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Muriel Hasse Collin : des collages psychédéliques

La Vitrine | Mulhouse

Formée il y a une vingtaine d'années à l'école des Beaux-Arts de Mulhouse, Muriel Hasse Collin développe son activité de plasticienne et designer textile au sein de son atelier d'art mobile. Ses collages un peu psychédéliques, qui mêlent principalement végétaux et pin up, s'affichent sur tous les supports : toiles, cahiers, bagues, sacs...

Comment a commencé votre activité de designer textile ?

J'ai commencé par faire de petits sacs pour petites filles en toile de coton en m'associant à une styliste, puis à deux autres personnes, pour atteindre jusqu'à 10 modèles différents, toujours édités en petite quantité, à 5 ou 10 exemplaires. Après, il y a eu les cabas en bâche publicitaire, puis des sacs en bandoulière. Ils peuvent être personnalisables : j'ai un homme qui m'a un jour apporté ses propres vinyles et pochettes pour réaliser un sac.

Muriel Hasse Collin réalise des collages papier et numérique © Sandrine Bavard Muriel Hasse Collin réalise des collages papier et numérique

Les gens sont-ils demandeurs de ce côté unique ?

Il y a toujours certaines personnes qui trouvent que c'est trop cher, mais je leur réponds que c'est comme une œuvre d'art. Je trouve ça bien de se dire qu'il n'y a que 5 exemplaires d'un modèle de sac dans le monde. Quand à mes toiles, elles sont uniques, je peux utiliser plusieurs fois la même image, mais pas le même fond, par les mêmes couleurs. Je vends en partie mes produits à La Vitrine à Mulhouse, et les gens viennent pour un cadeau unique, original. C'est vrai que les accessoires marchent bien car les gens y trouvent une utilité. La déco, le beau, c'est plus difficile à vendre car ce n'est pas la priorité en temps de crise.

La déco, ce sont vos toiles avec un travail qui tourne principalement autour du collage. Quel est votre approche pour le collage papier et numérique ?

Le collage, c'est se réapproprier des images pour en créer d'autres. Pour le papier, je compose des fonds avec différentes sortes de papier, dans divers coloris. Pour le numérique, je travaille à partir de photographies que j'ai prise, et je superpose les calques. Maintenant, il y a de super techniques d'impression, on peut changer d'échelle sans perdre en qualité : j'avais par exemple une toile d'un format 10x30cm que je voulais présenter lors d'une exposition qui se faisait à la lueur de la lampe de poche, j'ai donc décidé d'imprimer l'image sur un tissu microfibre de 2.5m de large sur 4 mètres de haut...On peut aussi décliner ces collages en rideaux, nappes, torchons : on peut faire ce que l'on veut.

Quels sont les thèmes qui vous inspirent ?

Je prends des photos tout le temps, en général des fruits, des fleurs, des légumes, quand je fais la cuisine ou quand je ramène un bouquet de fleur à la maison...ce qui me permet d'avoir une base de données. J'aime aussi beaucoup le thème vintage de la pin up, j'ai toujours travaillé le collage par rapport à la femme, celle qui s'affirme dans sa sexualité, qui a une image forte, pas la femme derrière les fourneaux. Il y a eu Louise Brooks, la pin up des années 20, une série sur Betty Page quand elle est morte en 2008, et Marylin Monroe pour les 50 ans de sa mort... Et j'adore les pois, depuis que je suis toute petite, cela doit être une maladie, parce que j'en ai partout chez moi.

Vous travaillez également sur commande. Comment procédez-vous alors ?

J'adapte le style que les clients aiment chez moi à leurs envies, à leurs intérieurs ou à une manifestation. J'ai par exemple fait des toiles pour la salle d'attente et de consultation d'un pédiatre à Mulhouse, où il n'était pas question que je fasse des pin up...J'ai fait alors un travail sur les animaux et sur les vieux jouets, avec des couleurs très ludiques. J'ai aussi par exemple répondu à une demande du conseil général du territoire de Belfort pour les Eurockéennes qui voulait que j'habille des banquettes en polystyrène. Il fallait imaginer quelque chose pour aller au bord de l'eau, et j'ai donc fait des photos sur le site : des grenouilles, des carpes coï, des pissenlits... Les collages numériques ont été imprimés sur de la toile microfibre, comme une toile de tente, imperméabilisée, sur 25 banquettes. Ce genre de commande a un effet boule de neige, c'est une super carte de visite : d'ailleurs, les fauteuils ont été réutilisés pour l'inauguration de la gare TGV à Belfort.

Vous réalisez aussi des créations en partenariat avec d'autres artistes. Qu'est-ce que cela vous apporte?

Je me suis associée à la styliste Poupet Pouket l'an dernier pour faire des robes pour petites filles à faire soi-même. Cette année, pour la Saint-Valentin, je me suis associée à Lucie Lux, écrivain érotique, pour réaliser des miroirs de poche : j'ai réalisé les visuels, elle a écrit une mini-nouvelle. J'ai aussi réalisé des carnets de note avec l'illustratrice Fanny Delqué : elle propose ses dessins, je rajoute mes collages. J'aime ce mélange d'idées, cette émulation entre artistes : c'est très dynamique et créatif. J'ai d'ailleurs une idée qui me trotte dans la tête : faire une coopérative d'artistes pour faire de l'édition d'objets (drap, torchon, linge de lit...), un peu à la manière de ce qu'a fait l'association Old School en fédérant des artistes locaux pour sortir un jeu des 7 familles.

D'autres projets ?

Je suis sur une nouvelle piste : faire de l'impression textile pour l'ameublement (nappes, torchons, etc.) dans un esprit vintage, avec une entreprise locale.

Propos recueillis par Sandrine Bavard

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