Du 20/01/2013 au 12/05/2013
Fondation Fernet-Branca | Saint-Louis
6/7€
La collection d’Anne Gruner Schlumberger, riche héritière, fille de Conrad, ingénieur des mines et chercheur en géophysique, nièce de Jean, fondateur de la Nouvelle Revue Française, est singulière. Elle n’a pas été pensée comme une collection qui recouvrirait un courant, une école ou un style, répondant à une stratégie bien précise. Elle a été construite au gré du hasard et des rencontres, la mécène étant l’amie de nombre d’artistes : « C’était Marx Enst, c’était Brauner, c’était Giacometti, rencontré à New-York, qui exprimait sa solitude plus grande que les gratte-ciels. Chacun avait une bonne raison pour vendre ou donnait sa peinture », racontait la collectionneuse, décédée en 1993.
Cette exposition recouvre donc des œuvres très disparates, depuis les arts premiers avec des masques Baoulé de Côte d’Ivoire, des masque Lwala du Zaïre, des couteaux de jet de l’Afrique Noire, jusqu’aux sculptures cinétiques de Takis, aux assiettes en céramique de Picasso, ou aux constructions futuristes de Matta. Mais on notera tout de même qu’Anne Gruner Schlumberger avait une préférence pour les œuvres non-figuratives, une esthétique plutôt surréaliste. Et surtout, qu’elle avait du nez, car on ne réunit pas comme ça la crème de l’art moderne : Arp, Braque, Dubuffet, Fautrier, Giacometti, Laurens, Léger, Matta, Picasso, Soulages…
A la Fondation Fernet-Branca, ce sont 117 œuvres qui seront présentés, dont une vingtaine de Victor Brauner et de Marx Ernst. Le premier, Roumain, qui a côtoyé les surréalistes à son arrivé à Paris en 1925, est porté sur le spiritisme et l’ésotérisme, affectionnant les personnages zoomorphes, le monde des esprits. Le second, Allemand, surréaliste également, accordait une grande importance au rêve et à l’inconscient, peignant des animaux anthropomorphes, des paysages lunaires et mystérieux. Des artistes moins connus du grand public seront aussi présentés comme François-Xavier Lalanne, sculpteur de l’Homme à la tête de chou, repris sur une pochette d’album par Gainsbourg, ou encore Roger Vieillard, banquier le jour, graveur le soir, avec des œuvres au burin d’une grande précision et poésie.
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