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Rencontre avec Ferni, artiste superpositionneur

      

Jeune artiste mulhousien de 22 ans, Ferni superpose personnages et objets dans des dessins délirants et multicolores. Sur des tableaux, sur des murs, ou des objets, son art pousse « comme de la mauvaise herbe ».

Fernand Kayser dit Ferni  © Christophe Schmidt Fernand Kayser dit Ferni

Propos recueillis en mai 2014.

Fernand Kayser, Ferni de son nom d’artiste, se dit superpositionneur. Non, ce n’est pas un nouveau nom de super héros, quoique ses personnages avancent parfois masqués et ont un réel pouvoir de fascination. Il s’agit plutôt d’un artisan de la superposition, qui rajoute des éléments les uns par-dessus les autres pour composer un tableau reflétant « le bordel dans [sa] tête. » « Chaque dessin, c’est presque une humeur, dans le choix des formes et des couleurs », précise Ferni. Si l’humeur peut-être changeante, avec des dessins en noir et blanc, ou au contraire ultra colorés, l’esprit reste le même : un enchevêtrement de motifs récurrents avec des chats, des bouteilles, des usines, des tourne-disques, des os dessinés dans un style plutôt naïf… Et emmené par un oiseau masqué : « J’ai peur des oiseaux donc j’ai créé ce personnage à qui je trouvais marrant de mettre un masque de chat. Je trouve ça intéressant l’animal qui se cache dans un autre, un personnage qui se cache de lui-même… » lâche Ferni.

Tout ce petit monde est né sur les bancs de l’école où Fernand Kayser s’ennuyait tellement qu’il dessinait dans ses cahiers en mode automatique. Puis il a suivi les copains qui graffaient sur les usines désaffectés de DMC ou quai des Pêcheurs : « Je reproduisais ce que je savais faire en plus grand sur des murs, sans revendiquer une démarche de street art. Il y a un tel engouement en ce moment pour le street art, je pense que ça va monter très haut - on est bientôt au sommet - et que ça va replonger très vite aussi. Sur 100 trucs que tu trouves dans la rue, combien en reste-t-il avec une vraie démarche artistique ? Il y a beaucoup de com, de pub, qui me gêne un peu… Moi, ma démarche, c’est de faire ce qui me plaît avant tout. » Résultat : il peut aussi bien illustrer une batterie qu’une planche de skate, décorer un mur d’un appartement que le rideau de fermeture d’une boucherie. « Ce que je fais, c’est comme de la mauvaise herbe, ça peut pousser partout », s’amuse-t-il.

Séduit par l’imagerie punk

A ce jour, son plus grand fait d’armes, c’est sans aucun doute le M.U.R de la rue de la Moselle, où l’oeuvre d’un artiste reste visible pendant un mois. Celle de Ferni a été recouverte d’un tag peu de jour après, peut-être en réaction contre ce mur « officiel » : un tag que Ferni a détourné pour l’intégrer à son œuvre. « C’est le principe de la rue, c’est un art éphémère. Cela m’a toujours plu : quand je dessinais à l’école dans mes cahiers, je déchirais la feuille à la fin et je la mettais à la poubelle… Je pense que c’est lié à l’imagerie punk, je n’ai pas envie de rendre le truc sérieux et intellectuel », explicite-t-il. Et quand on parle de ses références, il cite plus spontanément des groupes de musiques (Siouxsie and the Banshees, the Clash, the Cure, Bérurier noir, Christophe, Bashung…) que des mouvements picturaux si ce n’est le collectif Bazooka, qui réalisait des fanzines de punk à la fin des années 70 avec de nombreux collages. « Dans le mouvement punk, l’image était aussi important que la musique, avec un graphisme hyper travaillé. J’ai un regard admiratif sur ce mouvement sans être avec un drapeau anarchiste dans la rue, au même titre que je suis admiratif des nappes de synthé de Depeche Mode qui ne revendique rien du tout. » Pas de No Future alors ? Jetant un regard à sa fille de 6 mois, Ferni précise : « Je peux pas dire no future devant elle. Quand on me parle de révolution, j’ai du mal à me projeter. Adolescent, je me disais révolutionnaire assis derrière mon bureau ». Sa seule « revendication » pour le moment ? Une immense façade à peindre à Mulhouse, lui qui place outils et usines dans ses dessins : « J’adore cette ville. Quand j’étais plus jeune, tout le monde rêvait de partir à Strasbourg parce que Mulhouse était soi-disant pourri : j’ai jamais compris. J’adore le microcosme d’artistes ici qui est énorme. Je suis fier d’en faire partie, pourtant je suis loin d’être patriote dans la vie ».

Des goûts et des couleurs

En boucle sur votre Ipod ?
Hypernuit de Bertrand Belin

Votre livre de chevet ?
Un jeu de billard sur Ipad ? Je ne lis pas.

Un spectacle à ne pas manquer ?
Le concert de Manson’s Child avec des instruments de musique pour enfant à la Vitrine.

Une personnalité que vous admirez ?
Poupous du resto Le P’tit Marché quai de la Cloche. Quand tu vas manger chez lui, tu vis le repas.

Un endroit où vous sentez bien ?
Dans les bras de Lou, ma compagne et Macha, ma fille.

Votre bar ou resto préféré dans le coin ?
Le Gambrinus, en tant qu’ex copain des Copains d’abord.

Le truc que vous appréciez chez les autres ?
La générosité

Le truc qui vous énerve chez les autres ?
L’ultra égocentrisme, même si on est tous égoïste à notre échelle.

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