de savons Gilles Formet, l’un des deux savonniers, à la découpe de savons DR

Les savons Argasol, élus produit bio de l’année en 2015 par un panel de consommateurs, sont fabriqués à Sainte-Marie-aux-Mines, au rythme de 1000 à 1500 unités par jour. Des savons au charbon végétal, au lait d’ânesse, ou aux huiles végétales qui respectent la peau.

 

Quand on pousse les portes de la chapelle de la rue d’Untergrombach à Sainte-Marie aux Mines, point d’autel, de bancs pour les fidèles ou de statues à l’effigie de la Vierge Marie. Non, un tout autre décor attend le visiteur : des sceaux, des cartons, des palettes et surtout des savons. C’est ici que l’entreprise Argasol, 10 ans d’existence, a déménagé il y a deux ans.

Ce jour-là, c’est Gilles Formet, ancien militaire devenu savonnier, présent depuis le début de l’aventure, qui explique le processus de fabrication. « J’ai 18 sceaux devant moi, soit de quoi faire 600 savons ! », annonce-t-il. Pas de secrets industriels ici mais au contraire une totale transparence envers le client : « Je fais chauffer l’huile d’olive et de coco, puis je les laisse refroidir dans un seau. Au bout d’un quart d’heure, je rajoute l’huile d’argan qu’on ne chauffe pas. Je laisse refroidir à 17° pendant près de 2h en surveillant avec un thermomètre la température. »

Thym, ortie, lavande... 24 sortes de savon

C’est ce qu’on appelle la saponification à froid, qui permet de garder les propriétés et bienfaits des plantes rajoutées au mélange : thym, romarin, lavande, sauge, ortie… Les huiles sont ensuite mélangées à l’eau et à la soude pour compacter les éléments : « Dans beaucoup de savons, on retrouve de la soude caustique mais pour moi, cela sert à décaper les meubles, donc on utilise une soude qui n’altère pas la peau », précise Lahcène Rennane, fondateur de l’entreprise qui a inventé les 24 recettes de savons. Avant de lancer l’entreprise, il n’a pas hésité à passer 3 ans au Maroc pour tout connaître de l’huile d’argan. Tout ce temps s’étonne-t-on ? « Trois ans dans une vie, c’est rien. Grâce à ce temps passé sur place, on sait d’où notre huile vient, comment elle est faite et on sait où l’on va. On a visité 85 coopératives avant de trouver la bonne à Tikiouine », se félicite-t-il.

Avoir de la patience semble bien une qualité indispensable quand on est savonnier. Les savons reposent ainsi 24 heures dans un moule, une barre de 5 kg qui va leur donner forme. Une fois démoulés et découpés, les savons doivent sécher encore pendant trois semaines pour éviter qu’ils ne fondent comme neige au soleil sous l’eau.

Ils seront ensuite emballés et expédiés un peu partout en France : supermarché, magasin bio, foire et salons, particuliers qui passent commande sur internet. Depuis l’an dernier, ils sont même envoyés en Pologne, en République Tchèque ou Japon. Chaque jour, 1000 à 1500 savons sont fabriqués dans cet atelier pour satisfaire la demande.

Du bio à petit prix

Si l’entreprise connaît un tel succès, c’est qu’elle est en phase avec des consommateurs qui préfèrent des cosmétiques naturels par rapport aux produits industriels. « Le consommateur se pose plein de questions par rapport aux scandales alimentaires, aux pesticides déversés dans la nature, aux maladies occasionnées… Il y a tellement d’aberrations : pourquoi mettre du détergent dans des produits pour le corps ? Pourquoi mettre des perturbateurs endocriniens dans un déodorant ? Nous, on réalise des produits sains et simples, dont on connaît la liste des ingrédients, et tous certifiés bio », explique Cathy Mendez, autre pilier de l’entreprise.
La crise économique et écologique a aussi donné matière à réflexion au consommateur : « Les gens ont davantage envie de consommer local, on le constate vraiment en Alsace. À notre petit niveau, on crée de l’emploi puisque l’on est passé de 2 à une dizaine de personnes », souligne Cathy Mendez.

Autre point fort de la marque Argasol : les prix raisonnables pour du bio. Elle vend un savon classique de 140 g pour moins de 4€ et ses savons au lait d’ânesse à moins de 5€ : « On se bat pour que le bio soit accessible et fixer un prix juste. Il faut qu’on puisse en vivre mais aussi que la petite mamie de Sainte-Marie-aux-Mines puisse acheter ce savon », souligne Cathy Mendez.

Ici, tout participe à une démarche éthique : les produits ne sont pas testés sur les animaux, les chutes de savon sont recyclés sous forme de lessive, les emballages sont limités… Tout cela a permis aux savons Argasol d’obtenir le titre de meilleur produit de l’année bio 2015, décerné par un panel de consommateurs.

-> Savonnerie Argasol
41 rue d’Untergrombach à Sainte-Marie-aux-Mines
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