De La Filature aux Coteaux, du Noumatrouff à Motoco, les DJ's du collectif Zam Zam font bouger Mulhouse depuis bientôt quatre ans... À l'occasion de la Quinzaine de la Danse, allons à la rencontre de passionnés qui cassent les codes de l'électro pour mieux remuer le lien social ! - Sylvain Freyburger
Propos recueillis en février 2026
© DR
DJ Choppa en action lors d'une soirée Sunset à La Filature
Zam Zam est né en 2022 de la volonté de "démocratiser la musique électro", un objectif partagé par 12 membres actifs, Mulhousiennes et Mulhousiens, jeunes trentenaires pour la plupart. « C'est très bien, la techno violente dans le noir, mais on avait envie de proposer des événements plus diurnes et familiaux » résument Noé Beck et Valentin Bouchard, deux des fondateurs du collectif. « J'ai vécu à Berlin, où la fête peut se faire à toute heure, sans attendre 3h du matin... L'influence de Berlin sur les parcours des membres du collectif est indéniable » précise Noé !
Dès 2023, de nombreux partenariats se mettent en place pour mettre Mulhouse au diapason de la capitale de l'électro... Zam Zam participe au regretté festival Musaïka, un événement gratuit au cœur du quartier populaire des Coteaux. À La Filature, c'est la création contemporaine qui entre en dialogue avec le clubbing version Zam Zam lors des soirées Sunset, plusieurs fois par an : la prochaine aura lieu le vendredi 13 mars, en plein cœur de la Quinzaine de la danse.
Zam Zam excelle à organiser ainsi la rencontre entre des univers qui se côtoient sans se mélanger. On en a eu un bel exemple cet été à la guinguette de Motoco, l'un des spots préférés de Zam Zam, en tombant par hasard sur un drag-show drôle et touchant alors qu'on venait simplement se chercher une bonne flam' ! « À Mulhouse, il y a énormément de choses qui se passent dans les quartiers mais les différents cercles ne communiquent pas assez entre eux, on espère contribuer au lien social, commentent Valentin et Noé. Lors de nos soirées, il y a toujours des trucs en plus : drag-shows, friperie, blind-tests, tournoi de ping-pong... On privilégie les événements gratuits, on teste des choses. Bon, il ne faut pas que les gens en oublient de danser ! ».
Car ne l'oublions pas, la musique reste au cœur de l'activité de Zam Zam, sur une tendance plutôt house - « on est un peu les gentils de la house par rapport aux collectifs techno plus durs, mais c'est un style qui reste très ouvert, qui peut être joyeux et solaire ou plus nocturne » - chill ou même R'n'B ! Le tout, en version « plutôt analogique que digital », entendre plutôt vinyl et organique que MP3 et virtuel.
Une identité bien affirmée qui fait de Zam Zam l'un des piliers des Collectifs Sonores Mulhousiens, un "collectif de collectifs" qui soutient l'ébullition de l'électro à Mulhouse en leur permettant de parler d'une seule voix auprès des pouvoirs publics... Mais aussi de travailler autour d'événements en commun, comme les soirées Pagaille et Bim Bam Noum au Noumatrouff ou la Pride (Marche des Fiertés) en plein air. Entre les collectifs, les valeurs sont partagées : « C'est facile de proclamer qu'on est inclusifs, il faut aussi agir... On se forme ensemble sur la réduction des risques. Faire en sorte que les femmes en particulier et tout le monde en général se sente à l'aise lors des soirées. On peut toujours faire mieux, on y travaille. »
A consulter aussi : l'agenda des concerts électro à Mulhouse et environs
C'est un clin d'œil à Mina, la présidente et "R'n'B Queen" du collectif, qui est franco-népalaise... En népalais, ça veut dire « on y va, c'est parti » !
Il y a le Karmen Kamina, un nouveau lieu à Strasbourg qui fait le taf ! À voir le succès de certaines soirées comme Bass Couture, on pense qu'il y aurait aussi à Mulhouse le public pour un vrai club. Mais c'est vrai que les gens ici ont plutôt l'habitude de trouver ce qu'ils cherchent à Bâle ou à Freiburg...
Plutôt qu'un son, on s'inspire surtout de lieux, d'ambiances. Le collectif AtipiK, à Marseille, qui s'occupe à la fois d'un lieu, d'un festival et d'événements itinérants, nous inspire beaucoup. Sinon, ce serait Berlin en général !
On manque d'un lieu qui pourrait être le nôtre, à nous et aux différents collectifs actifs à Mulhouse. Un tiers-lieu multidisciplinaire, ouvert le jour comme la nuit, qui ferait à la fois office de club, de café, de cinéma, de salle polyvalente, d'espace de débat, d'entretien de vélos, qui rassemblerait plein de trucs qui se font un peu partout. On est toujours limités par des cadres imposés. Si on nous filait les clés d'un bâtiment... Et il y en aurait à trouver, à Mulhouse...
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