Rencontre et débats sur les poétiques-politiques des femmes afro-diasporiques.
© © Sara de Oliveira
Sentir, penser, agir
Découvrez la richesse des travaux artistiques et scientifiques réalisés par les femmes de la diaspora africaine à travers une rencontre croisant recherche, enseignement et création artistique.
La FMSH accueille une rencontre consacrée à la mise en valeur des réalisations artistiques et scientifiques des femmes de la diaspora africaine. Organisée par Luana Antunes Costa, lauréate 2025 du programme DEA, la rencontre réunira chercheur·e·s, enseignant·e·s, ainsi que des artistes, invité·e·s à dialoguer à partir de la présentation et de la diffusion de recherches et d’œuvres actuelles en sciences humaines et en arts. Ces échanges seront consacrés à la production scientifique et artistique des femmes africaines et des créatrices des territoires de la diaspora.
Sentir-penser-agir a été une stratégie de lutte, d’affirmation et de maintien de la vie, présente dans les territoires latino-américains. Il s’agit d’une manière d’affirmer la relation politique et symbiotique entre le corps-territoire, le corps des femmes, le corps psychique et émotionnel de chaque sujet qui habite — et est habité par — la Terre. Cette notion est au cœur des luttes menées par les féminismes communautaires, les féminismes noirs, ainsi que par d’autres mouvements sociaux de femmes et leurs communautés contre la colonialité, le néocolonialisme, le capitalisme, le racisme, le patriarcat et d’autres systèmes hégémoniques et prédateurs des peuples d’Abya Yala/Améfrica Ladina (Gonzalez, 1989).
Le concept de sentipenser a été proposé par le sociologue colombien Orlando Fals-Borda (2009) et place au cœur de la théorie critique et sociologique une vision du monde ancrée dans les savoirs populaires, selon laquelle émotion et raison coexistent comme axes fondateurs des significations du monde. En dialogue avec le sentipenser, nous faisons entrer dans l’arène du débat la pensée d’Awa Thiam, anthropologue et féministe sénégalaise, en prenant l’acte d’écoute de l’énonciation des femmes africaines comme méthode radicale en faveur de la vie des femmes et de leurs communautés, alliant la pratique théorique à l’action : « rendre la parole agissante ».
Porté par cette dynamique, ainsi que par d’autres propositions alternatives de production de futurs et de transformation de la réalité sociale, l’événement « Sentir-penser-agir : rencontre et débats sur les poétiques-politiques des femmes afro-diasporiques » vise à créer un espace de dialogue entre chercheur·e·s, enseignant·e·s, artistes de différentes géographies et le public, à partir de la présentation et de la diffusion de recherches et d’œuvres actuelles en sciences humaines et en arts, consacrées à la production scientifique et artistique des femmes noires, africaines, créatrices des territoires de la diaspora.
L’événement est lié aux recherches menées par la professeure et militante du féminisme noir brésilien, Luana Antunes Costa, dans le cadre du programme « Directeurs d’études associés » (DEA, 2025), dont l’un des objectifs est de favoriser la circulation des idées des intellectuelles afro-diasporiques, en mettant en lumière leurs propositions artistiques et théoriques, et leurs contributions à la promotion de la justice sociale à l’échelle mondiale.
Les intervenant·e·s
- Luana Antunes Costa : professeure à l’Institut de Langages et Littératures de l’Université de l’Intégration internationale de la lusophonie afro-brésilienne (UNILAB/CE) au Brésil depuis 2016, et militante du mouvement féministe noir brésilien. Elle est membre fondatrice du groupe de recherche « Écriture du corps féminin » (UFRJ/2015) et chercheuse au projet de recherche en réseau « Intellectuelles africaines : contributions conceptuelles de Dina Salustino, Paulina Chiziane et Akwaeke Emezi » (CNPq/UNILAB). Titulaire d’un doctorat en études comparées de l’Université de São Paulo (2014), elle a également réalisé deux postdoctorats, l’un au CRIMIC, à Sorbonne Université (2021-2022), et l’autre en littératures lusophones comparées à l’Université fédérale de Rio de Janeiro (2015). Actuellement, invitée par la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH) comme directrice d’études associée, Luana Antunes y développe ses recherches sur « Créolisation, créolités et autres camouflages chez les écrivaines afro-diasporiques — une recherche en études comparées (Martinique et îles du Cap-Vert) » au Laboratoire « Les Afriques dans le monde » (Sciences Po Bordeaux). Elle est également professeure invitée à Sciences Po Bordeaux et responsable du cours « Épistémologies du Black Feminism nord-américain et du Feminismo negro-brasileiro » (2025-2026).
- Maria Araujo da Silva : professeure des universités en études lusophones à Sorbonne Université depuis 2006. Titulaire d’une thèse de doctorat sur Maria Ondina Braga, elle travaille sur la littérature portugaise contemporaine et s’intéresse tout particulièrement à l’écriture des femmes, aux questions de genre, à la poétique et aux politiques du corps. Membre du CRIMIC de Sorbonne Université, elle a codirigé, entre autres, les volumes Femmes oubliées dans les arts et les lettres au Portugal — XIXe-XXe siècles (2016), Poétiques et politiques du corps dans les aires lusophones (2021) et Artistes et intellectuelles en France. Itinéraires multiples (2023). Sa monographie, À corps et à cri. Le féminin dans la littérature portugaise de l’extrême contemporain, a été publiée en 2025.
- Maria Teresa Salgado : professeure des universités en littératures africaines à la Faculté des lettres de l’Université fédérale de Rio de Janeiro. Titulaire d’un master en littérature brésilienne de l’UFRJ et d’un doctorat en littératures africaines de la PUC-Rio, elle a mené les projets de postdoctorat suivants : en 1999, une recherche sur les images du rire dans les littératures africaines à l’UFF ; en 2015, une étude des images de la quête du bonheur dans les littératures de langue portugaise à la Sorbonne ; en 2020, une recherche consacrée à l’œuvre de Leda Rios, écrivaine afro-brésilienne réduite au silence durant la Belle Époque, à l’Université d’Orléans. Parallèlement, depuis 2020, elle travaille sur la thématique de la souffrance psychique dans l’auctorialité féminine de langue portugaise (Brésil–Afrique). Elle coordonne le groupe de recherche « Écritures du corps féminin » à l’UFRJ. Actuellement, elle prépare l’édition de l’œuvre de Leda Rios en vue de sa publication.
- Sylvère Mbondobari : professeur des universités en littérature francophone à l’Université Bordeaux Montaigne. Sa formation porte sur les études de germanistique interculturelle, de romanistique, de littérature comparée et de sciences politiques à l’Université de Bayreuth (Allemagne). Il est docteur en lettres et en philosophie, options littératures romanes et comparées, et a obtenu son habilitation (HDR) à l’Université de la Sarre en Allemagne (venia legendi en littérature générale et comparée). De 2004 à 2020, il a occupé les postes d’assistant, de maître-assistant et de maître de conférences en littérature générale et comparée et en littérature allemande à l’Université Omar Bongo de Libreville (Gabon). Il a également été professeur invité (DAAD) à la Chaire d’études culturelles romanes et de communication interculturelle de l’Université de la Sarre en Allemagne (2010, 2015-2016, 2018), ancien boursier de la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG : 2002-2003) et de la Fondation Alexander von Humboldt (2008-2010, 2013, 2017, 2021). Membre de l’APELA, ses domaines de recherche recouvrent notamment la littérature et la culture coloniales, la littérature de voyage, les littératures et cultures africaines francophones, les littératures et théories postcoloniales, les études culturelles et diasporiques, le roman policier francophone géocritique, ainsi que les transferts culturels.
- Jules Falquet : professeure des universités en philosophie et membre du Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie (LLCP), à l’Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis. Elle a vécu au Mexique et au Salvador et travaille, dans une perspective féministe et d’imbrication des rapports sociaux, sur la résistance à la mondialisation de différents mouvements sociaux latino-américains et des Caraïbes et sur les épistémologies féministes matérialistes francophones et décoloniales d’Abya Yala. Parmi ses derniers ouvrages personnels : La Combinatoire straight. Colonisation, violences sexuelles et Bâtard·es du capital, Paris : Amsterdam (2025) ; Imbrication, femmes, race et classe dans les mouvements sociaux, Paris : Le Croquant (2023) ; Pax neoliberalia. Perspectives féministes sur (la réorganisation de) la violence, Paris : Éditions iXe (2016).
- Marina Pereira de Almeida Mello : historienne et professeure à l’Université fédérale de São Paulo (UNIFESP), où elle enseigne au programme de troisième cycle, cours Enseignement en histoire. Elle est titulaire d’un doctorat en anthropologie et d’un postdoctorat en postcolonialismes et citoyenneté globale au CES/Université de Coimbra. Ses recherches portent sur l’histoire sociale de l’après-abolition, la presse noire, les relations ethno-raciales, le genre et les féminismes noirs, avec un accent sur les expériences et vocalités des femmes noires au Brésil. Elle développe des travaux articulant histoire, anthropologie, décolonialité et critique des régimes de production des archives. Elle est autrice d’ouvrages, d’articles scientifiques et participe à la formation des enseignant·es en éducation antiraciste au Brésil.
- Vivian Braga dos Santos : attachée temporaire d’enseignement et de recherche au Département Arts de l’Université de Lille. Après une thèse en histoire et théorie de l’art soutenue en 2018 à l’Universidade de São Paulo sur la « fonction historienne » de l’œuvre d’art, établissant entre l’artiste, sa pratique et les conflits politiques de son temps un nouveau rapport permettant de dépasser les limites du modèle de l’artiste-témoin, elle a été pensionnaire à l’INHA de 2019 à 2024. Elle y a mené, entre autres, le projet « Performativités noires », dont l’enquête portait sur les rapports entre la représentation des sujets noirs dans les cultures visuelles contemporaines et l’auto-inscription de leur corps comme matériau de travail dans l’art de la performance. Actuellement, elle se consacre à une recherche sur les enjeux des conflits autour des questions raciales et de l’art contemporain, notamment sur la scène artistique brésilienne, à partir de deux axes principaux : l’archive et la performance.
- Caroline Leal : indigéniste et féministe, docteure en anthropologie. Elle est professeure à l’Université fédérale de Pernambuco (Brésil), au sein de la Licence interculturelle amérindienne (Campus Agreste), ainsi que du programme de troisième cycle en anthropologie. Elle mène des recherches auprès des peuples autochtones et des communautés quilombolas autour des thématiques des droits territoriaux, du droit à une éducation interculturelle — de base et supérieure — et des relations de genre. Elle est chercheuse au Centre d’études et de recherches sur l’ethnicité (NEPE/UFPE) et au Groupe d’études avec les peuples amérindiens et les peuples traditionnels (GEPI/UNILAB).
Public : adultes.
Accessible aux personnes à mobilité réduite.
Cet événement a été renseigné par un organisme institutionnel. Date de dernière mise à jour le 21/01/2026.