La Collectivité européenne d'Alsace tire la sonnette d'alarme : selon des informations transmises à l'Office public de la langue régionale d'Alsace (OPLA), la Région Grand Est envisagerait de supprimer la totalité de son financement à cet organisme, soit 260 000 euros. Un désengagement qui suscite une vive réaction et soulève des questions sur l'avenir de la transmission de la langue alsacienne.
La Collectivité européenne d'Alsace, département du Bas-Rhin, a rendu publiques des informations préoccupantes : la Région Grand Est envisagerait de retirer l'intégralité de son financement à l'OPLA, l'Office public de la langue régionale d'Alsace. Ce retrait représenterait un montant de 260 000 euros, une somme qui pourrait fragiliser durablement les missions de cet organisme dédié à la promotion et à la transmission de la langue alsacienne.
Ce désengagement potentiel s'inscrit dans une tendance déjà observée. Sur le seul terrain du bilinguisme, la participation de la Région Grand Est à la convention quadripartite pour l'enseignement bilingue a été divisée par deux, passant de 1 million à 500 000 euros. Pour la Collectivité européenne d'Alsace, la méthode est désormais bien établie : des engagements pris, suivis de décisions unilatérales aux conséquences directes pour les Alsaciens.
La langue alsacienne est présentée comme bien plus qu'un simple patrimoine : c'est un outil vivant de transmission culturelle, éducative et transfrontalière, qui relie générations, communes, familles, associations, enseignants, artistes et territoires rhénans. Fragiliser l'OPLA, c'est donc toucher à un lien fondamental de l'identité alsacienne.
L'OPLA a été conçu comme un coordinateur central au service de la langue régionale : accompagner les communes, soutenir les associations, développer les formations et préparer la transmission aux jeunes générations. Sa mission repose sur une logique de continuité et d'engagement dans la durée, deux conditions indispensables pour qu'une langue reste vivante et pratiquée.
La Collectivité européenne d'Alsace rappelle que d'autres régions françaises assument pleinement leur rôle auprès de leurs langues régionales. La Région Bretagne finance l'Office public de la langue bretonne, tandis que la Région Nouvelle-Aquitaine abonde statutairement le budget de l'Office public de la langue basque. Un retrait du Grand Est apparaîtrait d'autant plus incohérent au regard de ces exemples.
Dans son communiqué, la Collectivité européenne d'Alsace interpelle directement Franck Leroy, président de la Région Grand Est, en rappelant ses propres déclarations de novembre 2023, dans lesquelles il affirmait que le Grand Est n'avait pas été construit « pour briser les identités ». Confirmer le retrait du financement de l'OPLA serait, selon la Collectivité, en contradiction directe avec cet engagement public.
Article rédigé par Marie.
Date de publication : le 24/06/2026.
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