Palais des festivals et des congrès | Cannes
Chaque année au mois de mai, Cannes devient la capitale mondiale du cinéma. Les flashs crépitent, les robes s’étirent sur le tapis rouge, les stars saluent la foule et les films rêvent de repartir avec la Palme d’or. Mais derrière l’image très glamour du Festival de Cannes se cache toute une série d'anecdotes, des discours historiques et quelques scènes devenues mythiques.
Voici quelques anecdotes, parfois étonnantes, parfois politiques, parfois franchement savoureuses, qui racontent l’autre visage du plus célèbre festival de cinéma au monde.
Le Festival de Cannes aurait dû naître en 1939. L’idée était alors de créer un grand rendez-vous international du cinéma en France, dans un contexte où la Mostra de Venise était de plus en plus marquée par les pressions fascistes et nazies. Mais le 1er septembre 1939, jour prévu pour l’ouverture, l’Allemagne envahit la Pologne. La guerre éclate, l’événement est reporté, puis annulé. La véritable première édition du Festival de Cannes ne se tiendra finalement qu’en 1946.
Petite ironie de l’histoire : le Festival de 1939 a tout de même fini par avoir un palmarès. En 2002, un jury réuni symboliquement a décerné rétroactivement le prix de cette édition empêchée à Pacific Express de Cecil B. DeMille. Autrement dit, Cannes a eu un lauréat pour un festival qui n’avait jamais vraiment eu lieu.
Aujourd’hui, impossible d’imaginer Cannes sans sa montée des marches. Pourtant, ce rituel tel qu’on le connaît est plus récent qu’il n’y paraît. Le tapis rouge n’a été institutionnalisé qu’en 1984, sous l’impulsion du journaliste Yves Mourousi, qui s’inspire notamment du cérémonial des Oscars. Avant cela, la montée des marches existait, bien sûr, mais elle n’avait pas encore cette dimension ultra-codifiée devenue indissociable du Festival.
Plus étonnant encore : entre 1946 et 1949, le tapis n’était pas rouge mais bleu. Depuis, le rouge s’est imposé comme la couleur officielle du glamour cannois, avec 60 mètres de tapis à parcourir et 24 marches à gravir jusqu’au Palais des Festivals.
Jusqu’en 2021, le tapis rouge était changé trois fois par jour avant les projections officielles. Le Festival a ensuite réduit ce rythme à un changement quotidien, ce qui représente une économie annoncée de 1 400 kilos de matière. Depuis plusieurs années, le tapis est également recyclé ou réemployé, notamment pour des scénographies ou des objets d’upcycling.
La Palme d’or est aujourd’hui la récompense suprême du Festival. Mais elle n’a pas toujours porté ce nom : le Grand Prix du Festival international du film a été remis entre 1946 et 1954, puis de 1964 à 1974, tandis que la Palme d’or apparaît à partir de 1955, avant de redevenir définitivement le trophée majeur en 1975.
Depuis 1998, Chopard est partenaire officiel du Festival et fabrique la Palme d’or. Le Festival rappelle également que le trophée est associé à un savoir-faire joaillier très précis, entre l’or, les ateliers et le tapis rouge du Palais des Festivals.
Cannes n’a pas toujours été une bulle coupée du monde. En mai 1968, alors que la France est traversée par un immense mouvement social, la contestation gagne la Croisette. François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Louis Malle et d’autres figures du cinéma estiment qu’il est impossible de continuer comme si de rien n’était. Le 19 mai 1968, le Festival est officiellement interrompu.
Le communiqué de l’époque explique que les circonstances ne permettent plus d’assurer les projections dans des conditions normales. Cette édition reste l’un des moments les plus politiques de l’histoire cannoise : le cinéma y cesse d’être un simple spectacle pour devenir un lieu de débat, de rupture et de solidarité.
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La Palm Dog pour récompenser les meilleurs chien acteur !
À Cannes, il n’y a pas que les acteurs, les réalisateurs et les stars en robe longue qui peuvent repartir avec un prix. Depuis 2001, une récompense parallèle amuse les festivaliers : la Palm Dog, clin d’œil évident à la Palme d’or. Son principe ? Récompenser la meilleure performance canine dans un film présenté autour du Festival.
La cérémonie se déroule généralement en fin de festival, dans une ambiance beaucoup plus décontractée que les grandes soirées officielles. Le trophée n’est pas une statuette dorée, mais un collier de chien, ce qui résume assez bien l’esprit de cette récompense à la fois tendre, parodique et très cannoise.
En 2025, l’anecdote a été particulièrement savoureuse : le prix a été attribué à Panda, un berger islandais vu dans The Love That Remains de Hlynur Pálmason. Mais comme le chien ne pouvait pas être présent à Cannes, un autre toutou lui ressemblant est venu récupérer le fameux collier à sa place. Panda, lui, a participé à distance via une vidéo tournée en Islande. Même à Cannes, les stars canines ont parfois des doublures.
Sur le tapis rouge, tout semble fait pour être photographié. Pourtant, depuis 2018, Cannes a décidé de faire la chasse à un geste devenu banal partout ailleurs : le selfie. Thierry Frémaux, délégué général du Festival, avait expliqué que les selfies ralentissaient la montée des marches, désorganisaient le déroulé des projections et nuisaient à l’élégance du cérémonial.
L’interdiction peut faire sourire : dans l’un des lieux les plus photographiés du monde, les invités peuvent être mitraillés par des dizaines de photographes professionnels, mais ils ne sont pas censés sortir leur téléphone pour immortaliser eux-mêmes le moment. L’idée est simple : à Cannes, on ne vient pas seulement “se prendre en photo”, on participe à un rituel très chorégraphié.
Certaines histoires de Cannes dépassent largement le cinéma. En 1955, Grace Kelly se rend au Festival alors qu’elle est déjà l’une des grandes actrices hollywoodiennes du moment. Pendant son séjour sur la Côte d’Azur, une rencontre est organisée avec le prince Rainier III de Monaco.
L’épisode ressemble presque à une scène de comédie romantique. Selon le récit rapporté par le prince Albert II, l’idée de cette rencontre vient notamment de Pierre Galante, journaliste à Paris Match, et d’Olivia de Havilland. Grace Kelly accepte, mais à condition que la MGM, le studio qui encadre sa venue à Cannes, donne son accord. Le 6 mai 1955, elle se rend donc au palais princier de Monaco. Rainier est en retard, la rencontre commence de manière très protocolaire, puis l’atmosphère se détend lors d’une promenade dans les jardins du palais.
Quelques mois plus tard, les deux continuent de correspondre, leurs fiançailles sont annoncées, puis Grace Kelly épouse Rainier en 1956.
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La polémique des chaussures plates à Cannes
Autre règle vestimentaire longtemps associée à Cannes : les talons. En 2015, une polémique éclate après que plusieurs femmes auraient été refusées à une projection de gala parce qu’elles portaient des chaussures plates. L’affaire fait grand bruit, notamment parce que certaines invitées concernées auraient eu des raisons médicales de ne pas porter de talons.
Le Festival a depuis clarifié sa charte : pour les projections de gala, les chaussures élégantes peuvent être portées avec ou sans talon. Une précision qui a son importance, tant Cannes a longtemps été perçu comme un lieu où le glamour féminin devait forcément passer par les escarpins.
A lire aussi : Comment assister au Festival de Cannes 2026 ? Le guide pratique
Article rédigé par Marie.
Date de publication : le 19/05/2026.
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