Festival d'Aix-en-Provence, Palais de l'Ancien Archevêché | Aix-en-Provence
Le Festival d'Aix-en-Provence annonce le décès de Louis Erlo, disparu à l'âge de quatre-vingt-dix-sept ans. Directeur du Festival de 1982 à 1996, il a laissé une empreinte durable dans l'histoire de l'art lyrique, portant pendant quinze éditions une programmation audacieuse et exigeante qui a contribué à faire rayonner le festival bien au-delà des frontières françaises.
Lorsque Louis Erlo succède à Bernard Lefort en 1982, il n'arrive pas en étranger sur les bords de l'Arc. Il connaît le Festival depuis 1952, et il en a profondément assimilé l'esprit fondateur insufflé par Gabriel Dussurget : la recherche de talents, la curiosité pour les œuvres rares, la rencontre entre musique et arts de la scène, et cette relation intime entre un spectacle, un lieu et son public. Dans les Bouches-du-Rhône, ce Festival incarne une tradition d'excellence lyrique que Louis Erlo entend bien préserver tout en la faisant évoluer. « Aix doit rester le foyer de l'innovation lyrique », affirmait-il dès ses débuts à la tête de l'institution.
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Hommage Ă Louis Erlo, directeur du Festival d'Aix-en-Provence de 1982 Ă 1996
Né à Lyon en 1929, Louis Erlo connaît intimement les métiers du théâtre avant d'arriver à Aix. Il commence sa carrière à l'Opéra de Lyon comme régisseur, puis comme metteur en scène, avant d'en prendre la direction en 1969. L'« Opéra Nouveau » qu'il y développe associe renouvellement du répertoire, création contemporaine et attention aux publics. À la tête de l'Opéra Studio de Paris dès sa création en 1973 et jusqu'en 1979, il s'engage également dans la formation des jeunes chanteurs, une dimension qui nourrit profondément sa vision artistique.
À Aix, cette expérience se traduit par une attention particulière portée à la préparation des spectacles, aux répétitions et au travail d'ensemble. Les liens avec Lyon favorisent les coproductions, et avec Jean-Louis Pujol et les équipes du Festival, Erlo s'attache à réunir les moyens nécessaires à ses ambitions. La transformation du Théâtre de l'Archevêché en 1985 élargit également les possibilités scéniques, permettant d'accueillir des productions toujours plus ambitieuses dans ce cadre exceptionnel.
Dès son premier été à la direction du Festival lyrique d'Aix-en-Provence, Louis Erlo frappe fort. Le 21 juillet 1982, Les Boréades, dernier opéra de Rameau, connaissent à l'Archevêché leur création scénique mondiale, près de deux cent vingt ans après leur composition. Sous la baguette de John Eliot Gardiner, à la tête des English Baroque Soloists et du Monteverdi Choir, avec une mise en scène de Jean-Louis Martinoty, l'événement dépasse la simple redécouverte d'une partition : il contribue à faire d'Aix l'un des hauts lieux de la renaissance de l'opéra baroque français.
L'année suivante, Hippolyte et Aricie de Rameau confirme cet élan avec Jessye Norman dans le rôle de Phèdre, aux côtés de José van Dam, Rachel Yakar, John Aler et Jules Bastin. L'exploration baroque se poursuit avec Tancrède de Campra (1986), Psyché de Lully (1987), puis, avec William Christie et Les Arts Florissants, Les Indes galantes (1990) et Castor et Pollux (1991). Parmi les autres moments forts, la programmation mozartienne enrichit l'horizon du Festival avec Mitridate, re di Ponto (1983) et La finta giardiniera (1984), permettant d'entendre autrement le développement du génie dramatique de Salzbourg.
Louis Erlo ouvre également le Festival à d'autres répertoires. Ariane à Naxos (1985) et Le Chevalier à la rose (1987) composent un volet straussien marquant. The Fairy Queen de Purcell (1989), réunissant William Christie et Adrian Noble, mêle chanteurs, comédiens, danseurs et instrumentistes dans une entreprise pluridisciplinaire ambitieuse. Deux ans plus tard, Le Songe d'une nuit d'été de Britten (1991), mis en scène par le jeune Robert Carsen, transforme la cour de l'Archevêché en un monde de bleu et de vert. Ce spectacle, repris sur de nombreuses scènes puis revenu à Aix en 2015, illustre la longue vie que peuvent connaître les productions nées d'une rencontre juste entre une œuvre et des artistes. La dernière édition sous son mandat accueille en 1996 Sémélé de Haendel, avec Christie et Carsen, ultime réunion de deux artistes qui auront tant apporté à ces années aixoises.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 06/10/2026.
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