À Mulhouse, des habitants cultivent des potagers urbains entre immeubles et dans des parcs de quartier. Quartier Fonderie et Promenade des 4 Saisons à Wolf-Wagner, deux initiatives distinctes témoignent d'une même envie de faire pousser tomates, courgettes et aromates en ville. Ces micro-espaces cultivés transforment progressivement la manière d'habiter le territoire urbain mulhousien.
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Le potager urbain réservé aux résidents
d'un immeuble de la Fonderie
Dans le quartier Wolf-Wagner, la Promenade des 4 Saisons compte aujourd'hui une quinzaine de jardiniers amateurs. Les parcelles ont été investies progressivement par des habitants du secteur, qui y cultivent quelques légumes avec les moyens du bord. Palettes, branchages, petites clôtures, récupération en tout genre : chaque parcelle porte la marque de celui qui la cultive. David Dusard, technicien territorial au Sivom Mulhouse Sud Alsace, suit sur place le compostage partagé.
La Ville avait prévu, au départ, un jardin partagé et une placette de compostage dans ce parc public. Mais l'appropriation s'est faite plus tard, au rythme des riverains. « Un, puis deux, puis trois » habitants ont commencé à planter, avant d'être rejoints par d'autres. « C'est un jardin de briques et de brocs », décrit David Dusard.
Le Moulin Nature accompagne désormais les jardiniers, avec les services espaces verts de la Ville et le Sivom. Des ateliers permettent d'aborder des pratiques plus douces :
De quoi donner quelques repères sans dénaturer l'esprit très spontané du lieu.
La placette de compostage a elle aussi retrouvé un usage. Une dizaine de foyers y déposent régulièrement leurs biodéchets. Il a fallu rappeler quelques règles simples, notamment d'éviter le pain, qui attire les rongeurs. Le principe reste clair : les épluchures et déchets végétaux reviennent au sol, au lieu de partir dans la poubelle grise.
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Les bacs de compostage de la
Promenade des 4 saisons
Changement d'ambiance quartier Fonderie, dans une résidence récente construite sur d'anciennes friches de la SACM. Les potagers ont été intégrés dès le départ au projet immobilier : six bacs de culture, trois bacs de compostage et une cuve de récupération d'eau pour l'arrosage. Patrice Vuillard, habitant de l'immeuble depuis un peu plus d'un an, a été le premier à s'y mettre. « En immeuble, avoir un potager, c'est assez improbable », souligne-t-il.
L'organisation est souple : chacun s'approprie un coin, « dans la limite du raisonnable ». Patrice Vuillard a commencé avec un demi-bac. L'an dernier, il y a planté des tomates, des courgettes, des fraises et des piments de Cayenne. La récolte de courgettes a même profité aux voisins. « J'en ai donné un peu partout », raconte-t-il. Dans cet ensemble de plus de 80 logements, seuls quelques habitants utilisent réellement les bacs. Beaucoup travaillent en Suisse, partent tôt, rentrent tard, et n'ont pas forcément le temps de surveiller des plants en rentrant du travail.
Ces jardins urbains ne prétendent pas nourrir la ville. Ils donnent une fonction à un bout de parc ou à un pied d'immeuble, et créent des occasions de se croiser. Rien ne dit que tout poussera comme prévu, c'est aussi la loi du potager. Mais dans ces coins de Mulhouse, il y aura au moins des habitants pour essayer, recommencer, arroser un peu trop ou pas assez, et se réjouir quand les premières tomates pointeront enfin.
Article rédigé par Mathilde.
Date de publication : le 20/05/2026.
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