Jusqu'au 30/09/2026
Boulevard Charles V | Honfleur
NC
Du 7 juillet 2026 au 30 septembre 2027, Honfleur accueillera en plein air l’exposition L’Impressionnisme en photographie de Réhahn, installée sur les grilles du Jardin public. Présentée dans le contexte du centenaire de Claude Monet, cette exposition gratuite propose une réflexion contemporaine sur la lumière, les reflets et l’effet mirage, en montrant comment la photographie peut inventer un nouveau langage visuel à partir de phénomènes bien réels.
Réhahn est un artiste, auteur et collectionneur français, né en Normandie et installé à Hội An, au Vietnam, depuis 2011. Connu pour la dimension humaine de ses portraits et pour son engagement auprès des communautés qu’il photographie, il a fondé à Hội An le Precious Heritage Museum, dédié aux cultures du Vietnam. Son travail relie le voyage, la mémoire et la transmission, avec une approche profondément attentive aux personnes et aux lieux.
Honfleur porte une longue histoire de regard, depuis Eugène Boudin et les artistes venus observer les variations du ciel jusqu’aux promeneurs qui connaissent la manière dont la Seine, la mer et les nuages transforment l’atmosphère d’une heure à l’autre. Présenter ici L’Impressionnisme en photographie revient donc à faire dialoguer un territoire lié à la naissance de l’impressionnisme avec une recherche contemporaine née au Vietnam.
Dans cette série, Réhahn ne cherche pas à imiter la peinture ni à appliquer un effet après coup. Ses images naissent dehors, dans les rizières, les champs après la récolte, les surfaces d’eau, les fumées légères et les lumières rapides, au moment où le réel commence déjà à se transformer devant l’objectif.
Le cœur de cette recherche se trouve notamment dans l’effet mirage. À Hội An, dans les rizières où Réhahn travaille, le riz est récolté deux fois par an. Après chaque récolte, les paysans rassemblent la paille en tas, puis les brûlent pour nettoyer les parcelles avant le cycle suivant. Ces tas produisent des feux qui montent parfois assez haut et créent trois éléments essentiels : la chaleur, les flammes et la fumée. La chaleur devient alors le véritable outil photographique car elle agit comme un filtre naturel devant l’objectif. Les lignes tremblent, les silhouettes se déforment, les contours semblent même se dissoudre. La scène reste réelle, mais elle devient instable, presque flottante.
Ce phénomène ouvre un nouveau langage visuel. La photographie ne montre plus seulement un sujet mais aussi l’air, la chaleur, la fumée, et le court moment où tout se transforme. Il faut alors choisir la bonne position, attendre que l’effet apparaisse et déclencher avant qu’il disparaisse. L’image garde la trace d’un phénomène physique très bref, impossible à reconstruire exactement.
L’eau joue un rôle tout aussi essentiel. Dans les rizières inondées, les marais salants ou les surfaces calmes, elle crée une image dans l’image. Un reflet n’est jamais une copie parfaite : il dépend de l’angle, du vent, du ciel, de la profondeur et de la lumière, autant d’éléments que le photographe ne contrôle pas entièrement mais qu’il apprend à lire. Cette instabilité donne aux photographies leur force, car le sujet existe devant nous tandis que son reflet ouvre un second espace. Le regard circule entre les deux, hésite, revient, accepte de ne pas tout résoudre immédiatement.
Cet événement a été renseigné par un organisme institutionnel (OT Honfleur-Beuzeville). Date de dernière mise à jour le 13/07/2026.
Contacts :
+33 2 31 81 88 00
NC
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