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Financer un achat immobilier dans l'agglo de Mulhouse en 2026 : taux, apports et budgets passĂ©s au crible

Mulhouse

Mulhouse reste l’un des villes les plus accessibles du Grand Est, le marché immobilier de l'ancien gravitant autour de 1 600 €/m². Pourtant, en 2026, acheter dans la ville ou sa périphérie implique de franchir un autre obstacle : des conditions de financement nettement durcies. Entre banques frileuses et exigences renforcées, l’accès au crédit s’est complexifié.

Avant de signer, les acheteurs doivent dĂ©sormais prĂ©senter un dossier de financement solide. © Freepik Avant de signer, les acheteurs doivent dĂ©sormais prĂ©senter un dossier de financement solide.

L'agglomération de Mulhouse attire toujours les primo-accédants, les investisseurs et les ménages en quête de surfaces plus généreuses qu’à Strasbourg ou Colmar. Mais si les prix demeurent attractifs, l’accès à la propriété, lui, s’est complexifié. Les banques exigent davantage d’apport, scrutent les dossiers avec rigueur et maintiennent des taux encore élevés. Acheter à Mulhouse et dans son agglomération ne s’improvise plus : le marché demande une préparation bien plus minutieuse qu’auparavant.

Pour éclairer la situation des acheteurs, nous avons sollicité Raphaël Bussière, directeur de l’agence Meilleurtaux Mulhouse. Son analyse, fondée sur les situations qu’il traite au quotidien, dresse le portrait d’un marché contrasté, où l’accessibilité des prix ne compense plus la rigueur du financement.

Mulhouse et sa périphérie : deux marchés immobiliers aux logiques opposées

Mulhouse intramuros offre un terrain de jeu très particulier. Le centre-ville attire encore les investisseurs, parfois même au-delà des frontières. « Le Mulhouse intramuros est beaucoup plus impacté par les investisseurs. C’est historique », explique Raphaël Bussière. Certains dossiers concernent des non-résidents fiscaux, preuve que les rendements mulhousiens séduisent encore largement.

Dès que l’on s’éloigne de Mulhouse, la dynamique change. Dans la première couronne – Rixheim, Pfastatt, Illzach, Brunstatt-Didenheim –, les achats concernent avant tout la résidence principale, avec une forte proportion de primo-accédants. Sur la construction individuelle, le profil est encore plus affirmé : « Sur la construction, on est à plus de 90 % sur des personnes qui ont déjà la quarantaine ou la cinquantaine. » Dans ce périmètre, les projets sont plus matures, mieux préparés, soutenus par des revenus plus élevés.

Les chiffres confirment cet écart. À Mulhouse, le budget moyen financé reste contenu, autour de 211 000 €, avec un apport de 32 000 €. Dans la périphérie, des revenus plus élevés permettent de viser des budgets supérieurs à 236 000 €, traduisant des projets et des attentes différentes.

Financement immobilier : des banques plus strictes et un apport devenu indispensable

Depuis 2023, la prudence bancaire ne cesse de s’accentuer. L’époque où l’on pouvait emprunter 110 % du prix du bien est révolue : aujourd’hui, il faut apporter au minimum les frais annexes. « C’est devenu très compliqué de financer si on n’apporte pas les frais. La banque finance jusqu’à maximum 100 % du projet hors frais », résume Raphaël Bussière. Certains dossiers, examinés en direction régionale, ne peuvent être financés qu’à hauteur de 90 %, obligeant les acheteurs à présenter un apport de 10 à 20 % du prix total.

Le contexte réglementaire joue également son rôle. La performance énergétique d’un logement, autrefois un simple point d’attention, peut désormais bloquer un dossier, même pour des acheteurs prêts à effectuer les travaux eux-mêmes. « On a perdu le bon sens », souffle le courtier, évoquant un couple immobilisé pendant deux semaines pour obtenir des devis de rénovation exigés par une banque.

Taux immobiliers en 2026 : des niveaux encore élevés, compensés par l’allongement des durées

Les taux ont reculé depuis la flambée de 2023, mais restent élevés par rapport à la décennie précédente. Un crédit se négocie désormais autour de 3,30 % sur 20 ans et 3,50 % sur 25 ans, avec des écarts considérables selon les profils. Certains emprunteurs solides décrochent encore des taux proches de 3 %, quand d’autres dépassent 4 %. Pour préserver le pouvoir d’achat des ménages, les courtiers recommandent désormais presque systématiquement un emprunt sur 25 ans. « Même un client solvable sur 15 ou 20 ans, on va fortement pousser à 25 ans », explique Raphaël Bussière, conscient que cette stratégie évite d’asphyxier le budget.

Le nouveau Prêt à Taux Zéro, quant à lui, n’a peut-être pas révolutionné les simulations, mais il a eu un effet inattendu : celui de remettre les ménages en mouvement. « Le PTZ a suscité beaucoup d’intérêt. Même quand les gens n’y ont pas droit, ils viennent demander », résume le courtier. Le dispositif joue un rôle psychologique, créant du contact et redonnant confiance après une année 2023 particulièrement figée.

Procédures bancaires rallongées : un nouveau frein à l’achat immobilier

Si les conditions financières sont plus strictes, les délais administratifs se sont eux aussi étirés. Une clause suspensive de 45 jours n’est plus réaliste ; même 60 jours devient incertain. « On doit souvent la prolonger », note Raphaël Bussière, qui voit passer des dossiers techniquement irréprochables… mais grippés par des lenteurs bancaires.

Plus surprenant encore, certains refus échappent à la logique économique. Le courtier raconte le cas d’un client gagnant 150 000 € par an, disposant de 250 000 € d’épargne, et sans aucun endettement. Un profil idéal, mais qui a reçu plusieurs refus pour des raisons purement administratives. « Financièrement impeccable mais administrativement, c’est un dossier que les banques jugent trop contraignant », analyse le directeur d'agence.

Quel budget pour acheter dans l'agglo de Mulhouse ?

Pour les acheteurs, la question la plus concrète reste celle du pouvoir d’achat réel. Avec 150 000 €, Mulhouse offre encore de belles opportunités : un appartement de 60 à 70 m² dans l’ancien, souvent à rafraîchir mais situé dans des secteurs vivants comme Dornach ou le centre-ville. En périphérie, ce même budget permet d’accéder à un petit deux ou trois pièces, mais rarement à une maison, sauf en s’éloignant nettement de l’agglomération.

Avec 200 000 €, les perspectives s’élargissent considérablement. En ville, on peut viser un appartement de 80 m² ou plus, parfois avec balcon ou terrasse, dans une copropriété récente ou rénovée. Dans la couronne mulhousienne, ce budget ouvre parfois la voie à une maison mitoyenne ou individuelle ancienne, offrant jardin, stationnement, et un niveau de confort recherché par les jeunes familles.

À 250 000 €, l’acheteur gagne une réelle liberté. Mulhouse propose alors de vastes appartements bourgeois, lumineux, souvent très bien placés. La périphérie, de son côté, devient le terrain des maisons familiales de 90 à 110 m², avec trois chambres et un jardin. C’est dans cette zone de prix que se concentre désormais la demande des ménages souhaitant s’installer durablement dans l’agglomération.

Financer un achat dans l'agglo de Mulhouse : pourquoi l’anticipation est devenue incontournable

Dans ce paysage contrasté, une constante émerge : la nécessité d’anticiper. Les banques n’étudient un dossier qu’une fois le compromis signé, ce qui peut mettre l’acheteur dans une situation délicate s’il n’a pas testé sa capacité d’emprunt en amont. « En tant que professionnel, on peut faire une étude avant la signature, là où le banquier commence seulement à travailler lorsqu’il y a un compromis », rappelle Raphaël Bussière.

L’attrait de Mulhouse tient encore largement à la modération de ses prix. Mais en 2025, l’accessibilité du bien ne suffit plus : c’est la solidité du financement qui fait la différence.

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