Elle est le symbole de Nancy, l'une des plus belles places d'Europe et une fierté pour les habitants. Mais combien de fois avez-vous traversé la place Stanislas sans vraiment lever les yeux ? Derrière ses célèbres grilles dorées et ses façades monumentales se dissimulent des détails étonnants, parfois invisibles au premier regard. Nous vous proposons de redécouvrir ce joyau nancéien à travers 10 curiosités que vous n'avez peut-être jamais remarquées. Et certaines risquent de vous surprendre !
Commençons par le personnage le plus célèbre de la place. Au centre, Stanislas Leszczynski domine les lieux, le bras droit tendu et l'index pointé vers l'avant. Mais avez-vous déjà cherché à savoir ce qu'il désigne exactement ?
Son doigt pointe vers le médaillon de Louis XV, situé au sommet de l'Arc Héré. Un geste tout sauf anodin : Stanislas rend ainsi hommage à son gendre, le roi de France, auquel la place était initialement dédiée.
Pour vous en rendre compte, placez-vous près de la statue et regardez dans la direction indiquée par son doigt. Vous découvrirez alors un détail que l'on peut facilement manquer, même après des années à Nancy.
Pour prolonger cette découverte, découvrez aussi l'histoire de l'Arc Héré, qui relie la place Stanislas à la place de la Carrière.
La place Stanislas ne s'est pas toujours appelée ainsi. Lors de son inauguration en 1755, elle portait le nom de place Royale, en hommage à Louis XV.
Et cette ancienne appellation a laissé des traces dans la pierre ! Sur plusieurs façades, des inscriptions indiquaient autrefois « PLACE ROYALE ». Avec la Révolution française, le mot « ROYALE » a été supprimé.
Il est encore possible de distinguer le mot « PLACE » gravé sur certaines façades. Un petit vestige de l'histoire politique française, dissimulé sur l'un des monuments les plus photographiés de Nancy.
Voilà une bonne raison de prendre quelques minutes pour examiner les façades plutôt que de regarder uniquement les fontaines.
Vous avez peut-être déjà remarqué de curieuses tiges métalliques fixées sur certains bâtiments de la place. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, elles ne sont pas simplement décoratives.
Il s'agit de deux méridiennes, des instruments qui permettaient autrefois de connaître le midi solaire et de régler les montres et les horloges.
La première, installée en 1758, se trouve sur le pavillon Jacquet, du côté du Grand Café Foy. La seconde, datant de 1840, est visible à l'angle de la rue Héré, au-dessus de la brasserie Jean Lamour.
Un détail fascinant qui rappelle qu'avant les smartphones et les montres connectées, on pouvait venir sur la place pour remettre sa montre à l'heure !
Les grilles de Jean Lamour font partie des éléments les plus emblématiques de la place Stanislas. Mais avez-vous déjà pris le temps d'observer leurs motifs ?
Au milieu des volutes, des feuillages et des fleurs de lys apparaissent plusieurs symboles liés à la monarchie française. Parmi eux, des coqs intégrés au décor des ferronneries, notamment près de certains luminaires.
Ces ornements ne doivent rien au hasard. La place a été conçue pour célébrer Louis XV et afficher les liens politiques entre la Lorraine et la France.
La prochaine fois que vous passerez devant l'une des grilles, approchez-vous et cherchez les coqs. Vous ne regarderez plus ces chefs-d'œuvre de ferronnerie de la même manière.
Les fontaines de Neptune et d'Amphitrite sont admirées chaque jour par les passants. Pourtant, derrière leurs impressionnantes sculptures mythologiques se cachent des créatures plus inquiétantes.
En observant les bassins, on découvre notamment d'étranges animaux aux allures de dragons.
Une légende nancéienne raconte que la place aurait été construite sur d'anciens marais peuplés de dragons. Chassées par les travaux, ces créatures auraient jeté une malédiction sur Stanislas, avant de trouver refuge dans le décor des fontaines.
La légende va même jusqu'à relier cette malédiction à la mort du duc de Lorraine, décédé en 1766 après avoir été grièvement brûlé au château de Lunéville.
Une histoire à prendre évidemment comme une légende locale, mais qui donne une tout autre dimension aux créatures sculptées de la place.
Les deux grandes fontaines de la place représentent Neptune, dieu romain des mers, et Amphitrite, divinité marine de la mythologie grecque.
Mais le visage d'Amphitrite aurait une particularité : selon la tradition rapportée par la Ville de Nancy, Stanislas aurait demandé au sculpteur Barthélemy Guibal de s'inspirer des traits de la marquise de Boufflers, sa favorite, pour représenter la déesse.
La fontaine ne serait donc pas uniquement une évocation mythologique, mais également un hommage discret à une femme qui occupait une place importante dans l'entourage du duc.
Une anecdote qui donne envie de regarder de plus près le visage de cette sculpture, située du côté de l'Opéra.
Vous avez déjà remarqué que tous les bâtiments de la place Stanislas n'ont pas la même hauteur ? Certains pavillons ne possèdent qu'un seul étage, alors que d'autres sont beaucoup plus imposants.
Cette différence n'est absolument pas un choix purement esthétique.
Au XVIIIe siècle, la construction de la place devait composer avec les fortifications qui protégeaient encore la Ville Vieille. Ces bâtiments plus bas, appelés les « basses faces », ont donc été conçus pour ne pas gêner les tirs des canons depuis les remparts.
Autrement dit, derrière l'harmonie architecturale de la place se cachait une véritable préoccupation militaire.
Pour comprendre cette organisation, il suffit de poursuivre la promenade vers la place de la Carrière et le quartier de la Ville Vieille.
Avec sa grande façade monumentale, l'Hôtel de Ville donne l'impression d'avoir été construit d'un seul bloc. Pourtant, son histoire est beaucoup plus complexe.
Pour réaliser le projet imaginé par Emmanuel Héré, il a fallu acquérir et transformer plusieurs hôtels particuliers présents sur le site. Certains ont été partiellement détruits, tandis que d'autres éléments ont été conservés derrière la nouvelle façade.
La façade de l'Hôtel de Ville mesure environ 90 mètres de long, mais elle dissimule une histoire architecturale faite de bâtiments préexistants et de transformations successives.
Certains vestiges de ces anciennes constructions subsistent même à l'intérieur du bâtiment.
La prochaine fois que vous admirerez cette immense façade parfaitement ordonnée, souvenez-vous qu'elle ne raconte pas toute l'histoire des murs qui se trouvent derrière.
On imagine difficilement aujourd'hui que la place Stanislas occupe un espace autrefois marqué par les fortifications de Nancy.
Et pourtant, une partie de ce passé militaire n'a pas totalement disparu !
Des vestiges du bastion d'Haussonville sont encore conservés dans les sous-sols du Musée des Beaux-Arts. Ils témoignent des anciennes défenses qui séparaient la Ville Vieille de la Ville Neuve avant les grands travaux de Stanislas.
C'est l'une des découvertes les plus surprenantes à faire à proximité immédiate de la place : derrière les façades classiques du XVIIIe siècle se cachent les traces d'une ville fortifiée.
Pour en apprendre davantage, retrouvez notre fiche consacrée au Musée des Beaux-Arts de Nancy.
C'est sans doute le secret le plus inattendu de la place Stanislas.
Lors de sa grande rénovation en 2005, une capsule temporelle a été enterrée sous les pavés, au pied de la statue de Stanislas.
À l'intérieur ? Plusieurs témoignages de la vie nancéienne, dont des portraits d'habitants, un livre d'or signé par des Nancéiens et des ouvriers du chantier… mais aussi une véritable météorite lunaire !
Une petite étoile gravée dans un pavé permet de repérer l'emplacement de cette capsule.
Oui, il existe donc un petit morceau de Lune enfoui sous l'une des plus célèbres places de France. Voilà probablement le détail qui impressionnera le plus ceux à qui vous le raconterez !
La prochaine fois que vous traverserez la place Stanislas, accordez-vous quelques minutes supplémentaires. Cherchez les coqs dans les grilles, repérez les méridiennes, observez le doigt de Stanislas et tentez de retrouver la petite étoile gravée dans les pavés.
Car c'est peut-être là toute la magie de cette place : même après l'avoir admirée des dizaines, voire des centaines de fois, elle trouve encore le moyen de nous surprendre.
Et pour continuer votre balade dans le Nancy historique, ne manquez pas la place d'Alliance, autre joyau du XVIIIe siècle, inscrite avec les places Stanislas et de la Carrière au patrimoine mondial de l'UNESCO.
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