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La fin d’un mythe régional

Nombreux sont les amateurs alsaciens de soirées rock n’roll et blues à être terriblement déçus par l’annonce de la fermeture du Caf’Conc’ d’Ensisheim, tenu par l’emblématique Yannick Kopp, véritable figure locale. Une page se tourne.

Yannick Kopp, l’esprit du Caf’Conc’ d’Ensisheim, c’est vous. Depuis 1993, ce lieu, apprécié en Alsace, accueillait des dizaines de groupes locaux ou internationaux qui venaient y jouer en live chaque mois. Pourquoi cela s’arrête-t-il ?
Sans rentrer dans les détails, car la procédure est toujours en cours, des plaintes de riverains ont été déposées pour tapage nocturne. Sur les 20 ans d’existence du Caf’, ce genre de chose pouvait arriver de temps en temps, mais aujourd’hui, je suis un peu fatigué d’un certain acharnement juridique. L’envie de continuer n’est plus là. J’ai besoin de souffler un peu !

La fin d’un mythe régional DR La fin d’un mythe régional

Ces dernières semaines, la rumeur disait que vous alliez installer un nouveau Caf’Conc’ à la Cité de l’Habitat à Lutterbach, là où l’activité nocturne ne peut déranger aucun voisin... Ce n’est plus d’actualité ?
Non, là encore pour des raisons juridiques. Difficile de monter un dossier de financement avec les banques à cause de ces histoires ! C’est dommage car les responsables de la Cité de l’Habitat étaient très intéressés et ont fait le maximum pour que cela se fasse. J’avais même fait venir un architecte pour qu’il me fasse les plans de la future salle de spectacle : 5 mois de travail qui ne serviront finalement pas. C’est compliqué pour moi de repartir sur quelque chose de nouveau. Pour ça, il faut des financements, et le Caf’Conc’ d’Ensisheim, personne ne va le reprendre dans ces conditions-là. Mon fond de commerce ne vaut plus rien. Ma mission principale est d’éviter la faillite personnelle et de faire une cessation d’activité en bonne et due forme, partir proprement.

Votre téléphone n’arrête pas de sonner...
Oui, on me propose du boulot ces derniers jours ! Je ne saistoujours pas où je serai en septembre, mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a plein de choses à faire, à imaginer. Il y a des projets qui prennent forme, mais chut ! Je n’en dirais pas plus car rien n’est sûr. J’ai également beaucoup d’appels de soutien. Beaucoup de monde s’est mobilisé pour essayer de sauver le lieu, ça fait plaisir.

Le Caf’Conc’ qui ferme ses portes est une page qui se tourne dans votre vie. Cela doit provoquer en vous une avalanche de souvenirs quand vous regardez en arrière...
Oui, le Caf’Conc’ est un super outil de travail, toujours au service de la musique émergente, qu’elle soit locale ou venue de très loin. Ici, c’était un des derniers endroits à programmer encore du blues américain en live, avec des artistes renommés. Il y a eu des rencontres incroyables avec les gens. J’ai été 17 fois témoin de mariage : des couples qui se sont rencontrés au Caf’Conc’ ! Je suis comme un gosse quand je vois des artistes sur scène, ça ne changera jamais. Dès que ça joue, je me sens bien, j’oublie tout. Dommage que certains n’ont vu que les côtés négatifs de cet endroit, et jamais le positif. Un lieu de vie qui tisse du lien social, qui initie à la musique, avec régulièrement des ateliers de musique pour les jeunes d’Ensisheim... Mais même si aujourd’hui, les gens se déplacent moins pour découvrir des choses nouvelles, il ne faut pas baisser les bras. L’aventure continuera ailleurs !

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