1 771 cas de LGBTIphobies recensés en France en 2025 : le rapport alarmant de SOS homophobie révèle une hausse inquiétante des violences et discriminations

SOS homophobie publie la 30e édition de son rapport annuel sur les LGBTIphobies, couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2025. Ce bilan, fondé sur 1 541 témoignages recueillis en France via les canaux d'écoute de l'association, recense 1 771 cas de LGBTIphobies sur le territoire national, en hausse par rapport à 2024. Julia Torlet, présidente et porte-parole de l'association, présente cette édition anniversaire.

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1 771 cas de LGBTIphobies recensés en France : le bilan alarmant de SOS homophobie pour 2025

Depuis sa création il y a trente ans, SOS homophobie documente chaque année les violences et discriminations subies par les personnes LGBTI en France. Cette 30e édition du rapport, dont la première parution remontait à 1997, s'appuie sur des témoignages collectés via un formulaire en ligne, une ligne d'écoute téléphonique et un service de chat, complétés par le suivi de l'actualité, l'analyse des médias et l'expertise des commissions internes de l'association. La méthode de décompte, révisée en 2024, considère désormais chaque situation comme un cas unique et distinct.

En 2025, 1 771 cas de LGBTIphobies ont été recensés sur le territoire national, en hausse par rapport à l'année précédente. La gayphobie représente la part la plus importante avec 992 cas (56 %), suivie de la transphobie avec 479 cas (27 %) et de la lesbophobie avec 258 cas (15 %). La biphobie et la panphobie comptabilisent 50 cas, tandis que l'intersexophobie, introduite dans un chapitre dédié à partir de cette édition, recense 15 cas, un chiffre reconnu comme sous-estimé en raison de l'invisibilisation de cette réalité. Les discriminations et violences anti-LGBTI touchent toutes les catégories d'âge et se manifestent dans des contextes très variés à l'échelle de la France.

Les principales manifestations recensées dans ce rapport, toutes catégories confondues, sont le rejet et l'ignorance (42 %), les insultes (36 %) et le harcèlement (17 %). Les hommes cisgenres représentent 50 % des personnes ayant témoigné, les femmes 26 %, les personnes non binaires et les hommes trans 4 % chacun. Par ailleurs, 534 situations, soit 30 % des cas, impliquent des discriminations croisées, notamment liées aux stéréotypes de genre (29 %), à la précarité (23 %) ou au handicap (21 %). En France comme dans d'autres pays, ces données illustrent la persistance d'un phénomène profondément ancré dans de nombreux milieux de vie.

Des contextes préoccupants : famille, espace public, numérique et mal-être

Le contexte du mal de vivre constitue, en nombre absolu, le premier champ d'analyse du rapport avec 399 cas recensés, soit une hausse de 33 % par rapport à 2024. Ce phénomène touche particulièrement les jeunes de moins de 24 ans (19 % des cas) et trouve souvent son origine dans le milieu scolaire (40 %) ou dans la famille et l'entourage proche (25 %). Les séquelles psychologiques sont signalées dans 42 % de ces situations, et la solitude ou l'isolement dans 30 % des cas. Les hommes cisgenres représentent 60 % des personnes concernées, et les femmes trans 15 %.

Dans les lieux publics (221 cas, soit 13 % des cas), les insultes sont présentes dans deux tiers des situations et les agressions physiques dans un cas sur trois. Les agresseurs sont des hommes seuls ou en groupes non mixtes dans 66 % des cas. Du côté de la haine en ligne (186 cas), TikTok (19 %), Facebook (17 %) et Instagram (15 %) sont les principales plateformes concernées. Les hommes gays et les personnes trans y sont ciblés dans près d'un tiers des cas. SOS homophobie a d'ailleurs décidé de quitter le réseau social X début 2025, dénonçant les conditions d'utilisation de la plateforme. Par ailleurs, le changement des règles de modération de Meta en début d'année 2025 a permis la diffusion de contenus assimilant les personnes trans à des malades mentaux, ce qui a conduit quatre associations à déposer plainte contre le groupe début 2026.

Le milieu familial reste un espace de vulnérabilité significatif : 176 cas y ont été recensés, dont 75 % comportaient une forme de rejet. Les parents sont mis en cause dans 50 % de ces situations. Les mineurs y sont surreprésentés, représentant 18 % des cas du chapitre contre 7 % en moyenne générale. Du côté du travail (128 cas), les collègues (63 %) et les supérieurs hiérarchiques (49 %) sont les principaux agresseurs identifiés. Dans le secteur de la santé (59 cas), la transphobie représente près de la moitié des situations, et le rejet ou l'ignorance de la part des professionnels en constitue la manifestation principale (71 %). À titre d'illustration, 85 % des endocrinologues contactés par l'association Fransgenre en 2025 déclaraient refuser de prendre en charge des personnes trans.

Faits marquants et contexte politique autour du rapport 2026

L'année 2025 a été marquée par plusieurs événements particulièrement graves. Le 1er septembre 2025, Caroline Grandjean-Paccoud, directrice d'école dans le Cantal, s'est suicidée après deux ans de harcèlement lesbophobe. L'enquête administrative conduite par l'Éducation nationale a conclu en février 2026 à une « défaillance institutionnelle dans le soutien » apporté à la victime. Ce drame, relayé dans le chapitre consacré à la lesbophobie, illustre les conséquences dramatiques que peuvent avoir l'inaction et l'indifférence institutionnelles.

Sur le plan judiciaire, le tribunal administratif de Paris a condamné l'État français fin 2025 pour n'avoir pas organisé les séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) pourtant prévues par la loi depuis 2001. Cette action avait été portée conjointement par le Planning familial, Sidaction et SOS homophobie. Par ailleurs, Ilies B. a été condamné à 8 ans de prison en décembre 2025 pour avoir piégé quatre hommes gays via Internet, tandis que le site Bounty, anciennement connu sous le nom de Coco.gg et fermé en juin 2024, a rouvert, facilitant à nouveau des guet-apens homophobes.

Le contexte politique vient renforcer les inquiétudes de l'association. En France, seules 21 % des mesures du plan LGBT+ 2023-2026 avaient été mises en œuvre à la date de l'évaluation réalisée par la CNCDH en mars 2026. À l'international, la situation se dégrade également : en 2025, 126 lois antitrans ont été votées dans 29 États américains, et plus de 600 propositions de loi anti-LGBTI étaient recensées aux États-Unis en fin d'année. Le Sénégal a quant à lui voté en mars 2026 une loi doublant les peines pour homosexualité. Face à ces constats, SOS homophobie formule des recommandations précises à destination des pouvoirs publics, notamment la déjudiciarisation du changement de mention de sexe à l'état civil, la fin des mutilations génitales des enfants intersexes, le renforcement des moyens accordés au Défenseur des droits et à la DILCRAH, ainsi qu'une meilleure application de l'EVARS dès la rentrée 2026.

Informations pratiques pour contacter SOS homophobie

SOS homophobie propose plusieurs services d'écoute et d'accompagnement pour les personnes victimes ou témoins de LGBTIphobies. La ligne d'écoute téléphonique est accessible du lundi au jeudi de 18h à 22h, le vendredi de 18h à 20h, le samedi de 14h à 16h et le dimanche de 18h à 20h. Un chat'écoute est également disponible le jeudi de 21h à 22h30 et le dimanche de 18h à 19h30. Une aide en ligne est disponible 24h/24. Un formulaire de témoignage en ligne est accessible en permanence, et un site dédié aux adolescents est également proposé par l'association.

Article rédigé par Marie.
Date de publication : le 12/05/2026.

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