La France compte parmi les pays les mieux dotés en phares, et certains de ces édifices méritent bien mieux qu'un simple coup d'œil distrait depuis la côte. Entre un phare métallique vissé dans le sable, une tour en forme de trompette qui semble flotter sur l'océan, un palace caché au milieu des flots bretons et un phare surnommé « l'enfer des enfers » par ses propres gardiens, ce patrimoine recèle des histoires aussi fascinantes qu'inattendues. Architectures hors normes, anecdotes saisissantes, situations géographiques spectaculaires : cette sélection de 15 phares invite à redécouvrir le littoral français sous un angle résolument insolite.
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Ces 15 phares français cachent des secrets que personne ne connait
Sommaire
Comment construire un phare là où il n'y a ni rocher ni terre ferme ? Au XIXe siècle, les ingénieurs ont trouvé une réponse aussi étonnante qu'ingénieuse : visser des pieux métalliques directement dans le sable. C'est ainsi qu'est né le phare de Walde à Marck, mis en service en 1859 sur le banc de sable de Walde, au-dessus de Calais. Six pieux métalliques, chacun terminé par une large vis, ont été enfoncés à environ cinq mètres dans le sol et reliés entre eux pour former une structure solide de 18 mètres de hauteur. Déclassé en 1986 puis définitivement retiré du service de navigation en 2001, il est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2022. Isolé sur l'immense plage des Hemmes de Marck, il marque aussi symboliquement la frontière entre la Manche et la mer du Nord. Sa silhouette change d'aspect selon les marées : tantôt encerclé par les eaux, tantôt posé au milieu d'une étendue de sable à perte de vue. C'est précisément cette dimension irréelle, combinée à son ingéniosité technique, qui le place en tête de cette sélection.
Notre conseil : Avant de rejoindre le pied du phare à marée basse, vérifiez impérativement les horaires des marées. Le banc de sable qui l'entoure accueille régulièrement une colonie de phoques : un spectacle bonus qui vaut lui seul le déplacement.
Le phare de Walde : un étonnant phare métallique planté dans le sable : toutes les informations
Au large de l'île de Ré, à environ 1,2 kilomètre de la côte de Rivedoux-Plage, une tour blanche fine et élancée défie l'océan depuis 1842. Le phare de Chauveau à Rivedoux-Plage doit son surnom de « phare en trompette » à sa silhouette particulière : évasée à la base, légèrement concave, puis progressivement resserrée vers le sommet. Cette forme n'est pas purement esthétique : la base largement évasée améliore la stabilité et permet à l'édifice de mieux encaisser les assauts des vagues et des courants du pertuis d'Antioche. Avec ses 30,70 mètres de hauteur, il signale les dangereux rochers de Chauveau et de Lavardin aux navires approchant de La Rochelle. À marée haute, il semble véritablement flotter au milieu des eaux. Automatisé en 1968 et inscrit au titre des Monuments historiques, il conserve une partie de son mobilier d'époque, dont cinq petites pièces superposées reliées par une échelle de meunier, témoins de la vie de ses anciens gardiens. Sa forme architecturale unique suffit à justifier sa place dans cette sélection.
Notre conseil : Lors des forts coefficients de marée basse, le plateau rocheux autour du phare devient accessible depuis la pointe de Chauveau. S'approcher à pied d'une tour habituellement cernée par la mer est une expérience saisissante, à condition de respecter scrupuleusement les horaires des marées et les consignes locales.
Le phare de Chauveau : une trompette face aux vagues : toutes les informations
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Les Géants de l'Île d'Aix
Sur la pointe sud de l'île d'Aix, deux élégantes tours de pierre se dressent côte à côte face au pertuis d'Antioche. De loin, elles ressemblent à deux phares presque jumeaux. Pourtant, le phare de l'île d'Aix ne produit qu'un seul feu. La première tour en pierre date de 1840-1841 ; une seconde est construite en 1889 pour affiner la signalisation des dangers du pertuis, notamment les hauts-fonds de Boyard et les rochers d'Antioche. Le secret de ce dispositif est étonnant : la seconde tour ne produit aucune lumière. Elle joue le rôle d'un écran, colorant en rouge une partie des éclats de la première tour afin de créer un secteur d'alerte pour les navigateurs. Automatisé en 1975, le phare reste en fonctionnement, son feu portant à environ 44 kilomètres. Les deux tours, protégées au titre des Monuments historiques depuis 2011, ont été surnommées par les habitants « les Géants de l'île ». C'est cette configuration unique en France, un seul feu pour deux tours, qui rend ce phare véritablement insolite.
Notre conseil : L'île d'Aix se visite à pied ou à vélo, sans voiture. Prévoyez une bonne demi-journée pour faire le tour de l'île et découvrir les deux tours depuis différents angles : la lumière de fin d'après-midi leur donne un caractère particulièrement photogénique.
Le phare de l'île d'Aix : deux tours pour un seul feu : toutes les informations
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Coucher de soleil sur l'île et le phare de Planier
À 13 kilomètres au large de Marseille, sur un minuscule îlot battu par les vents, le phare de Planier à Marseille donne presque l'impression qu'un morceau de ville a été transporté au milieu de la Méditerranée. Son feu est allumé pour la première fois le 25 août 1959 : il est le cinquième phare érigé sur ce site, son prédécesseur ayant été détruit par les troupes allemandes en août 1944. Reconstruit à partir de 1947 par les architectes André Arbus et André Crillon, il affiche une architecture résolument éloignée du modernisme d'après-guerre : sa tour légèrement tronconique, habillée de pierre de taille, évoque une immense colonne antique. Autour d'elle, logements et locaux techniques s'organisent autour d'une vaste cour centrale qui rappelle presque une petite place de village marseillaise. Avec ses 72 mètres de hauteur, Planier compte parmi les phares les plus hauts de Méditerranée et son feu porte à environ 42 kilomètres. Classé Monument historique depuis 2012, il fascine aussi par ses fonds marins riches en épaves, qui en font un site de plongée réputé. Son architecture néoclassique absolument inattendue en pleine mer justifie pleinement sa présence dans cette liste.
Notre conseil : Planier se découvre idéalement depuis la mer, lors d'une sortie en bateau depuis le Vieux-Port ou les calanques. Sa silhouette monumentale prend une tout autre dimension lorsqu'on l'approche par les eaux.
Le phare de Planier : un monument néoclassique en pleine mer : toutes les informations
Dans le Gard, au Grau-du-Roi, un phare à la silhouette carrée et massive se dresse au milieu d'un paysage de dunes et de végétation basse qui semble davantage appartenir au désert qu'au littoral méditerranéen. Le phare de l'Espiguette au Grau-du-Roi, construit entre 1865 et 1869 et allumé le 1er janvier 1869, devait remplacer l'ancien phare du Grau-du-Roi, rendu progressivement inefficace par l'ensablement du golfe d'Aigues-Mortes. Son histoire géographique est particulièrement frappante : lors de sa construction, la mer se trouvait à seulement 155 mètres de la tour ; aujourd'hui, le rivage s'est éloigné à environ 700 mètres, sous l'effet de l'accumulation des sédiments. Automatisé en 1980, classé Monument historique en 2012, il est ouvert à la visite et ses 111 marches permettent d'atteindre un sommet d'où le feu porte à environ 45 kilomètres. C'est ce paradoxe, un phare englouti par les terres malgré lui, qui lui vaut sa place dans cette sélection.
Notre conseil : Combinez la visite du phare avec une promenade dans la réserve naturelle de l'Espiguette. Le site, protégé, offre l'un des paysages dunaires les plus préservés du littoral méditerranéen français : le contraste entre la silhouette sombre du phare et l'étendue sablonneuse est particulièrement saisissant.
Le phare de l'Espiguette : une tour noire au milieu d'un désert de dunes : toutes les informations
Entre la pointe du Raz et l'île de Sein, sur un minuscule rocher battu par les courants de la mer d'Iroise, une petite maison blanche flanquée d'une tour carrée fait figure de lieu le plus inquiétant de tout le littoral breton. Le phare de Tévennec, près de l'île de Sein, est mis en service le 15 mars 1875 après un chantier commencé en 1869. Sa conception de maison-phare, avec pièces de vie directement accolées à la tour, est originale pour l'époque. Mais c'est surtout son histoire humaine qui glace : vingt-trois gardiens se succèdent en seulement trente-cinq ans, certains demandant rapidement leur mutation après des épisodes troublants. La réputation de rocher maudit est telle qu'un prêtre exorciste est envoyé sur place en 1893. La vérité est plus rationnelle : une faille sous-marine permet à la houle de s'engouffrer dans le rocher, produisant des sons puissants semblables à des cris ou des gémissements. Automatisé dès 1910 et inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2015, Tévennec reste l'un des phares les plus mythiques de Bretagne. Sa légende noire suffit à le rendre inoubliable.
Notre conseil : Tévennec ne se visite pas, mais il s'observe depuis la mer lors des sorties en bateau autour de la pointe du Raz ou de l'île de Sein. Par temps de houle, les sons produits par la faille rocheuse sous-marine sont parfois audibles depuis les embarcations : une expérience qui donne tout son sens aux récits des anciens gardiens.
Le phare de Tévennec : le phare le plus inquiétant de Bretagne : toutes les informations
Sur l'écueil de Men Tensel, dans le redoutable passage du Fromveur au sud-est d'Ouessant, une imposante tour de granit de 47,25 mètres surgit directement de l'océan. Construite entre 1907 et 1916 et allumée le 25 octobre 1916, le phare de Kéréon à Ouessant est le dernier grand phare-monument construit en pleine mer en France. Mais son secret le plus extraordinaire se trouve à l'intérieur : lambris en chêne de Hongrie, boiseries raffinées, parquet en marqueterie ornée d'une rose des vents en acajou, ébène et poirier, lits-clos ouvragés pour les gardiens. Ce luxe exceptionnel est dû à Amicie Lebaudy, héritière qui lègue en 1910 une importante somme à l'État pour financer la construction du phare, en mémoire d'un ancêtre condamné à mort pendant la Révolution. Automatisé en janvier 2004, Kéréon a conservé ses gardiens plus longtemps que tout autre grand phare français en pleine mer. Cette alliance entre un environnement extrême et un intérieur de demeure bourgeoise en fait un phare absolument unique au monde.
Notre conseil : Kéréon n'est pas accessible au public, mais des sorties en mer depuis Ouessant permettent de l'observer depuis le large. Profitez-en pour vous renseigner sur l'histoire de la famille Kéréon et du leg d'Amicie Lebaudy : cette histoire humaine donne une tout autre dimension à la visite.
Le phare de Kéréon : Un Palace au milieu de l'océan : toutes les informations
À Plouzané, à l'entrée du goulet de Brest, un phare offre l'un des décors les plus singuliers du littoral breton : une tour blanche posée sur un rocher, reliée à la côte par un petit pont de pierre, avec une plage de sable et des vestiges militaires en toile de fond. Le phare du Petit Minou à Plouzané, mis en service en 1848, atteint 26 mètres de hauteur et culmine à 34 mètres au-dessus de la mer. Sa situation est doublement fonctionnelle : en alignement avec le phare du Portzic sur l'autre rive, il guide les navires vers la rade de Brest, tandis que son secteur rouge avertit des dangers du plateau des Fillettes. Ce qui rend la visite du site particulièrement étonnante, c'est le contraste entre l'austérité maritime du phare et l'ambiance balnéaire de la plage du Minou, réputée pour ses vagues et devenue un spot de surf apprécié. Ce mélange des genres, entre patrimoine maritime, défense militaire et vie de plage, donne au Petit Minou un caractère unique.
Notre conseil : Descendez sur la plage du Minou après avoir observé le phare depuis la pointe. La vue sur la tour depuis la plage, avec le goulet de Brest en arrière-plan et parfois des navires militaires en transit, est l'une des plus belles compositions photographiques du Finistère.
Le phare du Petit Minou : un phare entre terre, mer et plage : toutes les informations
Au sud-ouest d'Ouessant, sur le récif d'Ar Gazec, une tour de 47 mètres se dresse au cœur du passage du Fromveur, à environ 2 kilomètres de l'île. Le phare de la Jument à Ouessant, allumé le 15 octobre 1911 après sept années de travaux difficiles, est financé grâce au legs de 400 000 francs-or de Charles-Eugène Potron, rescapé d'un naufrage dans ces eaux. La tour, fragilisée par les conditions extrêmes, a dû être consolidée par des câbles sous tension et renforcée d'une cuirasse de béton à sa base. Sa célébrité mondiale doit beaucoup à une photographie prise le 21 décembre 1989 par Jean Guichard : ce jour-là, une vague monumentale enveloppe presque entièrement la tour, et dans l'embrasure de la porte, une silhouette humaine est visible. C'est le gardien Théodore Malgorn, qui venait d'ouvrir la porte avant de la refermer précipitamment. Automatisé en 1991, classé Monument historique depuis 2017, la Jument a enregistré des vagues atteignant 24,60 mètres lors de l'hiver 2017-2018. Cette image d'une puissance saisissante en a fait l'un des phares les plus célèbres au monde.
Notre conseil : La photographie de Jean Guichard, devenue l'une des images maritimes les plus reproduites au monde, est visible dans plusieurs lieux sur l'île d'Ouessant, notamment au musée des Phares et Balises. Un arrêt incontournable pour replacer cette image dans son contexte.
Le phare de la Jument : la tour que les vagues ont rendue célèbre : toutes les informations
À l'extrémité occidentale de la chaussée de Sein, face à la pointe du Raz, un minuscule récif de 7 mètres sur 15 porte l'un des phares les plus mythiques de tout le littoral français. Le phare d'Ar-Men, près de l'île de Sein, officiellement mis en service en août 1881, a nécessité quatorze années de travaux, menés uniquement par fenêtres météorologiques favorables. Sa tour cylindrique de 35,50 mètres repose sur un rocher qui n'émerge que de quelques mètres au-dessus des plus basses mers. Après sa construction, la tour s'est révélée trop fragile face aux conditions extrêmes : entre 1897 et 1902, son soubassement est élargi et un contrefort de béton de 11,50 mètres est coulé autour de sa base. Ses gardiens lui ont donné un surnom resté célèbre : « l'enfer des enfers ». Automatisé le 10 avril 1990, premier phare automatisé du littoral finistérien, Ar-Men émet aujourd'hui trois éclats blancs toutes les vingt secondes, visibles à environ 43 kilomètres. Classé Monument historique en 2017, il reste inaccessible au public mais continue de fasciner. C'est l'histoire humaine de ses constructeurs et de ses gardiens qui en fait un phare hors de toute comparaison.
Notre conseil : Depuis l'île de Sein, des sorties en bateau permettent d'observer Ar-Men depuis la mer. Par mer agitée, la violence des conditions auxquelles le phare est soumis devient immédiatement perceptible, et le surnom « l'enfer des enfers » prend tout son sens.
Le phare d'Ar-Men : « l'enfer des enfers » au bout de la chaussée de Sein : toutes les informations
À Saint-Palais-sur-Mer, sur la Côte de Beauté en Charente-Maritime, une tour élancée au sommet coloré se découpe sur les rochers et l'océan. Le phare de Terre-Nègre à Saint-Palais-sur-Mer cache une histoire plus ancienne que sa discrétion ne le laisse supposer : sa tour est construite entre 1770 et 1773, bien avant de devenir un phare. À l'origine, elle sert d'amer, point fixe identifiable depuis la mer, permettant aux navigateurs, associé au clocher de Saint-Palais, d'éviter la dangereuse « Barre à l'Anglais » dans l'estuaire de la Gironde. Ce n'est qu'en 1838 qu'un premier feu y est installé. Sa lanterne octogonale surmontant une fine tour cylindrique en pierre, avec sa partie supérieure rouge contrastant avec la pierre claire, lui donne une silhouette particulièrement graphique. Avec ses 27 mètres de hauteur et ses 143 marches, il est loin des géants du littoral atlantique, mais son système de secteurs colorés blanc, rouge et vert permettait d'indiquer aux navires leur position avec une précision remarquable. Inscrit au titre des Monuments historiques depuis 2011, il se découvre depuis le sentier des Douaniers. Son ancienneté et son rôle d'amer avant même d'être un phare en font un monument discret mais remarquable.
Notre conseil : Empruntez le sentier des Douaniers entre la plage du Platin et la Grande Côte pour découvrir le phare dans son environnement naturel, avec les rochers, les carrelets et l'architecture balnéaire qui l'entourent. La lumière de fin de journée est particulièrement flatteuse pour sa silhouette colorée.
À Saint-Georges-de-Didonne, au sommet d'une falaise dominant l'embouchure de la Gironde, une tour carrée en pierre de taille à la coupole de cuivre ressemble davantage à un monument élégant qu'à un ouvrage maritime. Le phare de Vallières à Saint-Georges-de-Didonne est construit entre 1900 et 1901 pour remplacer une première maison-phare installée en 1860, dont le feu s'était révélé trop bas. Mis en service le 25 novembre 1901, il cesse de fonctionner en 1969, l'évolution des chenaux de navigation liée au développement du port du Verdon rendant son feu moins nécessaire. Sa seconde vie est tout aussi remarquable : ouvert au public depuis 1985, il est devenu l'un des belvédères les plus appréciés de la Côte de Beauté. Ses 144 marches conduisent à une plateforme panoramique à 36 mètres au-dessus de la mer, d'où la vue embrasse la plage, l'Atlantique et l'immense estuaire de la Gironde. Sur son flanc nord, des traces de bombardements de 1945 rappellent discrètement l'histoire traversée par l'édifice. Sa reconversion réussie de phare en belvédère illustre parfaitement la capacité de ces monuments à trouver une nouvelle vocation.
Notre conseil : L'ascension du phare de Vallières se combine parfaitement avec une promenade sur la plage de Saint-Georges-de-Didonne. Depuis le sommet, par temps clair, on distingue les deux rives de l'estuaire de la Gironde et parfois le phare de Cordouan au loin : un panorama qui donne le vertige, dans le bon sens du terme.
Le phare de Vallières : un phare devenu belvédère sur la Gironde : toutes les informations
À l'extrémité nord de l'île de Ré, à environ 3 kilomètres au large, une petite tour blanche se dresse seule sur le Haut Banc du Nord, presque invisible depuis la côte par temps brumeux et donnant par temps clair l'impression de flotter sur l'horizon. Le phare des Baleineaux à Saint-Clément-des-Baleines, construit entre 1849 et 1853, complète le dispositif du célèbre phare des Baleines pour sécuriser les abords de la pointe nord de l'île. Sa silhouette évasée à la base, qui se resserre progressivement vers le sommet, lui vaut d'appartenir à la famille des tours dites « trompette », conçues pour mieux résister aux assauts de la mer. Avec ses environ 20 mètres de hauteur, il paraît minuscule face aux 57 mètres de son grand voisin, mais son feu porte à environ 20 kilomètres et il continue d'assurer sa fonction de signalisation, plus de 170 ans après son entrée en service. Classé Monument historique depuis 2012, il fascine par son isolement et par cette impression de surgir du néant lorsqu'on l'observe depuis le rivage. C'est précisément ce sentiment d'un phare fantôme sur l'horizon qui rend ce petit édifice inoubliable.
Notre conseil : Depuis la pointe des Baleines, par beau temps, sortez les jumelles pour observer le Baleineaux sur l'horizon. Certaines sorties en kayak de mer depuis l'île de Ré permettent de s'en approcher dans de bonnes conditions : une expérience qui donne une toute autre dimension à ce petit phare discret.
Le phare des Baleineaux : le petit frère du phare des Baleines : toutes les informations
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Grand Phare de l'Île d'Yeux
Sur la butte de la Petite Foule, au nord-ouest de l'île d'Yeu, une haute tour blanche à la silhouette pyramidale et géométrique se détache au-dessus de l'océan. Le Grand Phare de l'île d'Yeu, mis en service en 1953, est né des ruines de son prédécesseur, détruit par les troupes allemandes en août 1944 lors de leur retraite. Conçu par l'architecte Maurice Durand, il appartient à cette génération de phares entièrement repensés après-guerre, avec une architecture résolument fonctionnelle et contemporaine, très éloignée des grandes tours de pierre du XIXe siècle. Autour de sa tour de 41 mètres, un ensemble de logements, ateliers et bâtiments de service témoigne de la manière dont ces édifices étaient encore pensés comme de véritables cités techniques au milieu du XXe siècle. Automatisé depuis 1980, le Grand Phare assure également le télécontrôle du phare des Corbeaux. Sa lanterne culmine à 56 mètres au-dessus des plus hautes mers et son éclat blanc est visible à près de 56 kilomètres. Ouvert à la visite, ses 198 marches conduisent à un panorama remarquable sur l'île et l'océan. C'est ce mélange entre histoire de guerre, architecture de la Reconstruction et patrimoine maritime vivant qui en fait un phare particulièrement touchant.
Notre conseil : Prévoyez une demi-journée complète pour découvrir le Grand Phare et ses environs sur l'île d'Yeu. L'ascension des 198 marches demande un effort modéré, récompensé par une vue à 360 degrés sur l'île et l'océan vendéen. Une location de vélo sur l'île permet ensuite de rejoindre facilement d'autres sites remarquables.
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Phare de Grand-Charpentier
Au large de Saint-Nazaire, sur un plateau rocheux à environ 2,5 kilomètres de la pointe de Chémoulin, une tour de granit se dresse seule au milieu de l'immensité marine. Le phare du Grand-Charpentier à Saint-Nazaire, mis en service le 16 janvier 1888, a été construit en granite de Batz-sur-Mer après une longue série d'installations fragiles régulièrement détruites par les tempêtes, dont une tourelle entièrement emportée en 1887. Sa base largement évasée et son profil concave lui permettent de résister aux vagues tout en assurant une assise solide. Une jetée de 56 mètres a été aménagée à son pied pour faciliter le débarquement des ouvriers et des matériaux lors de sa construction. Son feu à secteurs blanc, rouge et vert guide encore aujourd'hui les navires qui empruntent l'estuaire de la Loire, notamment ceux qui desservent le port de Saint-Nazaire. Automatisé en 1969, il a conservé la présence humaine de gardiens jusqu'en 1972. Inaccessible au public, il se découvre depuis la mer, avec en toile de fond les navires qui entrent et sortent de l'estuaire. C'est cette dimension de sentinelle toujours active, au cœur de l'une des grandes voies maritimes de l'Atlantique, qui clôt cette sélection de manière particulièrement éloquente.
Notre conseil : Pour observer le Grand-Charpentier dans les meilleures conditions, optez pour une sortie en mer depuis Saint-Nazaire ou La Baule. La vue sur la tour depuis le large, avec les grands navires de l'estuaire en arrière-plan, offre une perspective saisissante sur le rôle stratégique de ce phare dans la navigation de l'estuaire de la Loire.
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