Molières 2026 : la liste des nommés

Le théâtre français s'apprête à vivre sa plus grande nuit avec la cérémonie des Molières 2026. Entre créations visuelles époustouflantes et textes d'une force rare, les nommés de cette année reflètent une saison riche en émotions. Avant le verdict du 4 mai prochain, plongez dans le détail de cette sélection qui fait déjà vibrer la capitale.

Molières 2026 : la liste des nommés © Photo d'illustration IA / Gemini Molières 2026 : la liste des nommés

Molière du Théâtre Public

Le secteur public nous offre cette année des œuvres qui interrogent nos structures sociales et notre mémoire.

Molière du Théâtre Privé

Le privé confirme son ambition avec des mises en scène à grand spectacle et des récits historiques puissants.

Molière de la Comédie

  • Cochons d'Inde : Sébastien Thiéry continue d'explorer l'absurde administratif.
  • Fin, Fin et Fin : une pépite sur la sérénité... face à l'apocalypse.
  • La Jalousie : Sacha Guitry magnifié par l'élégance de Michel Fau.
  • Potiche : une relecture vibrante avec l'incandescente Clémentine Célarié.

Molière de la Création Visuelle et Sonore

Molière du Spectacle musical

  • La Cage aux folles : une version politique et festive signée Olivier Py
  • Chicago le musical : l'inoxydable succès de Broadway à Paris.
  • La petite boutique des horreurs : un bijou de scénographie visuelle (Valérie Lesort et Christian Hecq).

Molière de l'humour

La catégorie Molière de l'Humour réunit des univers singuliers :

Molière du Spectacle Jeune Public

La sélection de cette année nous transporte de la Russie impériale aux rizières de Chine, en passant par les bas-fonds de Londres et les classes vertes de nos campagnes. Ces quatre créations prouvent que le théâtre pour la jeunesse est un terrain d'innovation scénographique majeur.

  • Casse-Noisette ou le Royaume de la nuit (Comédie Française). Johanna Boyé et Elisabeth Ventura signent une adaptation féerique du conte d'Hoffmann. Loin du seul ballet classique, ce spectacle redonne au pantin de bois sa dimension mystérieuse et merveilleuse.
  • Je suis trop vert : Le talentueux David Lescot nous offre une chronique de la vie scolaire moderne. Entre le départ en classe verte (un véritable séisme pour des élèves de 6e !) et la petite sœur qui convertit toute la famille à l'éco-responsabilité, c'est un spectacle aussi drôle que juste.
  • Mulan : Guillaume Bouchède et Frédéric Chevaux revisitent cette légende de courage et d'identité. Une grande épopée où l'héroïne choisit son destin au-delà des conventions sociales, portée par une mise en scène dynamique et visuelle.
  • Oliver Twist : Ned Grujic transforme le chef-d'œuvre de Dickens en une comédie musicale épique. Six jeunes comédiens-chanteurs-danseurs nous entraînent dans les bas-fonds londoniens avec une énergie communicative, mêlant claquettes et émotion.

Molière du Comédien & de la Comédienne

Dans le secteur public, le duel entre Christophe Montenez (Hamlet), Laurent Lafitte (La Cage aux folles), Louis Arene (Makbeth) et Éric Elmosnino (Le Misanthrope) s'annonce légendaire.

Dans le secteur privé, les regards se tournent vers les performances habitées d'Amadeus et du Procès d'une vie, qui portent leurs interprètes vers les sommets de l'émotion.

Molière du Seul.e en scène

En Seul.e en scène, le théâtre de récit atteint sa plénitude avec La disparition de Joseph Mengele (traque historique), Le portrait de Rita (drame social), créLes frottements du cœur (résilience médicale) et On ne jouait pas à la pétanque... (mémoire de la Shoah).

  • La disparition de Joseph Mengele (Mikaël Chirinian) : Une traque historique haletante adaptée du prix Renaudot d’Olivier Guez. Chirinian incarne avec une intensité glaciale la cavale sud-américaine du tortionnaire d'Auschwitz, interrogeant l'impunité et la persistance du mal.
  • Le portrait de Rita (Laurène Marx) : Un texte coup de poing inspiré d'un fait divers réel. La pièce dissèque avec une lucidité brutale le basculement d'une vie lorsque l'institution scolaire et policière s'abat sur un enfant de 9 ans, offrant un cri de dignité nécessaire.
  • Les frottements du cœur (Katia Ghanty) : Le récit bouleversant d'une jeune femme dont le cœur s'arrête à 29 ans. Entre humour salvateur et réalisme médical, cette plongée dans l'univers de la réanimation est une ode à la vie et à la résilience, portée par une mise en scène pleine de souffle.
  • On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie (Éric Feldman) : Un objet théâtral hybride, entre stand-up yiddish et conférence intime. Feldman explore les traumatismes hérités de la Shoah avec une autodérision et une tendresse qui transforment le poids du passé en une célébration vibrante du présent.

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre Public

Le Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre Public est cette année le théâtre d'un affrontement de haute volée. Entre réinterprétations fiévreuses des classiques et performances musicales d'une profondeur inédite, les quatre nommés de 2026 incarnent la quintessence du jeu à la française : une exigence technique totale mise au service d'une vulnérabilité désarmante. Voici les visages qui ont marqué la scène publique cette saison :

  • Christophe Montenez dans "Hamlet" : Le pensionnaire de la Comédie-Française livre une interprétation incandescente et moderne du prince de Danemark. Entre fragilité extrême et fureur destructrice, il habite le plateau avec une présence magnétique qui confirme son statut de grand tragédien de sa génération.
  • Laurent Lafitte dans "La Cage aux folles" : Un contre-emploi magistral pour l'acteur qui, sous la direction d'Olivier Py, redonne à Albin (Zaza) toute sa dimension politique et humaine. Derrière le fard et les plumes, il fait vibrer une corde sensible sur l'homoparentalité et le droit d'être soi, loin des caricatures habituelles.
  • Louis Arene dans "Makbeth" : Fondateur de la compagnie Munstrum Théâtre, Louis Arene propose un Makbeth monstrueux et fascinant. Son jeu, souvent masqué ou transformé, explore l'ensauvagement de l'homme de pouvoir avec une radicalité physique qui a laissé les spectateurs pantois cette saison.
  • Éric Elmosnino dans "Le Misanthrope" : Il prête sa nonchalance mélancolique et son ironie mordante à Alceste. Elmosnino réussit le tour de force de rendre le personnage de Molière à la fois insupportable de droiture et profondément touchant dans sa solitude, évitant tous les pièges du classicisme poussiéreux.

Meilleure Comédienne dans un spectacle de Théâtre Public

Pour le Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre Public, l'académie a choisi de mettre en lumière quatre interprètes d'exception qui ont su donner un souffle contemporain à de grandes figures du répertoire et de la littérature. Entre l'austérité de la tragédie grecque, les tourments du couple moderne et la réinvention du mythe de Flaubert, ces comédiennes ont dominé les planches par leur présence organique et leur capacité à incarner des femmes en quête de vérité.

  • Ludivine Sagnier dans "Bovary Madame" : Dans cette relecture audacieuse de l'œuvre de Flaubert, Ludivine Sagnier offre une Emma d'une modernité saisissante. Elle parvient à extraire le personnage de son carcan provincial pour en faire une figure universelle de l'ennui et du désir, portée par un jeu d'une grande finesse psychologique.
  • Romane Bohringer dans "Scènes de la vie conjugale" : Reprenant le texte ciselé d'Ingmar Bergman, Romane Bohringer livre une performance d'une vulnérabilité désarmante. Elle explore avec une honnêteté brutale les mécaniques de l'amour et de la rupture, imposant sur scène une intensité émotionnelle qui ne laisse aucun spectateur indemne.
  • Marina Hands dans "Une mouette" : La pensionnaire de la Comédie-Française irradie dans cette adaptation de Tchekhov. Son interprétation, toute en nuances et en éclats, rend compte avec brio de la complexité des sentiments et de la mélancolie propre à l'âme slave, confirmant une fois de plus son immense registre dramatique.
  • Elsa Lepoivre dans "Hécube, pas Hécube" : Dans cette création qui entremêle la tragédie d'Euripide et un drame contemporain, Elsa Lepoivre est impériale. Elle porte sur ses épaules le poids du monde et de la douleur maternelle avec une dignité antique, tout en ancrant son jeu dans une réalité criante de vérité.

Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre Privé

La compétition pour le Molière du Comédien dans un spectacle de Théâtre Privé nous offre cette année une configuration fascinante, marquée par la complicité et le duel. Entre la reprise d'un classique contemporain où deux partenaires se retrouvent nommés face à face et des performances habitées dans des fresques historiques ou de répertoire, cette catégorie célèbre des acteurs populaires au sommet de leur maturité. Voici les quatre interprètes en lice :

  • François Morel dans "ART" : Dans le rôle de Marc, François Morel apporte une humanité et une ironie savoureuse au texte de Yasmina Reza. Sa mise en scène et son jeu complice avec ses partenaires de toujours transforment cette querelle autour d'un tableau blanc en une réflexion universelle sur l'amitié qui dure (ou pas).
  • Jean-Paul Rouve dans "Le Bourgeois Gentilhomme" : Pour son retour sur les planches, Jean-Paul Rouve s'empare de Monsieur Jourdain avec une drôlerie teintée de mélancolie. Il évite la caricature facile pour camper un bourgeois touchant de naïveté, dont le désir de noblesse devient une quête désespérée de reconnaissance.
  • Jérôme Kircher dans "Amadeus" : Dans le rôle exigeant d'Antonio Salieri au Théâtre Marigny, Jérôme Kircher est magistral. Il incarne avec une précision chirurgicale la souffrance d'un homme qui reconnaît le génie chez son rival tout en étant dévoré par une jalousie destructrice. Une performance physique et psychologique d'une rare intensité.
  • Olivier Saladin dans "ART" : Face à François Morel, Olivier Saladin est nommé pour son interprétation d'Yvan, le médiateur dépassé de la bande. Son génie comique et sa capacité à exprimer la détresse derrière le rire apportent un équilibre essentiel à la pièce, confirmant la force de ce trio mythique.

Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre Privé

Le Molière de la Comédienne dans un spectacle de Théâtre Privé met à l'honneur cette année des tempéraments dramatiques puissants, capables de porter des récits qui oscillent entre l'intime et l'Histoire. Que ce soit à travers des figures de la comédie populaire, des drames familiaux ou des combats judiciaires, ces quatre actrices ont marqué la saison par leur capacité à incarner des femmes fortes, fragiles et profondément déterminées.

  • Josiane Balasko dans "Ça, c'est l'amour" : Fidèle à son immense talent pour marier l'humour et la tendresse, Josiane Balasko irradie dans cette nouvelle création. Elle y déploie toute sa palette de jeu, passant de la réplique cinglante à l'émotion pure, confirmant qu'elle reste l'une des figures de proue indispensables du théâtre privé parisien.
  • Magali Genoud dans "Le dernier cèdre du Liban" : Dans cette fresque bouleversante, Magali Genoud livre une interprétation habitée, d'une intensité rare. Elle incarne la mémoire et la résilience avec une justesse de chaque instant, parvenant à faire résonner les blessures de l'exil et les secrets de famille avec une émotion contenue et magnifique.
  • Charlotte Matzneff dans "La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob" : Pour cette pièce qui revient sur le détournement d'avion de 1973, Charlotte Matzneff réalise une performance saisissante. Elle incarne cette femme aux motivations complexes avec une détermination qui frise le vertige, rendant compte de la tension dramatique et historique de cet événement méconnu.
  • Clotilde Daniault dans "Le procès d'une vie" : Au Théâtre Le Splendid, Clotilde Daniault porte avec brio ce récit du procès de Bobigny. Elle incarne le courage de ces femmes qui ont défié la loi pour faire avancer l'Histoire. Son jeu, à la fois ancré et vibrant d'humanité, est l'un des piliers de cette pièce indispensable de la saison 2026.

Molière de la Mise en scène

Qu'il s'agisse du secteur public ou privé, la mise en scène est cette année marquée par une recherche esthétique radicale, entre épure tragique, technologie scénique et direction d'acteurs au cordeau.

Théâtre Public

  • Joël Pommerat ("Les petites filles Modernes") : Le maître de l'ombre et de la lumière revient avec une création où le fantastique naît du réel. Une mise en scène sensorielle, marque de fabrique d'un créateur hors norme.
  • Julie Deliquet ("La guerre n'a pas un visage de femme") : Elle réussit le tour de force de transformer des témoignages historiques en une fresque chorale organique et bouleversante, où le collectif prime sur l'individu.
  • Lorraine de Sagazan ("Léviathan") : Une proposition audacieuse qui interroge nos systèmes de justice, portée par une mise en scène frontale qui place le spectateur au cœur du débat.
  • Louis Arene ("Makbeth") : Avec le Munstrum Théâtre, il signe une version cauchemardesque et masquée de Shakespeare, d'une puissance visuelle rare qui a bousculé les codes du théâtre subventionné.

Théâtre Privé

  • Charlotte Matzneff ("Le chant des lions") : Une mise en scène pleine de souffle qui parvient à lier l'intime à la grande épopée, confirmant le talent de cette metteuse en scène pour les récits choraux.
  • François Morel ("ART") : Il signe une direction d'acteurs tout en nuances, privilégiant l'amitié et la complicité pour dépoussiérer ce classique contemporain.
  • Olivier Solivérès ("Amadeus") : Un travail colossal au Théâtre Marigny, mêlant musique live, opéra et théâtre dans une scénographie spectaculaire qui ne sacrifie jamais l'émotion.
  • Samuel Valensi et Paul-Éloi Forget ("Made in France") : Une mise en scène rythmée et inventive pour cette satire sociale, prouvant que le théâtre privé peut être le lieu d'une critique politique aiguisée et drôle.

Révélations et Seconds rôles

Le Molière est souvent un accélérateur de carrière. Cette année, la jeunesse et la précision du jeu de soutien sont à l'honneur avec des nominations qui saluent tant la fougue que l'expérience.

Révélation Féminine & Masculine

  • Côté féminin, on note le doublé historique pour les jeunes interprètes de Joël Pommerat, Coraline Kerléo et Marie Malaquias, face à la lumineuse Marina Pangos et la révélation Maëlis Adalle.
  • Côté masculin, la sélection est éclectique : de la comédie musicale avec Antoine Le Provost, à l'absurde de Lancelot Cherer, en passant par le brio de Maxime Pambet et la promesse Nemo Schiffman dans KATTE.

Comédien.ne dans un second rôle

Les "seconds rôles" sont les piliers d'un spectacle. On y retrouve des maîtres comme Laurent Stocker (Les femmes savantes) ou François Marthouret (Le Misanthrope), face à la précision de Julien Cigana et Azeddine Benamara. Chez les comédiennes, l'intensité de Jeanne Arènes dans le rôle de Gisèle Halimi (Le procès d'une vie) fait face à la puissance de Séphora Pondi ou à l'excentricité de Marlène Saldana.

Molière de l'auteur.trice francophone vivant.e : le triomphe du texte

C'est la catégorie qui prouve que le théâtre est une matière vivante. La sélection 2026 est particulièrement prestigieuse, mêlant des auteurs de théâtre purs à des figures de la littérature française.

  • Barbara Lamballais et Karina Testa ("Le procès d'une vie") : Pour l'écriture nécessaire et documentée d'un combat historique.
  • Virginie Despentes ("Romancero Queer") : L'irruption d'une plume radicale et contemporaine sur les planches.
  • Joël Pommerat ("Les petites filles modernes") : L'auteur-metteur en scène continue de creuser son sillon d'une langue du quotidien qui bascule dans l'irréel.
  • Tiago Rodrigues ("Hécube, pas Hécube") : Le directeur du Festival d'Avignon signe un texte magnifique qui fait dialoguer le mythe antique avec nos douleurs modernes.

Article rédigé par Céline.
Date de publication : le 10/04/2026.

  • Molières 2026 : la liste des nommés © Photo d'illustration IA / Gemini

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