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Jérôme Meyer, le jeune artiste du vignoble

        
Jérôme Meyer, 32 ans, passionné par l\'art de faire du bon vin © Mike Obri Jérôme Meyer, 32 ans, passionné par l'art de faire du bon vin

En Alsace, qui dit mois de septembre dit forcément... vendanges. Comme à notre habitude, nous allons vous dresser le portrait d'un amoureux de son métier, qui parle du vin qu'il produit comme il parlerait de la femme qu'il aime. Jérôme Meyer n'a que 32 ans, mais dans ses veines coulent 300 années d'histoire, de terroir et d'amour du grand vin. Par Mike Obri

Le domaine Meyer, à Blienschwiller, sur l'incontournable Route des Vins d'Alsace, se transmet de père en fils depuis 1708. Près de sept hectares de vignes, réparties sur un périmètre de 10 kilomètres. En 1995, un événement tragique se produit lorsque Jérôme Meyer n'a que 15 ans. Vincent, son papa, décède. Sans avoir pu entièrement lui transmettre les gestes, les réflexes, le savoir-faire du vigneron. Bien sûr, à l'époque, Jérôme est encore bien trop jeune pour reprendre le domaine. « A cet âge-là, je voulais plutôt travailler dans la mécanique », explique Jérôme Meyer. « Quand on n'est qu'un ado, on va bien souvent à l'encontre de l'autorité parentale. Avant son décès, mon père souhaitait que je devienne vigneron comme lui, mais plus il me le répétait, plus je voulais faire autre chose ».

Un rêve, une fierté

Le temps passe. Quelques années plus tard, la destinée de Jérôme Meyer bascule lorsqu'il décide de se lancer dans des études d'oenologie, après avoir obtenu un diplôme dans la gestion et la comptabilité. Comme une piqûre qu'on ne peut s'empêcher de gratter. La viticulture s'impose à lui. Devient une évidence. En 2004, il arrive 2ème au concours de jeunes dégustateurs d’Alsace.

« Reprendre le domaine, c'était devenu mon objectif, mon rêve. J'ai pris le taureau par les cornes, et je me suis lancé seul dans l'aventure, en 2006, sous mon propre nom. Je suis parti de zéro, j'ai dû investir des sommes très importantes pour m'équiper. Je me suis toujours fixé cette règle de rester petit, de travailler seul, de tout faire de A à Z. Pour être certain de la qualité de mon vin. Et aussi parce que je n'avais pas vraiment le choix, je ne pouvais pas me permettre d'embaucher quelqu'un d'autre », détaille-t-il, en toute franchise. Un courage exemplaire, car se lancer en tant que jeune vigneron n'est vraiment pas chose facile. Aujourd'hui encore, il avoue travailler sans relâche, au moins 70 heures par semaine.

"La moyenne d'âge des viticulteurs alsaciens est de 50 ans. Et où est la relève ?"

 « Dans les années 80, il y avait cette idée d'oppulence. Quand on était vigneron, on était forcément riche. Ce n'était pas complètement faux. Je me souviens que mon père roulait en Range Rover, moi, j'ai une Nissan d'occasion ! », plaisante Jérôme Meyer. « La moyenne d'âge des viticulteurs alsaciens est de plus de 50 ans. Cela veut bien dire que la relève tarde à arriver. Il y a des raisons. Déjà, les Français consomment moins de vin qu'il y a 20 ans. Le marché intérieur, à volume égal produit, ne suffit plus pour vivre. A l'époque, les Allemands s'arrêtaient et remplissaient le coffre de leur voiture avec vos bouteilles. Ca n'existe plus. Il faut dorénavant se tourner vers l'export, et vendre aux coopératives ou aux poids lourds du marché, qui ont toujours besoin de volume. Et le travail est dur. En m'y lançant, je ne pensais pas que ça serait aussi difficile ».

Notre jeune vigneron ne mégote pas avec les détails. En résulte des vins authentiques, d'une grande qualité, tout en élégance, qui lui permettent d'envisager l'avenir sereinement. Le Riesling est évidemment le roi des cépages alsaciens, et c'est ce qu'il vend le plus. Il confirme que son Riesling Grand Cru Winzenberg est le nectar dont il est le plus fier. Rond, gastronomique et plein de finesse. A louanger également, son Pinot Noir cuvée Tom le Rouge - du nom de son aîné - un grand rouge surprenant, aux accents bien alsaciens. Et notre petit préféré, le Secret de Pinot Gris, moelleux, liquoreux, une sorte de sirop envoûtant, au secret de fabrication jalousement gardé par Jérôme Meyer.

 

... Comment le raisin devient-il vin ?

Cette année, les vendanges démarreront autour du 20 septembre pour le crémant, et un peu plus tard pour les autres cépages. Un retard de maturation, dû notamment à la fraîcheur du printemps. Une fois la cueillette effectuée, les grappes partent au pressoir (opération qui dure 4h pour les vins classiques, plus de 8h pour les vendages tardives). Pour les vins blancs, le résultat de la pressure part en cuve, et est refroidi à 6° pour tasser le sédiment. C'est le débourbage.

Puis c'est l'étape essentielle de la fermentation, où les sucres contenus dans le raisin se transforment naturellement en alcool. Chez Jérôme Meyer, la fermentation dure 4 semaines dans ses foudres (grands fûts de bois). Une fois les 4 semaines de fermentation écoulée, on mélange la lie (les levures mortes) au vin, et on laisse le résultat reposer 6 mois sur de la lie fine (cela donnera au vin son aspect "gras"). La mise en bouteille n'arrive donc que 6 mois plus tard. Jérôme Meyer prévoit un très bon millésime 2013, car la récolte sera 20% plus faible qu'à la normale, ce qui signifie des raisins plus sucrés, donc chargés en arômes.

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