Fort Lamalgue, Fort Lamalgue | Toulon
En 2026, la Marine nationale célèbre quatre siècles d'existence, née sous l'impulsion du cardinal de Richelieu en 1626. La Région Sud occupe une place centrale dans cette longue histoire : de l'arsenal de Toulon, premier port militaire d'Europe, aux îles de Lérins, en passant par les plages du débarquement de Provence, le littoral méditerranéen porte les empreintes de quatre siècles d'aventure maritime. Deux événements sont prévus à Toulon en septembre et octobre 2026 pour marquer cet anniversaire.
Avant 1626, la France ne dispose pas encore d'une marine permanente organisée. Lorsqu'un conflit éclate, il faut réquisitionner des navires de commerce et recruter des équipages dans l'urgence. C'est l'édit de Saint-Germain-en-Laye, signé sous l'impulsion de Richelieu, qui pose les bases d'une marine d'État structurée. Quatre cents ans plus tard, la Marine nationale retient cette date comme son acte fondateur. L'enjeu est alors autant politique que militaire : protéger les côtes françaises, sécuriser les routes commerciales et projeter la puissance du royaume au-delà de ses frontières.
Sur la façade méditerranéenne, le choix de Toulon s'impose rapidement. Sa rade, vaste et naturellement protégée, offre un abri idéal aux bâtiments de guerre. Le premier parc de la Marine y est achevé dès 1635. À partir de 1666, Colbert accélère la transformation : magasins, corderie, fonderie et chantiers navals redessinent progressivement la ville. Vauban, lors de sa première visite en 1679, imagine ce qu'il décrit comme le « plus beau port d'Europe situé dans la meilleure rade ». Pendant des siècles, Toulon et la Marine nationale grandissent ensemble, l'arsenal devenant une ville dans la ville, avec ses ateliers, ses milliers de travailleurs et toute une économie provençale qui en dépend. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, cet ancrage maritime est l'un des héritages les plus durables de l'histoire militaire française.
Une anecdote illustre bien la façon dont l'installation de la Marine a reconfiguré le territoire : au milieu du XVIIe siècle, Toulon comptait une vingtaine de savonneries, davantage que Marseille. Mais en 1669, Louis XIV assigne à Toulon une vocation avant tout militaire, laissant à Marseille le soin de développer son commerce et son industrie savonnière. Les navires marchands cèdent la place aux galères royales. Une décision royale qui a durablement spécialisé les deux grandes villes portuaires de Provence.
L'histoire maritime de la Région Sud ne se limite pas à la rade de Toulon. Dès 1637, les îles de Lérins sont le théâtre de l'une des premières grandes opérations combinées françaises : près de 70 navires et environ 5 000 hommes sont mobilisés pour reprendre l'île Sainte-Marguerite aux Espagnols. Cette bataille préfigure les opérations amphibies modernes, où forces navales et terrestres avancent de concert. Trois siècles plus tard, le 15 août 1944, le débarquement de Provence ouvre un second front en France. La Méditerranée devient l'une des voies de retour vers la liberté, des plages du Var jusqu'à la libération de Toulon et de Marseille. La région conserve également la mémoire de drames plus anciens, comme le naufrage de « La Lune », un vaisseau de Louis XIV coulé en 1664, dont l'épave a été découverte en 1993 par environ 90 mètres de fond et constitue aujourd'hui un site exceptionnel pour l'archéologie sous-marine.
En quatre cents ans, le visage de la Marine nationale a radicalement changé. Les coques en bois ont laissé place au métal, la voile à la vapeur, puis aux turbines et à la propulsion nucléaire. Les cartes tracées à la main côtoient désormais les satellites, les drones et les systèmes de combat numériques. Toulon reste au centre du dispositif : le site accueille l'état-major de la Force d'action navale, des bâtiments de surface, la flottille amphibie et constitue le port d'attache du groupe aéronaval. À quelques kilomètres, le Pôle Écoles Méditerranée de Saint-Mandrier forme les nouvelles générations de marins, présenté comme le plus grand centre de formation de la Marine nationale.
Les missions du quotidien illustrent également cet ancrage méditerranéen. Sauvetage en mer, surveillance du trafic, lutte contre les pollutions, neutralisation d'engins explosifs ou sécurisation de grands événements font partie des opérations coordonnées en permanence au large des côtes provençales. En 2025, le CROSS MED a coordonné 4 584 opérations de sauvetage ou d'assistance impliquant plus de 10 000 personnes, tandis que les sémaphores de la Marine ont surveillé plus de 257 000 navires. Vers l'avenir, la base navale de Toulon se prépare déjà à accueillir la nouvelle génération de bâtiments de combat, avec la construction programmée d'un bassin de 360 mètres et de nouveaux quais adaptés au futur porte-avions.
Le spectacle son et lumière du samedi 19 septembre 2026 au fort Lamalgue est proposé aux tarifs suivants :
La Foulée des 400 ans, prévue le samedi 3 octobre 2026 dans la base navale de Toulon, est un événement distinct. Les tarifs de participation à cette course n'ont pas été communiqués.
Le spectacle son et lumière se tient au fort Lamalgue, à Toulon, avec un début prévu à 20h30. En cas de mauvais temps, la soirée est reportée au dimanche 20 septembre 2026. La Foulée des 400 ans, le 3 octobre, prend son départ porte Malbousquet et se termine au stade Jauréguiberry, au sein de la base navale. Ce site est habituellement peu accessible au grand public, ce qui rend cette course particulièrement inédite pour les participants.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 11/09/2026.
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