Le cinéma : miroir de la société ou façonneur de comportement ?

Pendant de longs siècles, des générations de parents ont récité à leurs enfants des contes et légendes afin de les préparer à la vie en société. Princesses en attente du valeureux chevalier, méchant loup qui mange les grands-mères... les fables participent toutes à l’élaboration d’un archétype qui façonne nos esprits. Aujourd’hui, c’est le cinéma, la télévision et les jeux vidéos qui prennent le relais. Qu’est-ce qui a réellement changé ?

Finalement, dans le 7ème Art, pas grand chose. Les histoires restent fidèles à de grands principes : le gentil gagne à la fin, car même s’il n’y a plus d’obligation légale de Happy End, rares sont les réalisateurs qui se permettent des entorses au règlement tacite. Bien sûr, nous pouvons être fier de notre cinéma hexagonal qui essaye de raconter des histoires simples et belles mais encore plus de son public qui est prêt à les accueillir et, selon le talent de la mise en scène, de les transformer en immense succès populaire.
Contrairement à Hollywood, nous sommes capables d’éviter le systématisme des scènes de tribunal ou de police dans nos réalisations. Par jeu, je m’amuse dès les premières images à me demander comment le réalisateur américain amènera son héros à s’expliquer devant la justice. Ce passage obligé ne surprend plus guère mais contribue certainement outre-Atlantique à la bonne santé de la corporation des avocats.

De l’influence ?

Entre 1950 et 1954, en pleine guerre froide, le sénateur Joseph McCarthy décidait la création de listes rouges qui étaient censées interdire de tournage les réalisateurs ou les acteurs suspectés de sympathie envers l’U.R.S.S.. Selon lui, le cinéma était un puissant vecteur de propagande. Pour l’anecdote, c’est lors de l’un de ces procès que Robert Mitchum, convoqué devant le jury, répondit : « Vous me demandez de dénoncer des gens, mais moi, je ne parle qu’avec des gars avec qui je bois. Et là, j’ai beau regarder, je n’vois personne avec qui j’aurais plaisir à me saouler ».
Plus récemment, nous étions confrontés au cynisme de Michael Douglas dans Wall Street, et s’il ne peut être rendu responsable des yuppies sans foi ni loi qui allaient dominer les années 80, nous pouvons admettre que ce film les dédouanait allègrement de toute réflexion sur leur responsabilité individuelle. Le vieux débat de l’influence des images sur notre inconscient n’est pas clos. Force est d’admettre que notre perception du requin n’est plus tout à fait la même depuis Spielberg. Les optimistes répondront qu’il n’y a pas davantage de victimes de squales depuis Les Dents de la Mer. Ce à quoi les réalistes répondront : Oui, certes, mais ont-ils tous vu le film ? Par Harty.


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