L’Alsace a aussi sa petite Camargue : une réserve naturelle créée en 1982 et qui couvre aujourd’hui 900 hectares. Avant la canalisation du Rhin au XIXe, le fleuve s’épanchait librement jusqu’à l’aire d’entrée de la réserve, avec quelques îles éphémères créées ici ou là. D’où aujourd’hui cette zone humide, riche en mares, étangs, marais, de plus en plus rare en France à cause de la pression foncière et agricole, donc primordiale de protéger : « On a par exemple ici la plus grande roselière d’Alsace qui abrite beaucoup d’oiseaux comme le bruant ou le rousserolle. On a aussi des bancs de galets, des espaces très secs, où poussent par exemple des orchidées. C’est cette juxtaposition des milieux qui fait la richesse de la réserve. On a beaucoup de milieux différents donc beaucoup d’espèces différentes : c’est ça la biodiversité », explique Adrien Fayrac, animateur au Centre d’initiation à la nature et à l’environnement (CINE).
© Sandrine Bavard
Les visites guidées permettent de mieux connaître la biodiversité de la Petite Camargue alsacienne
Et la visite guidée va pouvoir mettre des images sur les mots. Adrien Feyrac sort de sa poche une libellule dont il va falloir retrouver la « maison ». Du côté de la nappe phréatique ? Non, c’est plutôt le paradis des brochets. De la mare verte ? Non, plus, il y a trop de lentilles d’eau et donc pas assez de lumière. La mare suivante, alors ? Toujours pas, il y a trop de courant. Finalement, c’est à renfort d’épuisette que les visiteurs du jour vont sonder le sentier des mares pour voir ce qui se cache sous l’eau et qu’ils auront le plus de chance de découvrir des bébés libellules.
Pour les parents, la visite a rempli sa mission : « C’est une balade très agréable et instructive pour les enfants », se réjouit Amel de Wittenheim. Inès, sa fille de 7 ans, confirme : « J’ai appris plein de trucs. La visite m’a bien plu et m’a un peu étonné parce qu’il y a des bêtes que je n’avais jamais vus, comme les araignées d’eau ou les larves, et aussi des plantes que je n’avais presque jamais vues, comme les nénuphars ! ».
Au centre de la réserve, on tombe ensuite sur d’impressionnants bâtiments, l’ancienne pisciculture impériale fondée sous Napoléon 1er. C’était alors le seul endroit en France où les poissons se reproduisaient par fécondation artificielle. Aujourd’hui, un programme est mené pour réintroduire le saumon dans le Rhin.
On trouve aussi de plus gros animaux dans la réserve, comme les vaches Highland. Elles nettoient le milieu en mangeant des arbres à la pousse, évitant ainsi que certaines espèces envahissent la réserve, comme le faisait le Rhin avant d’être canalisé. Et quand l’appétit des vaches n’est pas suffisant, c’est l’homme qui va arracher les arbres à la pelleteuse : « Si l’on ne fait rien, le milieu va s’homogénéiser et on aura une forêt dans 50 ans », explique notre guide. Et ça, aucun des visiteurs n’osent l’imaginer !
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