Le 25/01/2011
Espace Culturel Saint-Grégoire | Munster
5,50/10/12€
Ancien comédien du TNS, Jean-Marc Eder a fondé il y a trois ans sa propre compagnie, le Mythe de la Taverne, installée à Colmar. Pour son premier grand défi de metteur en scène, il se penche sur l’étonnant destin d’une Sud-Africaine, devenue artiste sur le tard, et interroge les notions de création et de liberté, dans La route vers La Mecque.
L’Afrique du Sud, Jean-Marc Eder la connaît bien. «J’y suis allé sept fois entre 2006 et 2008. Un jour j’ai entendu parler de ce village, New Bethesda, dans le désert du Karoo. En arrivant, je me serais cru dans un western, avec une grande rue de sable et des maisons tout le long... Et puis, il y avait cette maison, avec toutes ces sculptures dans le jardin, la maison de Miss Helen.»
Miss Helen, c’est une artiste qui s’est mise à créer des statues étranges en ciment, pendant les vingt dernières années de sa vie (elle a mis fin à ses jours en 1976). «Elle était considérée comme la folle du coin par les autres habitants», explique Jean-Marc Eder. Après sa mort, sa maison est devenue un musée. «C’est là que je suis tombé sur la pièce écrite par Athol Fugard. Le texte est décalé par rapport à la vraie vie de cette artiste, et il est prétexte à s’interroger sur la nécessité de créer, sur le devenir des oeuvres d’art. La pièce a été écrite pendant l’apartheid : Fugard est le premier auteur à avoir fait travailler ensemble des artistes noirs et blancs.»
On se trouve donc dans la maison de Miss Helen, un soir, alors que le pasteur du village tente de la convaincre de partir en maison de retraite. La vieille dame – qui est afrikaner – fait appel à une jeune institutrice anglaise très engagée contre l’apartheid, la première à avoir reconnu ses sculptures comme étant des oeuvres d’art. La confrontation de ce trio nourrit la pièce de thématiques aussi riches que l’amitié féminine, la liberté politique et sociale, la liberté de l’esprit et de la création.
Jean-Marc Eder a imaginé une mise en scène métaphorique. «Au début, on est dans l’intérieur de Miss Helen, rempli d’un fatras d’objets. Peu à peu, on enlève ces objets du quotidien et apparaissent les oeuvres d’art. L’idée est que le public se dise : "Si j’avais mieux regardé, j’aurais vu que l’art était au coeur du quotidien."»
Pour porter ce texte, une distribution éblouissante, avec en tête Catherine Salviat, sociétaire honoraire de la Comédie Française.
Contacts :
03 89 77 50 32
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