Présentation de l'ouvrage « Maternités autorisées, maternités proscrites »

Le 28/05/2026

Fondation Maison des Sciences de l'Homme | Paris

Gratuit

La Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) a le plaisir de vous inviter à une rencontre autour de l’ouvrage Maternités autorisées, maternités proscrites, en présence de l’autrice Marjorie Coulas.

Présentation de l'ouvrage « Maternités autorisées, maternités proscrites » © © FMSH Présentation de l'ouvrage « Maternités autorisées, maternités proscrites »

La Fondation Maison des Sciences de l’Homme organise une soirée de présentation de l’ouvrage Maternités autorisées, maternités proscrites, à paraître en mai 2026 dans la collection « 54 » des Éditions de la MSH. Cette séance des « Livres en dialogue » accueillera l’autrice de l’ouvrage, Marjorie Coulas, en dialogue avec Maïa Mazaurette, autrice et chroniqueuse spécialiste des questions de genre, de sexualité et des relations femmes-hommes. À l’issue de cette rencontre, vous aurez la possibilité de poser toutes vos questions à nos invitées.

À propos de l’ouvrage

Cette recherche analyse les enjeux juridiques, religieux et sociaux liés aux pratiques anticonceptionnelles et à la maternité hors mariage en France, du bas Moyen Âge au XIXe siècle. L’autrice part du rôle central de l’Église catholique dans la régulation de la sexualité féminine et de la procréation, rôle qu’elle met en perspective avec des scandales contemporains qui ont ravivé l’intérêt pour ces questions. L’objectif est de comprendre comment le droit canonique et le droit séculier ont encadré, sanctionné ou toléré les stratégies féminines de refus de maternité.

La première partie retrace l’influence du droit canonique entre le XIIe et le XVIe siècle. Elle montre comment le mariage et la maternité constituent les piliers de la définition ecclésiale de la femme, tandis que toute pratique anticonceptionnelle relève du secret, de la magie ou de la sorcellerie. L’autrice rappelle également le poids des théories médicales antiques et les débats théologiques sur l’animation de l’embryon, qui façonnent la perception morale et juridique de l’avortement. La seconde section révèle la manière dont les théologiens ont progressivement imposé un contrôle strict sur la sexualité féminine, malgré l’absence de définition univoque du péché et du délit en matière de contraception ou d’avortement.

La deuxième partie examine l’emprise croissante du pouvoir séculier entre le XVIe et le XIXe siècle. Sous l’impulsion royale, la procréation devient une affaire d’État, illustrée par l’édit d’Henri II sur la déclaration obligatoire de grossesse. Malgré des pratiques variables selon les régions, les femmes restent au cœur des soupçons, tandis que les débats religieux sur le statut du fœtus se prolongent. À l’époque moderne, l’interdiction morale demeure forte, mais la contraception conjugale devient progressivement tolérée, contrairement à l’avortement, de plus en plus réprimé. La Révolution et l’Empire réaffirment le rôle central du mariage, renforcent le contrôle de l’État sur la maternité et criminalisent l’avortement, tout en maintenant une vision profondément nataliste. Au XIXe siècle, les préoccupations démographiques et le poids du catholicisme resserrent encore les contraintes pesant sur les mères célibataires, les sages-femmes et les pratiques de limitation des naissances.

L’idée maîtresse de l’ouvrage réside dans la mise au jour du rôle déterminant de l’Église, puis de l’État, dans la construction d’un contrôle continu de la maternité. Parmi ses points forts :

  • la richesse des sources ;
  • la variété des textes mobilisés ;
  • une analyse fine des continuités et ruptures entre normativité religieuse et législation séculière.

Crédits : © Éditions de la MSH

À propos de l’autrice

Après une licence de droit obtenue à l’Université d’Angers en 2011, Marjorie Coulas a effectué une année de Master à l’Université de Toruń (Pologne), dans le cadre du programme Erasmus. L’actualité polonaise en 2011-2012 traitait de la probable suppression du droit à l’avortement, déjà l’un des plus restrictifs d’Europe. Ce thème résonnant avec ses convictions féministes, elle a consacré son mémoire de recherche de Master 1 à la comparaison entre le droit polonais de l’avortement et le droit français.

De retour en France, elle a intégré l’Université Paris Nanterre pour réaliser son Master 2 en anthropologie juridique. Son mémoire de recherche portait sur l’histoire du droit à l’avortement en France, des Pères de l’Église à aujourd’hui, sous le prisme du droit canonique et du droit séculier, thème repris et approfondi pour sa thèse, effectuée également à l’Université Paris Nanterre, au sein du Centre d’Histoire et d’Anthropologie du Droit (CHAD), qu’elle a quitté en 2023.

Toujours passionnée d’histoire, elle a quitté le monde universitaire et est actuellement généalogiste successorale et familiale.

Maïa Mazaurette est une autrice et chroniqueuse spécialiste des questions de genre, de sexualité et des relations femmes-hommes. Elle contribue régulièrement au Monde avec sa chronique « Le sexe selon Maïa » et intervient chaque semaine dans l’émission « Quotidien » sur TMC. Passée par France Inter, elle a écrit de nombreux livres, dont La vulve, la verge et le vibro (2021) et Sortir du trou. Lever la tête (2020).

Public : adulte.

Accessible aux personnes à mobilité réduite.

Cet événement a été renseigné par un organisme institutionnel. Date de dernière mise à jour le 27/03/2026.

Renseignements

Fondation Maison des Sciences de l'Homme - Paris 75006 Paris

Dates et horaires :

  • Jeudi 28 Mai 2026 de 18h30 à 20h

Tarifs :

Gratuit

Inscription, billetterie ou réservation :

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