A l’écoute du nouvel album de Killing Lawrence, on est cueilli d’entrée de jeu par un riff de guitare accrocheur sur Dilemme, qui nous happe tout du long dans une sorte de mélancolie rêveuse. Un dilemme, l’auditeur n’en aura pas longtemps avant de s’enfiler l’intégralité des Nouveaux outils pour la mesure du temps, écrit, composé, enregistré à la maison par Laurent, fondateur du groupe.
Ces Nouveaux outils pour la mesure du temps, ce ne sont autres que les femmes que Killing Lawrence célébraient déjà en 1996 avec le single Comme toutes les filles : « Le temps qui passent se mesure aux femmes qui gravitent autour de nous, notamment quand on est père d’une fille ce qui est mon cas, en les regardant grandir et vieillir », précise Laurent.
Les femmes traversent donc cet album, depuis Nicole, déclaration d’amour à une femme hautement addictive, à l’Amoureuse de compétition, incursion chez les travailleuses du sexe et de l’érotisme, en passant par Cent vingt jours d’obscurité, sur la rupture. « Le rock, depuis que ça existe, depuis les Beatles, ce sont beaucoup de chansons d’amour et des chansons sur les filles », remarque Laurent qui connaît son histoire rock sur les bouts de doigts, au point même d’écrire J’sais pas quoi leur dire, clin d’œil à toutes ses chansons qui servent à faire craquer les filles.
Le rock est visiblement un bon filon pour ça et Killing Lawrence s’engouffre dans le répertoire alternatif avec un ancrage très fort dans les années 80, comme le montre le très new wave Pas fait pour l’amour et le très punk rock Cavalier seul taillé pour le live : « Les années 80 correspond vraiment à mon éveil à la musique à l’adolescence. Forcément, ça marque ! »
Les années 80, ce sont aussi l’émergence de groupes français qui s’inspirent de la musique anglo-saxonne, mais écrivent des textes dans la langue de Molière, comme Taxi Girl (« J’aimais les textes de Daniel Darc et sa façon de chanter aussi ») ou Lili Drop, (« la face cachée de Téléphone, en plus torturé »). Aujourd’hui, Killing Lawrence poursuit ce sillon, en parvenant à faire sonner rock la langue française : « C’est pas simple de faire des textes en français. Que font la plupart des groupes ? Ils choisissent la facilité, écrivent des textes en anglais souvent mauvais parce que ce n’est pas leur langue maternelle. Or, pour le maîtriser, il faut vivre dans le pays ou le pratiquer constamment. Et peu de gens dans le public vont vraiment écouter et cerner les textes », déplore Laurent. Chez Killing Lawrence, les paroles ont un sens, parfois un double sens, et sont si bien tournées qu’il serait dommage de passer à côté.
Pour jouer ses morceaux en live, Laurent s’est entouré d’Eric S. à la guitare qui fait partie de l’aventure depuis longtemps, et de deux nouveaux venus : Lionel Pezzano à la basse et Francky Bang à la batterie. Ce dernier a trouvé son compte chez Killing Lawrence : « Ce qui m’a séduit, c’est la grande cohérence de l’album, d’assumer le chant rock en français et l’énergie qui s’en dégage. Je trouve que ça envoie encore plus la banane qu’avant ! ».
DR
Killing Lawrence, composé de gauche à droite, de Laurent, Francky Bang, Eric.S et Lionel Pezzano
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