Du 18/01/2024 au 09/03/2024
Galerie Robet Dantec, 36 Rue Voltaire | Nantes
Gratuit
Vernissage le jeudi 18 janvier 2024 de 18h à 21h
Pour la première exposition de l’année 2024, la Galerie Robet Dantec a réuni sept artistes autour de la question de l’abstraction. Comment, en effet, parler aujourd’hui d’art abstrait quand cette dénomination nous renvoie au XXe siècle ? L’art abstrait semble pourtant, parmi la jeune génération d’artistes, faire son grand retour, au même titre que la peinture figurative qui connaît depuis quelques années une réappropriation des codes des grands maîtres classiques. L’exposition présentée à la galerie Robet Dantec présente ainsi des travaux d’artistes, essentiellement sur papier, symptomatiques d’une volonté de se saisir de l’abstraction au XXIe siècle, en la réinventant. Certaines œuvres relèvent de l’art concret, d’autres sont foncièrement lyriques. Les couleurs, les lignes, les matières jouent les codes de l’abstraction à travers différentes techniques : aquarelle, tempéra, acrylique, impression textile, voire volume. Parfois même apparaît une forme que l’on croit identifier, une paréidolie…
Gaël Darras
À partir du motif de la brique, unité inlassablement répétée, Gaël Darras construit à
l’aquarelle des espaces architecturés au style minimaliste. Ses bâtiments, désinvestis
de toute fonctionnalité, sont dénués de contextualisation spatiale et de marqueur
temporel précis - ils nous portent vers une antiquité lointaine autant qu’ils évoquent
nos maçonneries contemporaines. Ils flottent dans la blancheur matricielle du papier
dont des pans sont laissés vierges, tels des volumes virtuels, des mirages. Ces
constructions ne s’habitent pas, ne se pénètrent pas. Ils montrent autant qu’ils
dissimulent, poussent le regard à chercher au-delà. Leurs frontières nous renvoient à
notre intimité, tels des « temples intérieurs » dont la porte d’entrée est gardée secrète.
Ilhem Ellouze
La démarche d'Ilhem Ellouze a pour point de départ les traditions artistiques de
sa culture arabo-musulmane tout en intégrant l'esprit de l'art contemporain
occidental. La répétition et l'accumulation de ses « modules » ne remplissent pas
une fonction décorative mais recherchent l'efficacité du concept : la
représentation de l'individu au sein de la foule humaine.
Pictural ou sculptural, son travail se présente comme une accumulation de
signes qui saturent l'espace. Les modules qui se répètent sont eux-mêmes
des archétypes : ils symbolisent en la simplifiant et la schématisant la forme
humaine, ils renvoient à l'homme.
Bastien Faudon
Bastien Faudon entretient avec le dessin qu’il utilise comme médium de
prédilection, une relation singulière et multiple. Dessins de chercheurs
scientifiques, dessins préparatoires, cartographies destinées au voyage ou à
l’exploration prennent part à des dispositifs qui questionnent la nature même des
documents et le statut du dessin dans l’espace d’exposition [...]. En s’inspirant de
la construction des documentaires animaliers qu’il détourne, il fait coexister
science et art pour questionner la relation que nous entretenons à
l’environnement, passant sans cesse de l’infiniment grand à l’infiniment petit et
interroge ainsi la place de l’homme et sa représentation.
Aurélien Finance
Théâtralisé, le travail d’Aurélien Finance se construit autour d’histoires
absurdes inventées, inspirées du réel, des mythes ou des contes. Qu’il
s’agisse de performances dans lesquelles il se met en scène, ou bien de
créations aux formes colorées, ses œuvres détournent l’univers textile par
la déconstruction des codes traditionnels. Il pratique des savoir-faire
ancestraux pour en expérimenter les limites dans une approche ludique
empreinte d’humour et de poésie. La broderie, le crochet, le tricot
l’intéresse pour leur aspect performatif, répétitif et cathartique. Ces
créations deviennent alors des objets transitionnels desquels naissent
des personnages imaginaires, des êtres organiques, des excroissances
rescapées d’une mémoire oubliée... Sa dyslexique (désorientation de
l’écriture ordonnée) s’affiche dans son travail comme un atout. Elle ouvre une pensée par l’image qui trouve
son sens dans sa globalité.
Juliette Jouannais
Juliette Jouannais sculpte la couleur. C’est ainsi que le journaliste et critique
d’art Harry Bellet titrait son article paru dans Le Monde en 2020, à l’occasion de
l’exposition personnelle de l’artiste à la Fondation Fernet Branca (Saint-Louis).
Et en effet, les papiers délicatement découpés en dentelle, épinglés en volutes
sur le mur ou sur le fond du cadre, se font oublier au profit de la couleur qui
contamine par réflexion les surfaces blanches. La mise en forme est une
opération si délicate que l’artiste ne laisse personne le faire à sa place. « Allant
du plan au volume, ses reliefs serpentent dans un mouvement gracile où le
trait se marie à la forme et au plan pour faire surgir un ressenti du monde qui
en serait l’éblouissement à la lumière de la vision. » (Philippe Cyroulnik,
critique d’art).
Arthur Lambert
Arthur Lambert met en lumière des états transformés de la nature et de l'être.
Dans une incessante quête qui convoque tour à tour la pensée et la matière, il
invite chacun à un voyage fantastique au sein de son language codé et secret.
Peintre ayant collaboré avec l'artiste écossais Richard Wright (Prix Turner 2009),
il reporte progressivement son attention sur l'aquarelle et sur la disparition/
dissolution de la figure humaine. De la peinture, il en retient le goût pour la
couleur, la vibration des lignes et des formes, faisant intervenir de plus en plus
la dimension abstraite et optique de ses oeuvres. L'usage du papier lui permet
d'affirmer la matérialité du dessin en permutant, de temps en temps, les
différentes techniques et supports : gouache, feuille d'or, peinture sur
photographie, papier japonais.
Isabelle Vorle
Dans ses dessins à l’aquarelle et à l’encre, Isabelle Vorle expérimente comme le
ferait une chercheuse de laboratoire. Elle dispose la flaque sur le papier, ajoute ici
et là la couleur, dosée au plus juste. Il lui arrive parfois de manipuler le papier, de le
soulever pour donner forme au dessin liquide, dans un processus qui a plus à voir
avec la recherche haptique que visuelle. Sa série des Agates a notamment été
réalisée sur des feuilles de pierre, un papier sans fibre végétale, uniquement
composé de poudre minérale. Extrêmement lisse, il permet au dessin à l’aquarelle
de glisser et, une fois séché, évoque un voile de couleur traversé par la lumière.
Isabelle Vorle réalise également des films expérimentaux. Son dernier film, « Stone
Eve » (2020) a été primé dans de nombreux festivals internationaux.
Photo : Arthur Lambert, "Sans titre" (2022). Tempéra et dorure sur toile, 110x140cm
Où :
Galerie Robet Dantec, 36 Rue Voltaire 44000 Nantes
Contacts :
+33 9 67 39 57 39
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Gaël Darras, Ilhem Ellouze, Bastien Faudon, Aurélien Finance, Juliette Jouannais, Arthur Lambert, Isabelle Vorle
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