Le phare d’Ar-Men : « l’enfer des enfers » au bout de la chaussée de Sein

À l’extrémité occidentale de la chaussée de Sein, face à la pointe du Raz, le phare d’Ar-Men se dresse sur un minuscule récif perdu au milieu de l’océan. Son nom breton signifie « la Pierre » ou « la Roche », mais ce rocher de seulement quelques mètres de large allait devenir l’un des sites les plus redoutés de tout le littoral français. Pendant des décennies, Ar-Men a symbolisé à lui seul les conditions extrêmes dans lesquelles pouvaient travailler les gardiens des phares en mer.

Phare d'Ar Men DR Phare d'Ar Men

Le phare est officiellement mis en service en août 1881. Édifié sur une roche qui n’émerge que de quelques mètres au-dessus des plus basses mers, il constitue alors un véritable tour de force technique. Sa tour cylindrique atteint 35,50 mètres de hauteur au-dessus de la mer et repose sur un récif de seulement 7 mètres sur 15.

Aujourd’hui automatisé et inaccessible au public, Ar-Men continue pourtant de fasciner. Sa silhouette isolée, son histoire hors du commun et les récits de ses anciens gardiens en ont fait l’un des phares les plus mythiques de Bretagne. Le phare est protégé au titre des Monuments historiques, avec un classement intervenu en 2017.

Les secrets du phare d’Ar-Men

Un chantier de quatorze ans sur un rocher minuscule : La construction commence réellement en mai 1869, après plusieurs années consacrées à préparer le récif. Avant même de pouvoir poser la première pierre, les ouvriers doivent percer la roche pour y sceller les barres de fer destinées à ancrer le phare. Les travaux sont menés uniquement lorsque la météo et la marée permettent d'accoster. Au total, quatorze années sont nécessaires pour achever l'ouvrage.

Un phare jugé trop fragile après sa construction : Même une fois achevé, Ar-Men doit encore être renforcé. Les conditions maritimes extrêmes mettent rapidement la construction à rude épreuve. À partir de 1897, le soubassement est élargi et consolidé ; un imposant contrefort de béton de 11,50 mètres est coulé autour de la partie basse de la tour. Les travaux de renforcement s'achèvent en 1902.

Le fameux « enfer des enfers » : Les gardiens ont donné à Ar-Men un surnom qui résume parfaitement leur quotidien : « l'enfer des enfers ». L'accès au phare était particulièrement difficile et la relève comme le ravitaillement dépendaient des conditions de mer. Ar-Men est ainsi devenu l'un des symboles les plus forts de la vie des gardiens de phares en pleine mer.

Trois éclats blancs toutes les vingt secondes : Le phare est aujourd'hui équipé d'une optique qui émet trois éclats blancs toutes les vingt secondes. Sa portée atteint environ 23 milles nautiques, soit près de 43 kilomètres. Même automatisé, Ar-Men continue donc de remplir sa fonction première : signaler les dangers de la chaussée de Sein.

Le premier phare finistérien automatisé : Ar-Men est automatisé le 10 avril 1990. Il devient ainsi le premier phare automatisé du littoral finistérien, notamment en raison des conditions d'accès et de vie particulièrement difficiles. Cette automatisation marque la fin d'une longue histoire de gardiennage humain sur le récif.

 

Le phare d’Ar-Men : « l’enfer des enfers » au bout de la chaussée de SeinPhare d'Ar Men - 29990 Île-de-Sein

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