Huit jeunes suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse des Alpes-Vaucluse et des Alpes-Maritimes ont présenté Traverser la nuit sur le plateau de La FabricA du Festival d'Avignon, devant près de 300 spectateurs. Fruit d'une semaine de résidence artistique menée avec la compagnie Primesautier Théâtre, ce spectacle interrogeait notre rapport à l'intelligence artificielle et à ce qui subsiste lorsque les machines se taisent.
Du 18 au 23 octobre, huit jeunes accompagnés par leurs éducatrices et éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse des Alpes-Vaucluse et des Alpes-Maritimes ont investi La FabricA, lieu de création du Festival d'Avignon, dans le cadre d'une résidence artistique à part entière. Placés dans les mêmes conditions que des artistes professionnels, ils ont bénéficié d'un encadrement scénique, technique et humain complet tout au long de la semaine. Ce dispositif, ancré dans le Vaucluse, s'inscrit dans un projet porté conjointement par la Protection judiciaire de la jeunesse et le Festival d'Avignon depuis plusieurs années.
La thématique choisie cette année était celle de l'intelligence artificielle et de notre dépendance aux technologies. Les jeunes, guidés par les trois membres de la compagnie Primesautier Théâtre, Julie Minck, Antoine Wellens et Virgile Simon, ont construit un récit collectif à partir d'une question fondamentale : que reste-t-il de l'humain lorsque les écrans s'éteignent et que les machines ne répondent plus ? La résidence a également été enrichie par la présence de Redouane Dich, directeur des missions éducatives adjoint de la direction interrégionale de la PJJ Sud-Est, et de Sarah Priarone, ingénieure pédagogique numérique à l'École nationale de protection judiciaire de la jeunesse.
Au fil de la semaine se sont entremêlés des temps d'écriture, de pratique théâtrale et de sensibilisation aux métiers techniques du spectacle vivant. Des espaces de discussion ont également permis aux jeunes d'approfondir leurs réflexions grâce aux regards de professionnels et de témoins extérieurs. Cette approche globale, à la fois artistique et citoyenne, vise à valoriser la parole de chaque participant dans un cadre bienveillant et exigeant.
Traverser la nuit plonge ses personnages dans un scénario de rupture totale : un bug mondial éteint tous les écrans, fait taire les intelligences artificielles et coupe les connexions. Des inconnus, réfugiés dans un vieux théâtre, sont contraints de se parler, de partager leurs peurs et leurs certitudes face à un monde qu'ils ont largement confié aux machines. Le plateau devient alors un espace de parole brute, entre fascination et méfiance, espoir et inquiétude.
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La création a réuni une équipe technique professionnelle composée de Vincent Bosc à la vidéo, Élise Riegel aux lumières et Marie Toselli au son. Un reportage vidéo a par ailleurs été réalisé par l'association VOLT Par l'Image et le Son. Cette production a bénéficié du soutien de la Direction interrégionale de la PJJ Sud-Est, de la Direction régionale des affaires culturelles de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que de la Préfecture de Vaucluse dans le cadre de la politique de la Ville.
La semaine de résidence s'est conclue par une restitution publique devant près de 300 spectateurs, suivie d'un temps d'échange entre les jeunes et le public. Ce moment de rencontre, au cœur de la démarche, a permis de prolonger la réflexion engagée sur scène et de mesurer l'impact d'une création née de l'expérience vécue. Traverser la nuit s'affirme ainsi comme un projet humain autant qu'artistique, où la fragilité et la force des êtres priment sur toute autre considération technique.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 06/11/2026.
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