Jardin du Rosaire, Montée du Cardinal Decourtray | Lyon
Le secteur Jaricot du jardin du Rosaire, situé en contrebas de la basilique de Fourvière à Lyon, a rouvert ses portes au public le 12 août 2026, après sept mois de travaux. Cette première étape d'un vaste chantier de restauration patrimoniale redonne notamment accès au jardin depuis la montée du Cardinal Decourtray, un accès historique fermé depuis de nombreuses années et entièrement restauré.
Niché sur le versant est de la colline de Fourvière, le jardin du Rosaire est l'un des espaces verts les plus singuliers de Lyon. Ses 2,5 hectares de boisements en pente, ses points de vue remarquables sur la ville et son histoire intimement liée à la basilique en font un lieu de promenade très apprécié, aussi bien des Lyonnais que des visiteurs de passage dans le Vieux-Lyon. Dans le Rhône, peu de jardins urbains cumulent une telle densité patrimoniale et paysagère.
Votée en 2024 et lancée en janvier 2026, l'opération de restauration pilotée par la Ville de Lyon répond à trois grandes ambitions : préserver un patrimoine paysager exceptionnel, restituer la lecture historique du site et renforcer durablement la biodiversité. Les travaux ont été confiés à l'agence RL&A, dans le cadre d'une collaboration étroite avec les services de l'État en charge des Monuments historiques, car 1,9 hectare du jardin, soit les trois quarts de sa surface, est classé au titre des Monuments historiques depuis 2014.
La réouverture du secteur Jaricot, situé au sud du jardin le long du Conservatoire, constitue une première étape symbolique et concrète de ce chantier d'envergure. Les promeneurs peuvent désormais emprunter un nouvel accès restauré depuis la montée du Cardinal Decourtray, créé en 1864 et progressivement tombé en désuétude, qui retrouve aujourd'hui sa fonction historique et sa visibilité sur le site.
Plusieurs aménagements significatifs ont été réalisés durant ces sept mois de chantier. Un nouveau portail, inspiré des modèles historiques du jardin, a été installé à l'entrée de la montée du Cardinal Decourtray. En ouvrant largement les vues sur le jardin, il affirme le caractère public de cette entrée et contribue à recomposer l'identité des jardins de la basilique. Par ailleurs, une passerelle a été construite pour franchir en toute sécurité le passage particulièrement étroit situé au pied de l'ancienne tour de l'Observatoire.
Les travaux ont également porté sur la réfection partielle des cheminements ainsi que des réseaux d'eau et d'éclairage. Les bornes d'éclairage du secteur Jaricot sont prévues pour être installées mi-août 2026, tandis que les plantations paysagères sont programmées à l'automne. À noter que le secteur Rosaire, quant à lui, est fermé au public depuis le 31 août 2026 pour permettre la poursuite des interventions. Les visiteurs souhaitant rejoindre Fourvière peuvent néanmoins continuer à le faire via le secteur Jaricot et le nouveau portail de la montée Decourtray, en suivant la signalétique mise en place.
La restauration complète du jardin du Rosaire est attendue pour l'été 2027. À terme, le projet prévoit également la restauration des ouvrages architecturaux, notamment les murs, clôtures, fontaine, bassin Saint-Joseph et serrurerie, ainsi que la recomposition des ambiances végétales des clos historiques dans le respect de l'esprit du jardin de la fin du XIXe siècle. Des travaux de confortement sont par ailleurs en cours pour sécuriser la partie haute du jardin, en amont d'une zone identifiée à risque géotechnique depuis le glissement de terrain de 1930.
Au-delà de la dimension patrimoniale, la restauration du jardin du Rosaire intègre un volet environnemental ambitieux. Le jardin constitue en effet un véritable réservoir de biodiversité en plein cœur de Lyon, mais la forte fréquentation du site, l'érosion et les attaques de parasites et champignons menacent sa pérennité. Le projet entend y répondre par plusieurs mesures concrètes :
Le choix des essences végétales ne répond pas seulement à des critères écologiques : il s'inspire aussi de l'histoire du jardin. Le Rosaire, prière mariale qui donne son nom au site, était autrefois scandé par des stations sculptées jalonnant le cheminement. Le projet de restauration retient l'évocation de ces stations via une scénographie végétale mentionnée dans les archives et aujourd'hui disparue. Les couleurs, formes et odeurs des plantations rappelleront les trois groupes historiques des mystères : joyeux, douloureux et glorieux.
Cette restauration bénéficie d'un soutien financier de l'État via la convention Patrimoine 2019-2024 ainsi que de la Fondation du Patrimoine. Un accompagnement qui témoigne de la reconnaissance nationale de la valeur patrimoniale et écologique de ce jardin lyonnais hors du commun, qui continue d'écrire son histoire tout en retrouvant celle qu'il avait perdue.
Article rédigé par Julie
Date de publication : le 03/09/2026.
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