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Siboy, le rappeur mulhousien qui cartonne

        

Siboy est l’un des phénomènes rap de l’année. L’artiste mulhousien, adoubé par Booba, sera en concert au grillen le 9 février.

Siboy a été repéré et signé sur le label de Booba © Sandrine Bavard Siboy a été repéré et signé sur le label de Booba

Il a signé un des cartons de l’été : Mobali, en featuring avec Benash et Damso, certifié single de diamant avec plus de 35 millions d’unités vendues (physique / download / streaming). « C’est beau », commente Siboy, le rappeur mulhousien, qui ne semble pas mesurer l’ampleur de son succès.

Siboy, c’est ce rappeur cagoulé, grillz en avant, qui cultive un univers visuel très sombre et qui pourrait faire peur dans les chaumières. Il s’en amuse : « Au début, certains pensaient qu’ils allaient me croiser dans la rue avec une hache. Maintenant, ils ont compris que c’est juste de l’art. »

Loin de l’image du boucher sanguinaire de ses clips (« Eliminé »), Siboy tient plus du doux agneau en interview, « mais peut-être que je veux donner la meilleure image de moi-même », lâche-t-il comme pour mieux brouiller les pistes.

La cagoule pour l'anonymat

La cagoule, c’est d’abord pour préserver son anonymat : « J’arriverais pas à assumer qu’on m’arrête à chaque coin de rue. Je suis une personne discrète, j’aime pas me montrer, j’ai toujours été à l’écart. Je ne sais pas si je pourrais faire ce que je fais sans la cagoule. »

Cagoulé, le jeune homme de 26 ans devient un personnage, « même s’il y a un peu de ma folie dans Siboy » : « C’est comme si je chantais tout seul dans ma salle de bain, je m’en fous, je me lâche. Il y a beaucoup de dérision quand même là-dedans », souligne-t-il. La preuve avec sa punchline du jour : « J’ai plus de cagoules que d’amis ! ».

Le rap? « Un sac de frappe »

Un peu déconnecté du monde, Siboy n’entre dans aucun moule. Né à Brazzaville en 1991, Siboy a sept ans quand il fuit les atrocités de la guerre et débarque en France avec ses parents, baladé d’hôtels en foyers, jusqu’au jour où il atterit à Mulhouse où il trouve enfin un peu de stabilité.

A l’époque, Siboy écoute peu de rap français, mais beaucoup de trap d’Atlanta et de rap américain (Lil Wayne, Outkast,2Pac…). Il balance quelques clips sur le web et attire vite l’attention avec son rap hardcore.

Siboy vient « vidanger » sa haine pour reprendre une de ses expressions et s’explique : « Je ne m’énerve pas souvent dans la vie, donc je m’énerve dans mon rap : c’est comme un sac de frappe. »

Booba, le roi du rap en France, le repère et le signe sur son label, 92i, en 2015 : « C’est une chance et une fierté. Le fait qu’une personne aussi connue et avec autant de talents que Booba me repère, ça m’a fait poser plein de questions, surtout que je suis plus un beatmaker à la base, j’ai fait du rap sur un coup de tête.
Ça me donne envie de travailler plus dur, de devenir plus professionnel ».

Sexe, drogue et...rap

Son premier album, Spécial, sorti l’été dernier tourne autour d’une trinité : sexe, drogue et rap. « Ca résume un peu la vie, non ?, lâche-t-il dans un grand éclat de rire. Ca parle du sexe, de la drogue mais aussi de la guerre, de mon vécu. »

Ces évocations de la guerre tombent comme des obus, frappant quand on ne s’y attend pas : « C’est ma manière d’écrire, avec des flashes par ci par là », explique le rappeur, spontané et intuitif.

Ce qui frappe aussi chez Siboy, c’est le poids de l’image, très cinématographique, mélange d’effroi et de bizarreries, dans des clips à plusieurs millions de vues. « Je m’investis autant dans les clips que dans le son. J’ai toujours une histoire en tête et je sais ce que je veux à 70%, puis le réalisateur apporte sa créativité », déclare le fan de séries, de comics et de films d’horreur.

Avec ses petits préférences (« J’aime bien Batman, mais pas Superman, il met trop en valeur son slip ») et ses petites contradictions (« J’aime pas beaucoup les comédies : quand c’est fait exprès pour rire, ça ne me fait pas rire. Par contre, les films d’horreur me font rire : quand un comédien joue super bien une scène, je me dis bien joué »).

Avec le succès, sa vie a-t-elle radicalement changé ? Pas vraiment. Siboy vit encore à Mulhouse même s’il va prochainement déménager. « Je vois mieux le futur. Je commence à penser à acheter une maison, à faire des choses plus conformistes. J’pensais même pas qu’un jour j’aurais assez d’sous pour m’acheter une maison », dit celui qui vivait avant de job d’intérimaires à la journée.

Aujourd’hui, il planche déjà sur son second album, conscient qu’il a « encore des choses à prouver » : « J’explore de nouveaux horizons, des sons plus doux. Je vais faire de la variét’ cagoule », prétend - toujours dans un grand éclat de rire - ce fan d’Alain Souchon.

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