Du 26/01/2012 au 28/01/2012
Espace 110 - Centre Culturel d'Illzach - Scène conventionnée d'intérêt national « art et création » | Illzach
12/15€
MacBeth, le chef d'œuvre de Shakespeare, a décidément beaucoup de succès auprès des compagnies de théâtre locales. Après Jean-Marie Meshaka du Théâtre Poche Ruelle, c'est désormais à Thomas Ress de la Cie des Rives de l'Ill d'adapter cette pièce cette saison. Le jeune metteur en scène n'y voit pas d'inconvénient : « C'est au contraire une chance de voir deux lectures, deux visions, deux mises en scène qui posent des questions différentes. Et on espère que les gens auront envie de découvrir une adaptation contemporaine de la pièce, avec une réécriture moderne comme nous le proposons.»
Le titre de cette adaptation, Ladies-MacBeth, nous donne déjà un indice de taille : Thomas Ress a choisi de questionner la pièce du point de vue de la femme. « Si MacBeth était une femme, comment les choses se seraient-elles déroulées ? Est-ce qu'il y aurait eu plus de force, de faiblesse, de douceur, d'âme, d'intelligence ? Et comme nous garderons une ambigüité totale sur l'identité sexuelle de MacBeth, il n'y aura pas ce jeu sur la différence des sexes dans le couple, pas l'un qui prend le dessus sur l'autre comme dans le texte original. Il s'agit ici de traiter la force du rapport humain et non de l'homme par rapport à la femme », explique le metteur en scène.
La réécriture de la pièce, confiée à Jean-François Mathey qui avait déjà adapté Métamorphose joué l'an dernier et présenté au festival d'Avignon par la compagnie, conserve l'intrigue de la pièce. Mais sur scène, on ne verra que quatre comédiens qui joueront MacBeth, Lady MacBeth, Duncan et Banquo. L'armée de figurants dans la pièce originale ne seront ici que des « présences », venant apporter de nouveaux éléments à l'intrigue : ils apparaîtront et disparaîtront via des trappes disposés sur un plan incliné en béton, vide et froid. Sur l'arrière de la scène, un écran avec des rideaux de fils où seront projetées des images tournées en forêt, destinées à créer de l'espace.
Si l'univers militaire de la pièce est conservé notamment grâce aux costumes, rien ne permettra de dater les époques, les lieux, pour garder le côté universel et intemporel de l'œuvre. La quête du pouvoir dans le sang est, il est vrai, toujours d'une brûlante actualité : « 2012 me semble une bonne année pour parler de la quête du pouvoir et du cataclysme alors qu'on ne cesse de parler de fin du monde. Cela fait aussi écho aux révolutions arabes : des dictateurs sont déchus, mais pour mettre qui et pour faire quoi à la place ? », questionne Thomas Ress.
Contacts :
03 89 52 18 81
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