Du 01/02/2012 au 11/02/2012
10/16/19€
Il est effectivement dans un grand désarroi. D'abord, parce qu'il ne comprend par le geste de Saladin* qui a reconquis la ville de Jérusalem, a fait capturé 19 templiers et les a tous exécutés, sauf lui. Et puis, quand l'incendie se présente, il sauve spontanément cette jeune fille sans réfléchir, il apprend ensuite qu'elle est juive, ce qui le perturbe par rapport à ces convictions religieuses.
C'est le combat de la nature, cet amour qui s'impose à lui, contre la culture, la somme de nos croyances et de notre éducation. Au quotidien, les gens ont tendance à aller vers ce qui les rassure, comme dit l'expression qui se ressemble s'assemble. Le templier est un personnage qui est dans le doute : il se demande constamment qui il est par rapport à son passé trouble. D'où l'on vient ? Qui l'on est ? Ce combat intime se révèle tout au long de la pièce.
La religion, c'est une histoire personnelle, de l'ordre du privé. A partir du moment où l'on veut la rendre sociale, les conflits naissent. Mais où est la limite entre privé et public, par exemple dans la manière de s'habiller ? C'est une question brûlante et passionnante, qui ne peut pas être réglée de façon dogmatique, mais qui passe par le dialogue. Nathan le sage est une pièce nécessaire, pas bien-pensante : il y a des conflits, des peurs, et il s'agit de savoir comment les personnages vont les dépasser. Le but n'est pas de déverser un discours préétabli mais d'avoir une pensée en ébullition, une pensée vivante, qui avance par le biais des personnages. Les spectateurs suivent alors leur propre cheminement.
*Sultan de Jérusalem, héros de la guerre contre les croisés
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