Du 31/01/2026 au 25/04/2026
Gratuit
Nitassinan, projet photographique mené par Yann Datessen de 2022 à 2025, propose une exploration documentaire de sept réserves de la nation innue réparties entre le Québec et le Labrador.
© Yann Datessen
Exposition "Nitassinan" - Yann Datessen
Le terme « Nitassinan », qui signifie « notre terre » en langue innue, renvoie à un territoire ancestral habité depuis plus de 10000 ans. Yann Datessen adopte une posture d’immersion prolongée au sein des communautés. Son approche, fondée sur l’écoute et la temporalité longue, vise à produire un corpus visuel qui documente les mutations sociales, les continuités culturelles et les enjeux de transmission.
Conçu en collaboration avec le musée ilnu de Mashteuiatsh — où seront conservées les archives du projet — Nitassinan participe à une réflexion sur les formes de représentation des peuples autochtones et sur les conditions d’une mémoire visuelle partagée, entre histoire, identité et souveraineté narrative.
Les Innus sont l’une des premières nations nord-américaines à rencontrer des voyageurs blancs : d’abord les Vikings, puis les Portugais, plus tard les Français, et enfin les Britanniques. En accueillant ces nouveaux arrivants, des échanges plus ou moins équitables se sont créés, il y a de la place pour tout le monde, pense-t-on, sur Nitassinan, et puis les européens aiment les fourrures, les payent cher. Assez vite, les Innus passent de la liberté fondamentale du chasseur aux contraintes étriquées du trappeur.
Les espaces se réduisent. De plus en plus, les effets de cette chasse excessive poussent les Innus sur la côte du Saint-Laurent, au contact des comptoirs. Les missionnaires et les commerçants en profitent, multiplient les arnaques, les évangélisations, et, quand l’industrie forestière ajoute à leurs exils, Nitassinan n’est plus que peau de chagrin. En 300 ans à peine, la société innue est alors considérablement désorientée.
Au 19e siècle, tout s’accélère : la fin des guerres entre empires coloniaux et le déclin de la traite des fourrures rendent la coopération avec les autochtones moins nécessaire. Les Innus, anciens alliés des Français, sont considérés par les autorités britanniques comme des sauvages, des animaux à civiliser. En 1876, la loi sur les Indiens est votée : il s’agit, au travers d’un texte profondément paternaliste, « d’encourager » les autochtones à devenir des citoyens canadiens. Pour cela on leur interdit leurs cérémonies traditionnelles, leurs costumes, jusqu’à la pratique de leur propre langue : l’acculturation déjà à l’œuvre depuis des siècles devient vertigineuse. Dans le même élan, les Innus sont incités à se regrouper dans des villages préfabriqués.
Souvent isolées, toujours contrôlées et surtout mal financées, ces réserves cumulent rapidement alcoolisme, suicide et malnutrition. Enfin, au comble de cette politique assimilationniste, un programme de pensionnats est lancé, contraignant tous les jeunes autochtones âgés de 7 à 15 ans à fréquenter une école catholique souvent à des centaines de kilomètres de leur communauté et dont le but avoué est de les couper le plus possible de leurs racines. Les conditions de vie y sont terribles : au manque de nourriture s’ajoutent les transmissions de maladies, le travail excessif, les brutalités, les viols ; beaucoup raconteront les humiliations, les noms remplacés par des numéros : on estime à environ 6 000 enfants morts (sur 150 000 placés) dans ces établissements jusque dans les années 1990.
Où :
Stimultania - Strasbourg 67000 Strasbourg
Contacts :
+33 3 88 23 63 11
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