Du 24/04/2010 au 25/04/2010
Danseuse depuis quatorze ans au Ballet du Rhin, à Mulhouse, Sybile Obré sera omniprésente dans le triple programme du mois d’avril, dédié aux chorégraphes Jiri Kylian et Johan Inger. Rencontre, entre deux répétitions, avec cette jeune artiste au parcours déjà riche.
J’ai commencé la danse à 12 ans, ce qui est déjà tard. C’est mon prof de musique, au collège, qui a conseillé à mes parents de m’inscrire à une activité parce que je n’étais pas très à l’aise à l’école. Comme j’aimais bien danser parfois dans le salon, ils m’ont orientée vers la danse ! En région parisienne, où j’ai grandi, les cours foisonnent, j’ai donc commencé avec un professeur privé. Au début, c’était très dur, la barre était placée très haut. La danse demande énormément de volonté, de discipline, d’efforts, ça nous prend à la fois le corps et l’esprit.
On avait décelé un potentiel, mais avec ce genre de discipline, on ne peut jamais savoir ce qui va advenir, ni si on va y arriver. En tout cas, j’en avais très, très envie, alors j’ai poursuivi ma scolarité dans une classe «mi-temps», pour aller le plus loin possible dans la danse. J’ai continué ma formation au Conservatoire de Paris, puis de Boulogne-Billancourt, et finalement au Conservatoire Supérieur de Lyon. En 1996, à 21 ans, j’ai été reçue dans la Cellule d’Insertion Professionnelle du Ballet du Rhin et depuis quatorze ans je fais partie de cette compagnie.
Je me souviens de la première chose qu’on m’ait donnée à danser : c’était la Sonate à trois de Béjart. Ensuite, il y a eu Agon de Balanchine, qui a vraiment été très important. J’ai dansé Giselle aussi, il y a sept ans : c’était très difficile pour moi à l’époque, je me demandais ce que je faisais là... Quand je l’ai repris cette saison, c’était encore plus difficile, avec sept ans de plus ! Mais quand on a dansé Giselle, évidemment après on se dit : «Je l’ai fait !»
C’est très compliqué ! D’autant plus que les temps de préparation entre deux spectacles sont parfois très courts. Nous sommes obligés de pousser notre corps à intégrer rapidement un tout autre style.
On travaille en studio avec les chorégraphes ou les intervenants qui sont spécialisés dans le style des chorégraphes. La première étape est la mémorisation des mouvements de la chorégraphie : pour que ça rentre dans la tête, il faut l’expérimenter dans le corps. Ensuite, on répète sur la musique, puis il faut intégrer les détails et améliorer chaque jour la performance, même si c’est un travail qui ne peut jamais être totalement abouti. Dans la danse, on n’a jamais fini de faire ses preuves : d’abord pour le directeur du ballet, ensuite pour soi-même.
Au début du travail, la musique est juste un repère pour nous, on compte les temps, on enregistre à quel moment on doit faire tel mouvement... Ensuite, on se l’approprie pleinement, on laisse l’émotion de la musique nous envahir et on danse avec elle.
Ballet du Rhin : le programme de la soirée Kylian/Inger à La Filature à Mulhouse
Contacts :
03 89 36 28 28
info@lafilature.org
http:
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