Théâtre Poche Ruelle à Mulhouse | Mulhouse
Paulette Schlegel a créé le théâtre de Poche dans les années 50 et jouait dans différents lieux de la ville, puis la mairie de Mulhouse a érigé cette salle en 1972, un Algeco amélioré qui devait être provisoire, et qui tient encore debout aujourd’hui. Elle était également à la tête de la classe d’art dramatique du conservatoire de Mulhouse, et le Poche lui permettait de faire jouer ses élèves sur une scène. Elle est décédée en 1992 et la mairie m’a demandé de reprendre le flambeau au conservatoire. Puis en 1998, le théâtre de Ruelle que je dirigeais avait une équipe, mais pas de lieu ; le théâtre de Poche avait un lieu, mais pas d’équipe stable, j’ai donc proposé que l’on fusionne pour devenir le Poche-Ruelle.
© Sandrine Bavard
Les acteurs du Poche-Ruelle dans le spectacle Le Tourniquet joué lors de la saison 2011-2012
Oui, c’était déjà une institution avant la fusion, mais le Poche était 100% amateur. Quand on a fusionné, j’ai voulu le professionnaliser, mais j’ai été freiné par le manque de subsides. On a aujourd’hui un système hybride, avec des intermittents du spectacle pour le côté technique qui sont rémunérés, et des comédiens qui sont entièrement bénévoles. Et vous savez, quand vous passez 10 mois par an, tous les soirs, sur le plateau, il faut avoir de la passion, de l’enthousiaste, voire de la folie. Leur investissement est énorme. Ce que je peux dire fièrement aujourd’hui, c’est que la fusion a pérennisé le travail de Paulette Schelgel, et est même allée au-delà. Le Poche-Ruelle a aujourd’hui un public qui vient de Mulhouse et son agglomération, et même de Suisse ou d’Allemagne. Nous accueillons entre 7 à 10 000 personnes par an.
Oui, le public revient. On ne pourrait faire que du Molière ou du Feydeau et triplé ou quadruplé notre fréquentation, mais une fois sur deux ou sur trois, on s’embarque dans des choses difficiles ( L’ Affaire Dreyfus, Gueules d’automne, Hedda Gabler...) et le public suit. En 15 ans, nous avons fait 25 créations ! Le public me dit : quand on entre dans ce lieu, il se passe quelque chose. C’est l’émanation de notre enthousiasme à tous, et on aimerait que ce soit davantage reconnu. Car on a crée ce théâtre avec des gens du coin, pour les gens du coin, et l’on participe à la vie de la cité.
Le programme n’est pas encore définitif. Il y aura une réception officielle avec les élus, une manifestation artistique avec des artistes passés par le Poche-Ruelle qui viendront raconter leurs anecdotes comme Pierre Guiral. Si j’arrive a réunir assez d’éléments, on montera une exposition de photos et films sur l’histoire du lieu. Enfin, j’aimerais également laisser le plateau, avec mise à disposition des décors, de la lumière, pour une journée à des Mulhousiens qui ont envie d’exprimer leurs talents.
Nous aurons une seule grosse production, mais avec presque 40 représentations à partir du 11 janvier. C’est effectivement une adaptation très libre de La Puce à l’Oreille de Feydeau car je vais ajouter des personnages, modifier la scénographie, sinon je ne vois pas trop l’intérêt de monter un Feydeau aujourd’hui… Ce sera une version un peu déjantée, un peu folle, avec 35 personnes mobilisés sur ce projet, 24 rôles dont pas mal de comédiens que j’aborde pour la première fois.
☛ Propos recueillis par Sandrine Bavard
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