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Le Sanctuaire : une crĂ©ation « made in Colmar » Ă  l’Espace 110

Espace 110 | Illzach

La compagnie colmarienne On nous marche sur les Fleurs présente sa nouvelle création, Le Sanctuaire, à l’Espace 110. Adapté d’un roman de Laurine Roux, le spectacle explore l’emprise des croyances et la quête de vérité à travers le parcours d’une adolescente coupée du monde. Rencontre avec Émilie Wiest, cheffe de file de la compagnie.

LĂ -haut sur la montagne, une hĂ©roĂŻne en quĂŞte de vĂ©ritĂ©. © DR LĂ -haut sur la montagne, une hĂ©roĂŻne en quĂŞte de vĂ©ritĂ©.

Fondée en 2015, la compagnie On nous marche sur les Fleurs revendique un théâtre sensible, engagé et profondément humain. Son nom, emprunté à une chanson de Jacques Brel (Voir un ami pleurer), résume une démarche mêlant combativité, humour et esprit collectif.

« Je défends un théâtre qui vient gratter, qui défend des valeurs, mais dont les armes passent par les mots et la douceur plus que par le choc », explique Émilie Wiest. Après plusieurs années hors d’Alsace, la compagnie se rapproche du territoire et s’installe à Colmar en 2019. Depuis, elle tisse des partenariats durables avec des lieux culturels comme la salle Europe ou l’Espace 110, où chacune de ses pièces a pu être présentée.

Le Sanctuaire, une adaptation littéraire percutante

Le Sanctuaire est adapté d’un court roman de Laurine Roux, découvert par Émilie Wiest il y a quatre ans. « Quand je l’ai lu, ça m’a fait l’effet d’une petite bombe », confie-t-elle. Le récit met en scène une jeune fille isolée du monde, vivant dans la montagne, à la fois protégée et enfermée par une croyance imposée.

Si l’univers du texte flirte avec le post-apocalyptique et le survivalisme, les véritables enjeux sont ailleurs : l’emprise, le rapport à la vérité et la manière dont les croyances remplacent aujourd’hui un socle commun de connaissances. « Où est la vérité, quand on “croit” ou non au réchauffement climatique, au genre, aux faits ? », interroge la comédienne.

Un théâtre de l’illusion, au service de la vérité

Sur scène, Émilie Wiest incarne l’héroïne, âgée d’environ 13 ans, comme si celle-ci racontait au présent ce qu’elle a traversé adolescente. La mise en scène est signée Manuel Bertrand, complice de longue date de la compagnie.

Le travail repose sur une approche charnelle et artisanale du théâtre, sans vidéo ni images projetées. Une large place est accordée au travail sonore et aux bruitages, réalisés à partir d’objets détournés. « Pour créer un univers sonore, on utilise tout, sauf le vrai objet », précise Émilie Wiest.

Un choix qui fait directement écho au propos du spectacle : le théâtre comme art de l’illusion, à distinguer du mensonge. « En entrant dans la salle, le spectateur accepte de se laisser embarquer dans un univers différent. C’est un pacte assumé », souligne-t-elle.

Une création locale aux résonances universelles

Avec Le Sanctuaire, la compagnie On nous marche sur les Fleurs signe une création ancrée dans le territoire colmarien, tout en abordant des questions universelles et très contemporaines. Un spectacle intimiste et exigeant, qui invite à douter, à questionner… et à écouter la puissance des récits.

Renseignements

OĂą :
Espace 110 68110 Illzach

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