Du 05/06/2026 au 07/06/2026
Château de Fontainebleau | Fontainebleau
Sophie Cras et Charlotte Guichard ont reçu le Grand Prix du Festival de l'histoire de l'art 2026 pour leur ouvrage Vendre son art : de la Renaissance à nos jours (Seuil, 2025). La remise du prix s'est tenue le samedi 6 juin 2026 à 17h30 au château de Fontainebleau, dans le cadre de la 15e édition du festival qui réunissait professionnels et grand public les 5, 6 et 7 juin.
DR
Grand Prix du Festival de l'Histoire de l'Art au château de Fontainebleau : Sophie Cras et Charlotte Guichard récompensées
Chaque année depuis sa création, le Grand Prix du Festival de l'histoire de l'art met en lumière une action exemplaire dans le domaine des arts : restauration, exposition, édition, film ou émission. En 2026, c'est un ouvrage signé par deux historiennes de l'art qui a retenu l'attention du jury. Vendre son art : de la Renaissance à nos jours, publié aux éditions du Seuil en 2025, a été distingué pour la richesse de sa démarche et la pertinence de son propos sur le marché de l'art à travers les siècles. La cérémonie de remise du prix s'est déroulée dans les prestigieux espaces du château de Fontainebleau, joyau de la ville de Fontainebleau.
Le jury, composé de personnalités venues d'horizons variés, réunissait notamment Marianne Alphant (romancière), Laurence Bertrand Dorléac (historienne de l'art et présidente du comité scientifique), Hélène Delprat (artiste), Daphné Bétard (journaliste), Antoine Frérot (collectionneur), Neil McGregor (ancien directeur de musée), Nathalie Obadia (galeriste) et Pierre Rainero (directeur de l'image et du patrimoine). Ce panel éclectique a opéré son choix final parmi une sélection proposée par les vingt-trois membres du comité scientifique du festival, garantissant ainsi une délibération à la fois rigoureuse et plurielle.
Manifestation nationale portée par le ministère de la Culture, le Festival de l'histoire de l'art au château de Fontainebleau est organisé conjointement par l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) et le château de Fontainebleau. Rendez-vous incontournable en Île-de-France pour les amateurs d'art et les professionnels du secteur, il rassemble chaque année, le temps d'un week-end de juin, l'ensemble de la communauté des historiens de l'art autour d'un thème fédérateur. Le Grand Prix, soutenu par la maison Cartier, s'inscrit pleinement dans cette ambition de valoriser la création et la réflexion sur l'art.
Vendre son art : de la Renaissance à nos jours se distingue par une approche originale et documentée : les deux autrices ont travaillé à partir de contrats, correspondances, récits et œuvres d'artistes pour restituer le rôle, trop longtemps minoré, des créateurs dans la négociation de la valeur de leurs œuvres. Ni génies désintéressés ni entrepreneurs stratèges, les artistes y sont dépeints comme des hommes et des femmes qui ont activement défendu leur travail, noué des partenariats, visé de nouveaux publics et inventé des formes inédites d'exposition et de vente. L'ouvrage couvre une chronologie ambitieuse, depuis la Renaissance jusqu'à notre époque, en s'appuyant sur des exemples aussi variés que :
Sophie Cras est maîtresse de conférences en histoire de l'art contemporain à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses recherches portent sur les relations entre art contemporain et capitalisme, ainsi que sur les racines coloniales des pratiques muséales. Elle est notamment l'auteure de L'Économie à l'épreuve de l'art (Les Presses du Réel, 2018) et de L'Œil capitaliste. Musées, commerce et colonisation (Flammarion, 2026). Charlotte Guichard, quant à elle, est professeure à l'École normale supérieure ENS/PSL et spécialiste de l'histoire des collections, du patrimoine et du marché de l'art à l'âge moderne. Elle a notamment signé La Griffe du peintre. La valeur de l'art (1730-1820) (Seuil, 2018).
Ensemble, les deux chercheuses proposent une relecture de l'histoire longue du marché de l'art, remontant au XVe siècle, moment où l'art s'affirme comme catégorie autonome dans les théories esthétiques européennes, tandis que l'Europe s'engage dans sa première mondialisation économique. Cette perspective de longue durée permet de mettre au jour des continuités souvent invisibles dans l'historiographie traditionnelle, et donne au lecteur des clés nouvelles pour comprendre les débats contemporains sur la place de l'argent dans la création artistique.
Depuis sa création, le Grand Prix du Festival de l'histoire de l'art a récompensé des projets remarquables dans des domaines très divers. Les éditions précédentes ont ainsi mis à l'honneur :
Ces distinctions illustrent la volonté du festival de valoriser des formes d'engagement variées autour de l'histoire de l'art : exposition, restauration patrimoniale, cinéma documentaire, édition critique. Chaque lauréat incarne à sa manière l'idée que l'art est un objet vivant, porteur des grands enjeux de notre temps, qu'il s'agisse de mémoire, de transmission, ou de réflexion sur les mécanismes économiques qui façonnent la création. Le prix contribue ainsi, édition après édition, à élargir le regard du public sur la discipline.
Article rédigé par Marie.
Date de publication : le 05/06/2026.
Contacts :
01 60 71 50 70
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