Depuis début octobre, une fontaine imaginée en couleurs et en volumes habille le M.U.R., rue de la Moselle à Mulhouse. Invitée par l'association Le M.U.R. Mulhouse pour cette 113e édition, l'artiste HYDRANE signe une fresque nourrie par sa formation en architecture. Rencontrée pendant la réalisation, elle nous raconte sa démarche et ce qu'elle souhaite transmettre aux passants.
« Créer une autre réalité. » C'est ainsi qu'HYDRANE évoque les possibilités offertes par son travail artistique. Au 9 rue de la Moselle, cette idée prend la forme d'une fontaine peinte, dont elle a imaginé la structure et le parcours de l'eau.
« Pour ce mur, j'ai eu l'idée de créer un système de fontaine », explique-t-elle. Au moment de notre rencontre, elle travaillait encore sur ce qu'elle appelle le « câblage » de l'ensemble, avant de représenter l'eau s'écoulant des différentes embouchures.
HYDRANE décrit son univers comme « hyper coloré, abstrait et spirituel ». Sa formation en architecture nourrit sa manière de penser les lignes, les couleurs et les volumes, pour imaginer une abstraction dans laquelle le regard peut entrer.
Cette approche s'est construite progressivement. Ses premières fresques étaient composées d'une seule ligne. En donnant du volume à ces tracés, l'artiste a peu à peu fait se rencontrer son travail pictural et son regard d'architecte.
Sur le M.U.R. de Mulhouse, elle explique notamment l'importance des lignes qui séparent les différents volumes : elles permettent de les faire ressortir et de créer cet effet de profondeur.
Si HYDRANE travaillait de façon très intuitive à ses débuts, elle prépare désormais ses compositions en amont. Pour cette fresque, elle a réalisé une maquette visuelle afin de prévoir la disposition des formes et des couleurs.
Une fois devant le mur, elle le divise en plusieurs parties et adapte son dessin aux proportions du support. Pour reporter sa composition, elle travaille sans projecteur.
« Moi, je fais tout à la main, on va dire à l'œil. J'aime bien garder ce savoir-faire en fait », confie-t-elle.
Elle construit ainsi ses lignes en prenant des mesures et en s'appuyant sur les repères de sa maquette. Les couleurs conservent une part d'intuition : elle les ajuste pendant la réalisation pour retrouver l'équilibre qu'elle avait imaginé.
Créer dans la rue, c'est travailler sous le regard des habitants et des promeneurs. HYDRANE apprécie particulièrement les réactions spontanées des enfants, lorsqu'ils s'exclament devant les couleurs et lui disent que c'est beau.
« C'est vraiment le meilleur retour qu'on puisse avoir sur ce genre de réalisation », raconte-t-elle.
Ces échanges l'encouragent au fil du travail. Pendant la création, elle rapporte également les impressions de passants sensibles à l'atmosphère de sa peinture : « Les gens ressentent beaucoup d'apaisement. Les gens aiment les couleurs, ça leur fait du bien. »
L'artiste compare cet effet à celui de la musique, qui peut détendre, permettre de s'évader et rendre le quotidien plus agréable. Elle espère offrir une parenthèse similaire à ceux qui croisent sa fresque, même le temps d'une promenade.
Derrière les créations qui se succèdent rue de la Moselle, il y a l'association Le M.U.R. Mulhouse, qui porte le projet et accueille les artistes au fil des éditions. HYDRANE en signe la 113e intervention.
Sa fresque laissera, elle aussi, la place à une prochaine création. Une perspective que l'artiste accepte pleinement : peindre dans la rue, explique-t-elle, c'est savoir que d'autres viendront ensuite profiter du même espace d'expression.
Elle voit dans cette succession une forme d'héritage que les artistes se transmettent, chacun apportant son univers avant de laisser la place au suivant.
Article rédigé par Céline
Date de publication : le 13/10/2026.
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