Du 03/10/2026 au 28/02/2027
Domaine de Chaumont-sur-Loire | Chaumont-sur-Loire
À partir du 3 octobre, le Domaine de Chaumont-sur-Loire consacre à Max Ernst l'exposition De natura, présentée dans le cadre du festival AR(t]CHIPEL. À travers une vingtaine de chefs-d'œuvre issus principalement des collections du Centre Pompidou, mais aussi du Mobilier national et de collections privées, l'exposition explore le rapport singulier qu'entretenait l'artiste avec la nature.
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© Adagp, Paris Crédit photographique : Jean-Claude Planchet - Centre Pompidou, MNAM-CCI Diffusion image : GrandPalaisRmnPhoto. Conception graphique ©
Moins connu du grand public qu'un Salvador Dalí, Max Ernst n'en est pas moins l'une des figures majeures du surréalisme et, plus largement, de l'art du XXe siècle. Peintre, sculpteur et graveur, passé par le dadaïsme avant de rejoindre le mouvement surréaliste, il n'a cessé d'expérimenter tout au long de sa vie.
Max Ernst cherchait à faire apparaître des formes nouvelles. Collage, frottage, grattage, assemblage : il testait sans cesse de nouvelles techniques, souvent pour laisser une part au hasard et faire surgir des images qu'il n'aurait pas pu entièrement préméditer.
L'exposition De natura rassemble près de 25 tableaux et sculptures, principalement issus des collections du Centre Pompidou, auxquels s'ajoutent des prêts de la Fondation des Treilles, du Mobilier national et de la Galerie Jeanne Bucher Jaeger. Cette sélection permet de parcourir plusieurs décennies de création et de mesurer à quel point la nature traverse l'œuvre de Max Ernst. L'artiste ne cherche pas à la reproduire fidèlement : il en prélève les formes, les textures et les accidents pour composer un univers où le végétal, le minéral et l'animal semblent constamment se métamorphoser.
Parmi les œuvres centrales de l'exposition, Le Jardin de la France, peint en 1962, prend ici une résonance toute particulière. La Loire y structure la composition, mais le paysage échappe rapidement à toute lecture réaliste.
Le fleuve n'y est pas seulement un repère géographique : il structure l'espace, organise les formes et devient presque un fil de mémoire. Autour de lui, le « jardin » imaginé par Ernst apparaît comme une nature à la fois construite et troublée, où les formes semblent proliférer et se transformer.
Dans Après moi le sommeil, peint en 1958, Max Ernst explore un versant plus intérieur de son rapport à la nature. Ici, pas de végétation foisonnante ni de paysage clairement identifiable : les formes semblent progressivement se dissoudre, les contours deviennent incertains et la matière paraît s'effacer.
L'ensemble compose une image silencieuse, suspendue, presque irréelle, comme si le paysage basculait progressivement du monde réel vers celui du rêve.
Chez Max Ernst, la nature n'a jamais vraiment été un décor. Elle pousse, prolifère, se déforme, se peuple de formes étranges. Forêts, minéraux, végétaux et paysages deviennent chez lui les éléments d'un monde intérieur, à mi-chemin entre observation du réel et surgissement du rêve. C'est précisément ce fil que suit l'exposition De natura, présentée au Domaine de Chaumont-sur-Loire à Chaumont-sur-Loire.
Un choix de lieu presque évident tant l'artiste, installé à Huismes en Touraine en 1955 et naturalisé français en 1958, a entretenu un rapport étroit avec cette région.
Article rédigé par Céline
Date de publication : le 21/09/2026.
Contacts :
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