On connaît Lyon pour ses bouchons, ses traboules, ses deux collines et ses célèbres monuments. Mais saviez-vous que la ville possède aussi un incroyable musée à ciel ouvert ? Ici, les murs racontent des histoires, les escaliers prennent des couleurs et même les trottoirs se transforment en œuvres d'art.
Des pentes de la Croix-Rousse au quartier des États-Unis, le street art à Lyon se découvre gratuitement, au fil des rues et des rencontres. Et pas besoin d'être un expert pour apprécier le spectacle ! Voici huit endroits qui prouvent que, parfois, il suffit de lever les yeux (ou de regarder sous ses pieds) pour en prendre plein la vue.
On ne va pas se mentir : à Lyon, les escaliers, on connaît. Et généralement, on préfère les descendre plutôt que les monter. Mais dans le 1er arrondissement, il y en a un qui mérite qu'on fasse un petit effort.
Situé dans le passage Mermet, au cœur des pentes de la Croix-Rousse, cet escalier a été transformé en une véritable œuvre d'art par l'artiste Wenc. Ses motifs colorés habillent les contremarches et composent une création particulièrement spectaculaire lorsqu'on l'observe depuis le bas.
Le résultat ? Un escalier qui donne presque envie de faire des allers-retours. Presque.
📍 Où le voir ? Passage Mermet, Lyon 1er.
À première vue, on pourrait croire qu'il s'agit d'une rue ordinaire, avec ses immeubles, ses escaliers, ses commerces et ses habitants. Sauf que... tout est peint !
Bienvenue devant le Mur des Canuts, l'une des fresques les plus impressionnantes de Lyon. Avec ses quelque 1 200 m², cette œuvre monumentale réalisée par CitéCréation en 1987 rend hommage à l'histoire du quartier de la Croix-Rousse et à ses anciens ouvriers de la soie.
Mais son originalité ne s'arrête pas à sa taille. La fresque a été actualisée à plusieurs reprises, notamment en 1997 et en 2013. Les personnages vieillissent, les enfants grandissent et le quartier évolue sous nos yeux.
Une sorte de voyage dans le temps, mais avec des pinceaux plutôt qu'une DeLorean.
Le petit défi : essayez de repérer tous les détails cachés dans la fresque, notamment les personnages, les animaux et les clins d'œil à la vie lyonnaise.
📍 Où le voir ? Boulevard des Canuts, à l'angle de la rue Denfert-Rochereau, Lyon 4e. Métro C, station Hénon.
Certains changent de décoration tous les dix ans. À la Croix-Rousse, un mur a décidé de faire beaucoup mieux.
Sur la place des Tapis, le Mur69 offre environ 120 m² de liberté créative aux artistes urbains. Depuis 2016, les œuvres s'y succèdent, transformant régulièrement cette grande surface en une nouvelle création.
Graffiti, lettrage, portraits, compositions abstraites... D'une visite à l'autre, le décor peut être complètement différent. Et c'est justement ce qui fait tout son charme.
Contrairement aux fresques monumentales conçues pour durer, ce mur rappelle l'une des particularités du street art : une œuvre peut disparaître pour laisser place à une autre.
Notre conseil ? Prenez une photo. Lors de votre prochaine visite, le mur pourrait avoir changé de visage !
📍 Où le voir ? Place des Tapis, Lyon 4e, à proximité de la place de la Croix-Rousse.
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Non, David Bowie n'a pas décidé de s'installer à Lyon. Mais son regard continue de faire partie du paysage des pentes de la Croix-Rousse.
Rue Neyret, le pochoiriste Big Ben a réalisé un hommage au célèbre chanteur britannique, reconnaissable à son regard si particulier. Une œuvre qui a marqué les habitants du quartier, au point de devenir le symbole d'une mobilisation.
En 2017, alors que sa disparition était envisagée, une pétition pour préserver ce portrait a recueilli plus de 3 000 signatures. Comme quoi, une œuvre de rue peut créer un attachement aussi fort qu'un monument.
C'est aussi l'occasion de rappeler que le street art n'est pas seulement décoratif : il peut susciter des émotions, raconter des histoires et fédérer tout un quartier.
📍 Où le chercher ? Rue Neyret, Lyon 1er. Comme pour beaucoup de collages et de pochoirs, son état et sa visibilité peuvent évoluer.
Imaginez un immeuble où vous pourriez croiser Paul Bocuse, les frères Lumière, Antoine de Saint-Exupéry ou encore Guignol. Non, ce n'est pas le début d'une blague lyonnaise, mais le principe de la Fresque des Lyonnais.
À deux pas des quais de Saône, cette immense peinture murale de 800 m² représente 31 personnalités liées à l'histoire de Lyon. Réalisée en 1994-1995 par CitéCréation, elle prend la forme d'un immeuble en trompe-l'œil dont les fenêtres et les balcons semblent habités.
Le plus amusant, c'est de prendre quelques minutes pour reconnaître les célébrités représentées. Certains visages sont immédiatement identifiables, d'autres demandent un peu plus de réflexion.
Une excellente façon de réviser sa culture lyonnaise sans ouvrir un seul manuel d'histoire.
📍 Où la voir ? 2 rue de la Martinière, à l'angle du quai Saint-Vincent, Lyon 1er.
Décidément, les escaliers lyonnais ont quelque chose à nous dire. Et ceux de la rue Prunelle ont choisi de le faire en couleurs.
Cette fresque participative a été réalisée par des habitants bénévoles du quartier, sous la direction artistique de Genaro Lopez. Une belle démonstration de ce que l'art urbain peut apporter à un espace du quotidien.
Ici, pas besoin d'une immense façade ou d'un bâtiment prestigieux. Quelques marches, de la peinture, de l'imagination et une bonne dose d'énergie collective suffisent à transformer un passage ordinaire en un endroit qui attire le regard.
C'est aussi ce qui rend cette œuvre particulièrement sympathique : elle appartient à la vie du quartier et à ceux qui ont contribué à sa création.
📍 Où les voir ? Escaliers Prunelle, Lyon 1er, dans les pentes de la Croix-Rousse.
Vous pensiez qu'une fresque monumentale, c'était déjà impressionnant ? Dans le 8e arrondissement de Lyon, on a carrément décidé d'en faire un quartier entier.
Bienvenue dans la Cité Musée Tony Garnier, un ensemble exceptionnel de 25 murs peints qui transforme les façades d'immeubles en gigantesques tableaux.
Réalisées dans le cadre de la réhabilitation du quartier, ces peintures rendent notamment hommage à Tony Garnier, architecte et urbaniste lyonnais à l'origine de la cité des États-Unis.
Au programme : visions architecturales, bâtiments emblématiques, perspectives étonnantes et représentations de la cité idéale. Certaines œuvres évoquent les réalisations de Tony Garnier, tandis que d'autres proposent des interprétations artistiques venues d'horizons différents.
Le plus beau ? Le parcours extérieur est accessible librement et gratuitement. Une belle idée de promenade pour découvrir un Lyon différent, loin des circuits touristiques les plus classiques.
Attention toutefois : les visites guidées et certaines activités du musée sont payantes.
📍 Où le découvrir ? Quartier des États-Unis, autour du 4 rue des Serpollières, Lyon 8e. Tram T4, arrêt Lycée Lumière.
© Wikipedia CC BY-SA 4.0 Madamedekeravel
On vous a conseillé de lever les yeux depuis le début de cet article. Pour cette dernière découverte, il va falloir faire exactement l'inverse.
L'artiste Ememem s'est fait connaître grâce à une technique baptisée le « flacking » : combler les fissures et les trous de la chaussée avec de petites mosaïques colorées.
Résultat : ce qui ressemblait à un banal morceau de trottoir abîmé devient une composition graphique pleine de poésie. Comme si quelqu'un avait décidé de réparer les petites blessures de la ville avec des morceaux de couleur.
Des créations ont été repérées dans plusieurs quartiers lyonnais, notamment sur les pentes de la Croix-Rousse, dans le Vieux Lyon et du côté de la Guillotière.
Et contrairement à une grande fresque de plusieurs centaines de mètres carrés, ces œuvres peuvent passer totalement inaperçues si l'on marche trop vite.
📍 Où les chercher ? Dans différents quartiers de Lyon, notamment rue de l'Alma dans le 1er arrondissement ou quai Romain-Rolland dans le 5e, où des créations ont été documentées en 2026. Leur présence peut évoluer au gré des travaux de voirie.
Envie de découvrir plusieurs de ces pépites sans traverser toute la ville ? Direction la Croix-Rousse et ses pentes, où se concentrent de nombreuses œuvres d'art urbain.
Notre suggestion de parcours :
Comptez environ deux heures pour profiter tranquillement des œuvres, prendre quelques photos et flâner dans les rues. Le parcours comporte des pentes et de nombreux escaliers : mieux vaut prévoir des chaussures confortables.
La Cité Musée Tony Garnier, plus éloignée, mérite quant à elle une visite à part entière.
Ce qui rend le street art lyonnais aussi intéressant, c'est sa diversité. D'un côté, les grandes fresques racontent l'histoire de la ville et de ses habitants. De l'autre, les artistes contemporains s'emparent des murs, des escaliers et même des trottoirs pour inventer de nouvelles façons de regarder l'espace public.
Et surtout, il n'y a ni billet à réserver, ni horaire de visite, ni dress code à respecter pour admirer ces œuvres depuis la rue.
Alors, la prochaine fois que vous vous promènerez à Lyon, oubliez un instant votre GPS, ralentissez le pas et regardez autour de vous. Vous pourriez bien tomber sur votre prochaine œuvre préférée au détour d'une ruelle.
À noter : certaines créations de street art sont éphémères. Les œuvres, leur état et leur emplacement peuvent évoluer, notamment en raison de nouvelles interventions artistiques ou de travaux.
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