Ces mosaïques Art déco signées Odorico font de Rennes l'une des villes les plus surprenantes de Bretagne et voici les 5 adresses incontournables à découvrir absolument

Piscine Saint-Georges, 2 rue Gambetta | Rennes

Rennes abrite l'un des patrimoines Art déco les plus singuliers de France grâce aux mosaïques de la famille Odorico. Présents dans la capitale bretonne depuis 1882, ces artisans mosaïstes d'origine italienne ont laissé leur empreinte sur près de 50 sites dans la ville : façades d'immeubles, piscines, halles et intérieurs bourgeois. Un héritage décoratif unique en Europe, redécouvert aujourd'hui à la faveur d'un regain d'intérêt pour la mosaïque.

Ces mosaïques Art déco signées Odorico font de Rennes l'une des villes les plus surprenantes de Bretagne et voici les 5 adresses incontournables à découvrir absolument DR Ces mosaïques Art déco signées Odorico font de Rennes l'une des villes les plus surprenantes de Bretagne et voici les 5 adresses incontournables à découvrir absolument

Rennes, ville d'art : quand les mosaïques Odorico s'inscrivent dans la pierre et le verre

Tout commence à Paris en 1875, lors de l'inauguration du Palais Garnier. Pour habiller les sols et l'avant-foyer de l'Opéra, Charles Garnier fait appel à des mosaïstes frioulans maîtrisant la technique de la pose à revers : les décors sont intégralement réalisés en atelier avant d'être posés sur place, réduisant considérablement les délais et les coûts. C'est dans ce contexte qu'Isidore et Vincent Odorico débarquent dans la capitale française.

Forts de cette expérience parisienne, les deux frères s'installent définitivement en France. Après un passage à Tours, ils posent leurs valises à Rennes en 1882. Leur expertise couvre alors la mosaïque vénitienne et romaine, le dallage en marbre et les émaux d'or. Leur coup de maître : introduire le terrazzo granito en Bretagne, cette pâte de ciment mêlée de pierre concassée, à la fois lisse, étanche et économique. Le carnet de commandes se remplit rapidement et la famille s'enracine durablement dans la ville.

En Ille-et-Vilaine, leur influence s'étend bien au-delà des frontières rennaises : 122 villes du Grand Ouest portent la signature Odorico, pour plus de 3 000 adresses documentées. Selon l'expert Daniel Enocq, quelque 90 % du patrimoine privé reste encore à révéler. Ces œuvres en céramique, en verre ou en marbre, caractérisées par leurs dégradés bleu et or, leurs petites tulipes turquoise et leurs frises marines, continuent d'inspirer créateurs et architectes d'intérieur.

Isidore fils et la signature artistique qui a transformé Rennes

C'est avec Isidore Odorico fils, né à Rennes et formé aux Beaux-Arts, que le savoir-faire familial bascule dans l'art. Il reprend les rênes de l'entreprise en 1918, dans un contexte favorable : la ville se reconstruit à vive allure. Églises, mairies, écoles, crèches, piscines, gendarmeries... les architectes rennais intègrent la mosaïque dans chaque nouvelle construction. Isidore développe une activité industrielle avec des succursales à Angers, Nantes et Dinard, et jusqu'à une centaine d'ouvriers au plus fort de l'activité.

Son style oscille entre Art nouveau et Art déco avec une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Ses tesselles, ces petits fragments de pierre ou de pâte de verre dont les couleurs sont obtenues grâce à des minerais spécifiques (cobalt pour le bleu, cuivre pour le rouge et le vert, platine pour le gris, manganèse pour le violet), créent une vibration visuelle proche du pointillisme. Ses motifs géométriques et ses frises marines habillent aussi bien les façades d'immeubles bourgeois que les sols des commerces ou les paillassons d'entrée.

Parmi les sites incontournables à découvrir à Rennes, plusieurs adresses méritent une attention particulière :

  • Piscine Saint-Georges (2 rue Gambetta) : inaugurée en 1926, classée monument historique, élue parmi les 8 plus belles piscines du monde par Architectural Digest. Sa frise de vaguelettes et de volutes bleues et dorées court autour du bassin sur toute sa longueur.
  • Immeuble Poirier (7 avenue Janvier) : façade Art déco de 1928, à deux pas de la gare, dont les tesselles dorées reflètent la lumière sous tous les angles. Restauré en 2016-2017 par la famille Patrizio, originaire du même village italien que les Odorico.
  • Maison Odorico / Crêperie Bretone (7 rue Joseph Sauveur) : demeure moderniste construite en 1940 pour Isidore fils, couverte de mosaïques jusqu'à la salle de bains. Aujourd'hui ouverte au public sous forme de crêperie-salon de thé.
  • Crazy Republic / ancien magasin Valton (9 rue d'Antrain) : façade de 1896 ornée de mosaïques d'Isidore père, surmontée d'un Mercure en tesselles, dans une structure de verre et d'acier au style proche de l'esprit Eiffel.
  • Rue Dupont des Loges : berceau de l'activité Odorico, avec le bar Le Hibou (n°10) installé dans l'ancien show-room familial, Alaska Brocante & Snack (n°14) et une façade aux reflets dorés au n°31.
  • Criée Marché Central (boulevard de la Liberté) : le fronton des halles couvertes porte la signature Odorico, tout comme le sol du restaurant Le Globe (n°30) et un paillasson remarquable chez un caviste voisin (n°24).
  • Église Sainte-Thérèse (18 bis rue Sully Prudhomme) : classée aux monuments historiques en 2015, cet édifice conçu par l'architecte Hyacinthe Perrin associe les mosaïques Odorico aux vitraux du maître-verrier Rault et à des autels en pierre blanche d'exception.

Article rédigé par Marie.
Date de publication : le 12/05/2026.

Renseignements

Piscine Saint-Georges, 2 rue Gambetta 35000 Rennes

Dans la même rubrique

Les actualités à Rennes


Newsletter JDS Rennes

Prêt pour un week-end de folie ? Chaque jeudi tous les bons plans sorties