Les récents épisodes de forte chaleur ont mis à l'épreuve la faune et la flore en Mayenne. Oiseaux en détresse, arbres sous stress hydrique, biodiversité fragilisée : la nature a besoin d'un coup de pouce pour se remettre. Voici des conseils concrets pour aider la petite faune, préserver les arbres et favoriser la biodiversité près de chez soi, sans investissement particulier.
Pendant les pics de chaleur, haies, arbres et arbustes ont joué un rôle de premier plan : ils ont offert de l'ombre, de la fraîcheur et un refuge à de nombreuses espèces animales, là où le bitume accumulait la chaleur. Selon l'Office national des forêts, l'ombrage et l'évapotranspiration d'un arbre peuvent faire baisser la température ambiante de 2 à 8 °C, à condition qu'il dispose d'eau suffisante. Ces zones végétalisées forment de véritables îlots de fraîcheur dans les villes et les campagnes de la région Pays de la Loire.
La canicule a cependant éprouvé tout le monde, à commencer par les oiseaux et la petite faune. Pour aider la biodiversité locale à reprendre son souffle, le premier réflexe est aussi le plus simple : disposer des récipients peu profonds, de 3 à 4 cm d'eau, à l'ombre et dans un endroit dégagé. Une soucoupe de pot de fleurs ou un couvercle de poubelle retourné font parfaitement l'affaire. Ce point d'eau profitera non seulement aux oiseaux, mais aussi aux abeilles et pollinisateurs le jour, et aux hérissons la nuit. Pensez à poser une pierre ou une branche au centre du récipient pour permettre aux insectes de s'en extraire, et à renouveler l'eau chaque matin.
Les animaux cherchent avant tout de l'ombre et des caches fraîches. Les meilleurs abris sont souvent ceux qu'on oublie de ranger : un tas de feuilles mortes, une souche laissée en place ou une zone non fauchée créent une mosaïque de micro-habitats précieux. Une grange ou un garage laissé entrouvert pendant les fortes chaleurs peut également devenir un refuge apprécié. Les martinets et les hirondelles, qui nichent sous les toits où la température peut dépasser 50 °C, sont particulièrement vulnérables : chaque point d'ombre et chaque abreuvoir à proximité compte pour leur survie.
Du côté de la flore, la règle d'or après une canicule est de ranger le taille-haie jusqu'à l'automne. Tailler ou élaguer en plein été, c'est blesser un arbre déjà affaibli par le stress hydrique et stimuler sa croissance au pire moment. Sauf en cas de branche dangereuse, la taille attend donc l'automne ou l'hiver. La LPO et l'Office français de la biodiversité recommandent d'ailleurs de ne pas tailler les haies ni élaguer les arbres du 15 mars à la fin de l'été, afin de protéger également les oiseaux en période de nidification.
Autre geste efficace pour soutenir la végétation : le paillage végétal au pied des arbres. Sur un sol nu, l'évaporation est environ trois fois plus forte que sous une litière. Attention cependant à bien choisir son paillis : le paillage minéral (galets, pouzzolane, ardoise) emmagasine la chaleur du soleil et la restitue la nuit, ce qui réchauffe le sol en période de canicule, à l'inverse de l'effet recherché. Le paillage végétal, à base de broyat, de copeaux ou de feuilles mortes, retient la fraîcheur, nourrit la terre et entretient la vie du sol. Une astuce simple : le broyat issu des tailles d'automne devient le paillis idéal pour le printemps suivant.
Enfin, laisser l'herbe pousser au pied des arbres plutôt que de tondre régulièrement est un geste à la fois simple et bénéfique. Cette végétation maintient la fraîcheur, protège le sol du tassement et offre un refuge à la petite faune. La LPO conseille également de conserver des bandes enherbées le long des haies. À plus long terme, associer arbres et arbustes d'espèces locales et rustiques, plutôt qu'un arbre isolé sur pelouse rase, héberge davantage de biodiversité et crée un microclimat frais dont profite tout le voisinage. Les plantations pourront se faire à l'automne, mais c'est dès maintenant qu'il est utile de choisir les emplacements et les essences.
Si vous trouvez un animal sauvage en détresse, évitez de le mouiller, de le forcer à boire ou de le nourrir sans avis spécialisé. Placez-le à l'ombre et au calme, dans un carton percé de trous, avec une coupelle d'eau à proximité. Plusieurs associations en Mayenne peuvent vous orienter et vous donner les consignes adaptées : l'association Le Repère à Champéon, l'association Linné à Évron et Mayenne Nature Environnement. Pour les collectivités souhaitant végétaliser l'espace public, le permis de végétaliser permet aux habitants de jardiner les pieds d'arbres et trottoirs désimperméabilisés, dans le cadre d'une charte sans pesticide. L'ADEME accompagne par ailleurs les communes avec son service gratuit « Plus fraîche ma ville ».
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 31/07/2026.
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